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I’d Rather Be With You

5 juillet 2010 5 commentaires

Pas de grand discours, 16 titres inspirés par le classique du grand Bootsy Collins ! D’Oakland à Tilles, de Chicago à Los Angeles, tous ont été reprendre la mélodie imparable du bassiste de Parliament. Enjoy!

http://www.fileswap.com/dl/CAZFm5vRS/

1. Bootsy Collins – I’d Rather Be With You (4:57)
2. 2Pac – Ratha Be Ya Nigga (feat. Richie Rich) (4:13)
3. Ice-T – How does it feel (4:30)
4. Do Or Die – Pimpology (4:13)
5. Questionmark Asylum – Get With You/I’d Rather Be With You (5:07)
6. Eazy-E – I’d Rather Fuck You (3:56)
7. Keak da Sneak – I’d Rather Smoke With You (4:13)
8. Too $hort – Gettin’ It (5:40)
9. Knightowl – I Wanna Fuck Me Some Hoes (5:15)
10. La Cellule – Trop Besoin De Flouze (4:48)
11. Mr. Creeps – Ohh Wee We Can All Be Friends (feat. Mr. Capone-E) (4:33)
12. Wreckless Klan – Swing A Episode (4:19)
13. Adina Howard – Freak Like Me (4:27)
14. Techniec & Tate The Great – Killa Cali (3:14)
15. Mr. Frost – I’d Rather Be With You (Instru) (4:33)
16. TaiPan – T’inquiètes, C’est Normal (2:13)
17. C-Natra – I’d Rather Bang Screw (feat. Big Hawk & Kyle Lee) (4:54)

Spécialement dédicacé à Bachir qui vient de sortir une très bonne mix-tape en hommage au groupe The Nonce. Support!

Swim Team « Ready To Dive »

Je vous avais rapidement parlé de la Swim Team, nouvelle garde d’un underground californien en pleine renaissance mais il faut bien reconnaitre que « Super Barrio Bros. » reste un OVNI dans la discographie de cette clique à l’univers musical polymorphe. Réuni à l’initiative de Joselph, le crew a fait des battles sa spécialité (real Project Blowed material), s’illustrant depuis plusieurs années dans les différentes compétitions organisées à travers le pays (notamment GrindTimeNow). L’improvisation comme art de vivre, la Swim Team n’en a pas pour autant moins de velléités artistiques personnelles, laissant à chacun le choix de choisir ses armes, en solo ou en groupe.

Aujourd’hui axée autour de 8 MCs (Joselph s’étant un peu éloigné du crew) et 2 producteurs, la Swim Team présente aujourd’hui cette formation : Dumbfoundead, Open-Mike Eagle, Psykozis (qui forment à eux 3 le groupe Thirsty Fish), Alpha MC, VerBS (Red Foxx), Rogue-Venom (la demoiselle de l’équipe), Sahtyre et Lyraflip pour le micro, Kuest 1 et DJ Zo (avec Maestro régulièrement en renfort) pour les prods.

Petit aperçu de la Swim Team :


Comme je suis un mec super sympa, je vous ai concocté une petite compile de ce qui, à mes oreilles, sont les meilleurs titres du crew, éparpillés sur les nombreux projets (la plupart gratuits et disponibles sur leurs Myspace respectifs). Je ne saurai d’ailleurs trop vous conseiller de mettre quelques euros dans les albums de Sahtyre « High Saht« , deThirsty Fish « Testing The Waters«  et de télécharger « Loving Life » d’Alpha MC ainsi que les EPs de VerBS !

Swim Team « Ready To Dive »

Swim Team « Ready To Dive » (2010) : http://www.fileswap.com/dl/IBXjlYxIRy/

1. Swim Team – Gold Medal (4:04)
2. Sahtyre – J.O.B. (3:28)
3. VerBS – Journey To Fame (2:24)
4. Thirsty Fish – Get Wet (3:46)
5. Dumbfoundead – Jam Session 2.0 (feat. Esna & Herbal T) (5:28)
6. Alpha MC – Loving Life (3:05)
7. Dumbfoundead – Rapper-O’s (3:17)
8. Swim Team – West Indies (2:34)
9. Alpha MC – Smilin Faces (3:07)
10. Sahtyre & DJ Zo – Hard Freestyle (2:19)
11. Dumbfoundead – Cockblockers (3:42)
12. Open Mike Eagle – Combustible Party Truck (feat. Rift Napalm, Rogue Venom & NoCanDo) (4:13)
13. Sahtyre – Move (feat. Swim Team) (5:45)
14. Sahtyre – Liquified Dopeness (2:39)
15. Thirsty Fish – Fall Apart (feat. Aceyalone) (4:20)
16. VerBS – Check 1,2 (3:42)
17. Sahtyre & DJ Zo – Chinatown Wars Freestyle (1:57)
18. Thirsty Fish – Fat Kid (3:01)
19. Sahtyre & DJ Zo – Prom Queen (3:27)
20. Alpha MC – Digitize Me (3:13)
21. Dumbfoundead & 8-Bit Bandit – Three Pipes Down (feat. Psychosiz) (2:05)
22. Intuition & VerBS – Touch The Moon (2:57)

Don’t mess with the Swim Team!!!

Dumbfoundead & 8-Bit Bandit – Super Barrio Bros. (2007)

16 février 2010 2 commentaires

Dumbfoundead & 8-Bit Bandit « Super Barrio Bros. » (2007)
CD-R

1. Intro (3:08)
2. Mash and Smash (2:34)
3. Bosses (feat. Alpha MC & Open-Mike Eagle) (4:01)
4. Bad Villain (3:27)
5. Three Pipes Down (feat. Psykosiz) (2:20)
6. Song of Time Instrumental (4:05)
7. Strategy Guide (feat. Sahtyre, Psydewaze & NoCanDo) (3:49)
8. System (feat. DJ Dstrukt) (1:43)
9. Snoochie Instrumental (1:52)
10. Game Over (3:20)
11. Outro Instrumental (3:44)
12. Next Level (feat. Lyraflip, N/A & EMS) (4:08)
13. Shit Talkers (feat. Thirsty Fish) (4:34)
14. Glitch Ghost (feat. Abstract Rude) (3:50)

De par le style des rappeurs qu’il a drainé depuis sa création, le Project Blowed a toujours plus ou moins eu une image de rap pour backpackers, pour petits blancs ou pour grown ups qui trouvaient dans les disques d’Abstract Rude, Freestyle Fellowship et consorts le fond qui leur manquait dans le gangsta rap. Et pour les artistes en herbe, l’îlot de paix de Leimert Park (réputé pour ses clubs de jazz) était l’endroit rêvé pour confronter leurs expérimentations à un public sans pitié. Tu es un nerd dans ton bahut et les jocks te mènent la vie dure ? Tu peux devenir un héros au Blowed si tu sais rapper et encore plus si tu sais clasher.
C’est d’ailleurs comme ça que Jonathan « Dumbfoundead » Park a commencé sa carrière. Déscolarisé après le 10th grade (l’équivalant de notre seconde), Dumb s’est lancé à corps perdu dans le rap, multipliant les battles, imposant sa nonchalance et son air goguenard straight outta Korean Town. Un branleur jovial a l’humour potache, entre frat boy alcoolo et geek obsédé qui trouve en la personne de 8-Bit Bandit (obscur producteur californien adepte des sons façon NES de notre enfance) un partenaire de jeu à la hauteur de sa désinvolture.

L’exercice de produire à partir de jeux vidéo a déjà été tenté par d’autres et une fois passée l’effet nostalgique « rooooh bordel, c’est un sample de Mario », on range le disque dans un coin et on ne le ressort que pour faire marrer les copains qui ne sont pas branchés rap. Difficile donc de dépasser l’aspect OVNI pour imposer de réelles qualités artistiques.

Au 8-Bit Bandit donc de devenir le Luigi d’un Dumbfoundead sautillant comme un plombier italien sous champi. Le tiers de Thirsty Fish est impeccable du premier tuyau à la dernière warp zone, distillant son humour, son arrogance enjouée et ses qualités techniques sur les 10 titres rappés de l’album. Agé de seulement 21 ans au moment de la sortie de ce « Super Barrio Bros.« , DFD a déjà intégré la technique de ses ainés du Project Blowed : on retrouve une folie cartoonesque qui n’est pas sans rappeler les débuts de Busdriver (époque « Memoirs Of The Elephant Man« ) comme sur le très bon « Mash And Smash » ou l’école CVE/Hip Hop Kclan sur le nerveux « Bosses« .
Là où le bas blesse, c’est au niveau des prods. Les morceaux instrumentaux sont rarement passionnants (si on fait exception de l’intro, oppressante et efficace), 8-Bit Bandit se contentant d’habiller légèrement des samples tirés de la machine grise et anguleuse de Nintendo. L’exercice, parfois très réussi (comme le hit de l’album « Three Pipes Down » avec Psykosiz, character designer dans le jeu-vidéo dans le civil) peut s’avérer assez pénible quand les nappes se superposent dans une cacophonie cheap (« Strategy Guide » pourtant très bien rappé) ou que la répétition se fait sentir (« Next Level » et « Glitch Ghost » ; « Bosses » et « Bad Villain« ).

Alors effectivement, le projet n’évite pas l’écueil le plus évident, son atout charme étant également son principal défaut : les prods de 8-Bit Bandit auront vite tendance à taper sur le système. En revanche, il serait vraiment dommage de passer à coté de la prestation de Dumbfoudead qui, la même année, faisait des étincelles au sein de Grindtime, la ligue de battle américaine.
Malgré son jeune âge, l’homme aux tentacules impressionne. Décontracté, décomplexé (comme en témoigne le cyber-stupid-punk « System« ), Dumbfoundead sort l’artillerie lourde, un power flower qui crache des boules de feu, techniquement irréprochable et déjà ultra-complet. Un premier effort solo prometteur et annonciateur d’une suite des plus enthousiasmantes. Where’s the LA underground? It’s 3 pipes down!

Télécharger « Super Barrio Bros. »


Liens utiles :

– Dumbfoundead sur le net : site officiel, MySpace, Twitter, FaceBook, YouTube
– 8-Bit Bandit : site officiel, MySpace, FaceBook

Play It Cool Vol.2

La première a eu l’air de bien plaire, j’espère que la suivante aura le même succès. J’ai mélangé gros classiques et morceaux moins connus, toujours plutôt cool…

roca-dolla.2505709.511. Roca Dolla « What Is A Classic » (2008) : intro de son album sorti l’an dernier, le monsieur n’est pas un total inconnu pour tous ceux qui se sont penchés sur la scène G-Funk en Arizona puisque Roca Dolla a en fait déjà sorti 2 albums sous le nom de Mr. Iroc, « Finally On Tha Map » en 1996 et « The Release » en 2000.
« Roca Is A Classic » est un double album sans prétention, très éclectique et solide, une bonne surprise sortie d’un peu nulle part porté par la voix suave d’Iroc, aussi à l’aise dans les clins d’œil nostalgiques que dans un style plus moderne (et on lui pardonnera quelques pompages éhontés). En tout cas, joli name dropping où on n’aura pas grand chose à critiquer…

Operation_Stackola2. Luniz « I Got 5 On It » (1995) : ah ben quand on parle de classique… Le morceau qui a révélé Yukmouth et Numskull au reste du monde (après de bonnes apparitions sur « Explicit Game » de Dru Down l’année précédente), je me souviens encore de leurs performances à la télé qui se terminaient systématiquement par un montrage de fion goguenard de la part des rappeurs d’Oakland.
Cette prod est vraiment magique, presque 15 ans que je l’écoute en boucle sans me lasser… J’aurais pu mettre un de des deux énormes remix façon posse cut mais je reste un grand fan de la version originale dont j’avais récupéré la fiche lyrics d’un magazine pour gonzesses à l’époque.

scarface_diary3. Scarface « Goin Down » (1994) : même si c’est complètement kitch de reprendre le tube teuton de Nena « 99 Luftballons« , j’adore ce morceau, son refrain et la légèreté qui s’en dégage et tant pis si c’est loin d’être le meilleur titre du leader des Geto Boys. Et puis de toute façon, si vous ne deviez n’écouter qu’un album de Scarface (ce qui serait honteux) il faut écouter « The Diary » dont est tiré ce titre. Un des meilleurs albums rap de tous les temps. Classique.

317SYA1QKQL._SL500_AA240_4. Devin The Dude « Lacville ’79 » (2002) : pas de playlist relax sans la personnification du cool, Devin Copeland. Si je dois faire d’autres compiles sur le même thème, il y aura systématiquement un titre du D de Odd Squad. De la weed et des femmes, comme quoi finalement le bonheur ne tient pas à grand chose mais comme il est aussi difficile de trouver de la weed qu’une femme avec qui on se sent bien, la décontraction de Devin en devient fascinante. Et cette déclaration d’amour à son épave roulante a un petit coté adolescent des plus rafraichissant. Très vraisemblablement mon morceau de Devin, tiré de son 2ème effort solo « Just Tryin’ Ta Live« .

post-20149-12363468855. U.G.K. « Look Into Our Eyes » (????) : le rap de Houston ne serait pas le même sans DJ Screw, son addiction au sizzurp et son goût pour les remix ralentis des hits locaux. S’il n’est plus là aujourd’hui, son héritage demeure (demandez à DJ Michael Watts de Swishahouse et beaucoup d’autres) et je trouve que ce morceau des vieux briscards de Port Arthur est particulièrement adapté à l’exercice. Mais impossible de me souvenir de l’original, si quelqu’un se souvient (Kicket ?)…

Myka9-1969-Cover-16. Myka 9 & Factor « My Kanyne (Old Smokey) » (2008) : 20 ans de carrière pour le Freestyle Fellow le plus cool de tout l’univers. Il chante, il scat, il rappe comme un dieu et il s’est créé un petit monde bien à lui dans sa tête (qui l’empêche d’avoir la carrière qu’il mérite). Un vrai artiste quoi. Même si « 1969« , l’album dont est tiré le morceau concocté avec le Canadien Factor, s’est avéré un choya décevant, cet enfoiré a toujours autant la classe.

Kelis - Tasty7. Kelis « Stick Up » (2003) : ok « Trick Me » et « Milkshake » ou encore « Bossy » sont des tubes imparables que j’adore, mon morceau préféré de Mrs. Jones c’est celui-là sans conteste possible. De l’arrogance, du sex-appeal et le clavier feutré de Dam Grease. Le bonheur en 3’50. C’est peut être aussi lié au moment où j’ai redécouvert ce titre, un début de soirée de novembre 2005, les fenêtres ouvertes sur Sunset Boulevard… Il suffit de pas grand chose pour se sentir bien.

121398. Myka Nyne « Citrus District » (2006) : Michael Troy encore pour le morceau phare de ce qui est pour moi son meilleur album (avec « It’s All Love: American Nightmare« ), « Citrus Sessions Vol.1″.
On a d’ailleurs failli pas l’avoir pour de vrai ce disque. Myka est pour le moins impulsif et imprévisible : alors que son label Citrus Records mettait au point les derniers détails de la sortie (et après qu’un bootleg de quelques titres ait été leaké), Myka pète un cable et balance l’intégralité en free download sur son site. Il le retire au bout de quelques jours et on se dit que l’espoir de voir ces sessions enregistrées à Orange County sur disque est mort né. Et pourtant, en 2006, un digipack coloré débarque sur les sites de VPC spécialisés. Aujourd’hui on le trouve même sur Amazon et c’est un sacrément bon disque.

2hgzbdx9. Rappin’ 4-Tay « 25-2-Life » (1996) : pendant longtemps, Rappin’ 4-Tay était juste un mec qui avait fait un hit bien festif en surfant sur la mode G-Funk de Snoop et Dre. Cruelle erreur ! Le sieur 4-Tay est un sacré gaillard qui est à la tête d’une discographie loin d’être dégueulasse. Une petite préférence pour l’album dont est tiré ce titre, « Off Parole » sorti en 1996. L’ambiance résignée et pesante de la prison suinte à chaque mesure, les petites accélérations du refrain insistent sur la nécessité d’être rapide et discret pour survivre. Un modèle du genre à mon sens.

hardcore-thumb-300x28010. Lil’ Kim « Spend A Little Doe » (1996) : sacrée Queen Bitch. Toujours aussi classe ahum. J’aime beaucoup ce titre, un concentré de ses deux facettes, la gangstress et la salope mais avec cette fois un petit coté désabusé, assez annonciateur du reste de sa vie d’ailleurs. Et ces notes de piano de Ski… « Ask Tina, love ain’t got shit to do, with me and you / Or the 44 under the pillow with the dildo / I like to play while I’m workin / And that’s for certain, keep jerkin, I ain’t done with you« 

album-253911. Notorious B.I.G. « Juicy » (1994) : rien que pour « Super Nintendo, Sega Genesis / When I was dead broke, man I couldn’t picture this« . Cette phase dégage aujourd’hui une nostalgie dingue, elle me déclenche systématiquement un petit sourire en coin et je repense à cette période où on se faisait des classeurs avec les pages de test des hits de l’époque découpées dans nos magazines de jeux vidéo préférés. En tout cas merci Mtume pour l’original et Puffy pour avoir piqué l’idée à Pete Rock, ça c’est du classique.

96238729412. Scrooge « Another Day » (2007) : et oui, 2007. Comme quoi le G-Funk est loin d’être mort, même dans la petite ville de Tacoma dans l’état nuageux de Washington (non, il n’y a pas que Seattle et Grey’s Anatomy). Deux albums déjà pour Picsou, « ‘Bout My Paper » en 2001 et ce « Ride Wit Me » en 2007, tous deux disponibles sur CDBaby pour une misère. Alors certes, ça aurait mérité un studio professionnel, un mix et un mastering à la hauteur de la chaleur des prods et des voix mais on fera avec ce qu’on a. Et c’est déjà pas mal.

album200-283813. Montell Jordan « Comin’ Home » (1995) : y a pas mal de bons titres sur « This Is How We Do It » (souvenez-vous). La période et l’origine du chanteur aidant, c’est vraiment une bonne surprise G-Funkisante pour qui, comme moi, serait passé à coté pendant pas mal d’années. Un vrai street crooner à l’ancienne, too much dans le coté lover mais à qui on pardonne parce que, quand même, il a trop la classe. South Central does it like nobody does

FRONT14. Sean-T « If It Ain’t Gee » (feat. Theresa Shorter) (1996) : originaire de Palo Alto dans le comté de Santa Clara en Californie, Sean-T est un client sérieux. A la fois producteur et rappeur, il fait partie des nombreux grands talents méconnus du rap et dont il faut absolument avoir écouté au moins un album. Moi je recommande « Pimp Lyric$ & Dollar Sign$« , solide de bout en bout, éclectique et cohérent, rugueux mais avec une vraie chaleur dans les instrus. Le genre de skeud qu’on ne regrette jamais d’avoir dans sa collection. Sans déconner, on peut ne pas aimer les nuances de la prod, le flow de Sean-T ou la voix suave de Theresa Shorter sur ce titre ?

107156071815. Y-D « Bring It On » (1996) : la même atmosphère « début de soirée ensoleillée » que le titre de Sean-T et un vrai témoignage de l’identité musicale de « Give It Up To The G’s« , le seul album de Y-D connu à ce jour. C’est bien dommage parce que le rappeur d’Oakland avait signé là une superbe entrée dans le G-Rap, sans baisse de régime. Merci T-Roy pour les prods de qualité.

4577616. Aceyalone « Deep And Wide » (feat. Abstract Rude) (1995) : le premier album d’Aceyalone, tête pensante de Freestyle Fellowship et figure de proue du Project Blowed, est un classique. Là, c’est dit. « All Balls Don’t Bounce » est un disque à avoir (d’autant plus qu’il a été réédité avec plein de bonus il y a quelques années et qu’il se trouve pour une bouchée de pain). Quand ils ne décident pas de faire un album sous la bannière de The A-Team, Acey et Ab’ Rude font généralement des étincelles comme en témoigne ce feutré « Deep And Wide » et son charley survitaminé. C’était bien les années 90 quand même…

Nonce__1a17. The Nonce « Mix Tapes » (1995) : des petits copains de ceux du dessus, Sach et le regretté Yusef Afloat (dont on apprend un peu plus les circonstances de la mort dans l’excellent documentaire « This Is The Life« ) n’ont sorti qu’un véritable album ensemble mais encore un indispensable. Le duo originaire de Los Angeles et habitué des sessions live du Goodlife Café n’aura malheureusement pas l’occasion de concrétiser ses débuts plus que prometteurs et Sach devra continuer seul, dans l’indifférence générale à l’exception d’une fan base solide (Mr. Finesse I see you). Presque 15 ans après, ce « World Ultimate » n’a pas pris une ride et « Mix Tapes » est toujours le tube qu’il était à l’époque.

084501604562718. Siah & Yeshuah Da PoED « The Visualz » (1996) : moi qui trouve très souvent le rap jazzy mou du cul et dénué de feeling (il ne suffit pas de boucler un piano et une basse pour donner à un morceau un âme), j’avais beaucoup aimé les quelques titres du EP du duo new yorkais mais j’ai longtemps désespéré de mettre la main sur le disque : un EP vinyle sorti en peu d’exemplaire sur le Fondle ‘Em (le label de Bobbito Garcia), ça paraissait mission impossible pour qui n’a pas envie de mettre un rein dans un disque. Il faudra donc attendre 2007 et la réédition de Traffic (un packaging luxueux et plein de bonus pour l’occasion) pour enfin profiter comme il faut de l’ultime témoignage de la courte carrière du duo. Bon, il y a bien un petit coté backpacker-qui-keep-it-rea- in-Big-Apple mais ça fonctionne quand même sur moi !

Télécharger la compile

Play It Cool vol.1

Une petite compile tranquille pour les fins d’aprem ensoleillées, les braises du BBQ qui rougissent, le rosé bien frais et les copaings… Petite balade à travers le sud et l’ouest des Etats Unis, décontracté du gland (encore queue…), à la fraiche. Elle date un peu et je recycle mais je m’en lasse toujours pas. Merci à Jee2Tuluz pour m’avoir aiguillé sur quelques titres !

Play It Cool Vol.1

abstractrud_showtyme~_101b1. Abstract Rude & Tribe Unique « Coolin » (3’25)

L’old timer du Goodlife Café et du Project Blowed a vraiment une voix géniale mais, comme la plupart de ses petits copains, n’a jamais été foutu de faire un vraiment bon album. Ce n’est pas « Showtyme« , sorti en 2003, qui fera changer les auditeurs d’avis mais, comme sur le précédent dont on parlera plus loin, il recelle quelques pépites comme ce « Coolin » tout en décontraction.

LethalInjectionCoverArt2. Ice Cube « You Know How We Do It » (3’52)

La carrière d’Oshea « Ice Cube » Jackson (qui fête ses 40 balais le mois prochain) est parsemée de classiques, qu’ils soient produits par Dr. Dre ou le Bomb Squad. Ici c’est le fiston de Quincy Jones, QDIII (à l’origine du générique du Prince de Bel Air), qui s’y colle. Petite guitare funk, voix féminines qui se perdent derrière la sirène lancinante et Cube qui livre une de ses meilleures prestations. Classique.

alleyezonme3. 2Pac « Ratha Be Ya N.I.G.G.A. » (feat. Richie Rich) (4’13)

J’ai toujours été fan de « I’d Rather Be With You » de Bootsy Collins et les reprises du tube du bassiste fêlé sont légion (ça fera surement l’objet d’une prochaine compile, le temps de remettre la main dessus) mais je crois que c’est celle-ci qui a ma préférence. La puissance vocale de 2Pac (qui retrouve alors la Californie qui l’a vue grandir après que Suge Knight soit venu le récupérérer à sa sortie de prison) et la nonchalance du vétéran Richie Rich, alliées à la subtile prod de Doug Rasheed, ça donne un de mes titres préférés de Pac. Je prends pas de risque : classique.
Tiens d’ailleurs, j’aurais du mettre « Oakland Rap » pour ce titre dans le ID3 Tag, la fatigue surement…

32569890845c90093dfe502504779524. Mr. X « PlayaHata » (3’42)

Album injustement méconnu dans nos contrées et pourtant indispensable à tout amateur de G-Funk qui se respecte, le premier et à ma connaissance seul album de Xavier Thomas est un petit bijou musical. Produit majoritairement par QDIII, « Mr. X » est un album très smooth où son hôte alterne passages rappés et chantés avec autant de talent dans un domaine que dans l’autre. Un must have.

c50982697a55. Born 2Wice « P.P.O.V. » (feat. Nancy Fletcher) (4’32)

On descend sur Houston mais on reste dans le même registre smooth mais gangsta. Encore un mec qui aurait gagné à être connu mais qui connaitra une vie assez compliquée (il y a quelques années, il était SDF). Une voix proche de celle de Scarface, un parrain de renom (Ice-T), des featurings de qualité (Nancy Fletcher qu’on a pu entendre aux cotés de Snoop ou du Dogg Pound, King Tee, Rhythm D ou encore Kool Keith et Tim Dog) et des prods au top niveau, il y a parfois des énigmes dans la musique : « Portrait Of A $erial Player » sorti en 1996 ne recevra pas le succès qu’il mérite.

R-500056-11241856316. 5th Ward Boyz « Bitch Pleeze » (3’55)

L’autre groupe de Houston dans la première moitié des 90’s, également signés chez Rap-A-Lot Records et auteurs eux aussi de très bons disques, à classer parmi les classiques du genre comme « Ghetto Dope » (sorti en 1993 et dont est tiré ce titre) ou « Gangsta Funk« . Le duo 007/E-Rock montre ici qu’il est aussi à l’aise dans les sons smooth que sur des prods énervées ou funky. Je suis assez fan du grain façon vinyle qui craque… Encore un classique.

d20230qtsis7. Devin The Dude « Bust One Fa Ya » (1’13)
8. Devin The Dude « Write & Wrong » (5’02)

Aaaah Devin… Je suis définitivement fan de ce mec (même si les 2 derniers disques qu’il a sorti étaient relativement moyens) et « The Dude » fait partie des disques qui m’ont vraiment profondément marqué. Quatre ans après ses débuts discographiques avec Odd Squad, Devin Copeland tente l’aventure solo avec une réussite totale, bien aidé à la prod par les ténors de Rap-A-Lot, Tone Capone et N.O. Joe (entre autres). Des histoires de weed et de filles, totalement décontracté, une voix reconnaissable entre mille et un gout pour la chansonnette qui trotte dans la tête. Un classique absolu. A noter que « Bust One Fa Ya » devrait dire quelque chose à ceux qui ont regardé le « Up In Smoke Tour » puisque c’est sur cette petite comptine que Devin fait son entrée avant « I Just Wanna Fuck You« .

album-ridin-dirty9. U.G.K. « One Day » (feat. Mr. 3-2)

Autre traumatisme rapologique que ce morceau issu de « Ridin’ Dirty » sorti en 1996. Sur un sample des Isley Brothers (« Ain’t I Been Good To You« , sa 2ème partie pour être précis, tiré de l’album « Live It Up » sorti en 1974), le duo de Port Arthur (base militaire proche de Houston, Texas) livre là un de ses meilleurs titres : mélancolique, très malin dans son utilisation de la voix de Ron Isley et avec 3-2 en featuring (Convicts, Blac Monks, Southside Playaz, Screwed Up Click), un de mes titres rap préférés de tous les temps.

CellyCelKillaKali10. Celly Cel « It’s Goin’ Down » (5’24)

Originaire de Vallejo (Bay Area) et protégé de E-40, Celly Cel n’a pas toujours été fourré dans le hyphy comme il peut l’être aujourd’hui, en témoigne ce petit classique trop méconnu produit par Tone Capone. Smooth, langoureux, il emprunte au « Computer Love » de Zapp ses bruissements sensuels qui tranchent avec la présence très gangsta de Marcellus McCarver.

bsheree611. Vontel « It’s All On You » (feat. Nikia Hill) (4’29)

L’arlésienne des forums spécialisés dans le G-Rap : est-ce que « Vision Of A Dream » de Vontel (rappeur de Phoenix, Arizona) est un classique G-Funk ou un disque surestimé qui doit beaucoup à sa rareté et sa découverte « tardive » ? Personnellement, c’est un de mes albums préférés et même si le maitre Roger Troutman est présent sur deux titres qui font le bonheur des fans, c’est ce morceau R&B mené par la voix de Nikia Hill pour lequel j’ai la plus grosse faiblesse. Chante Nikia, chante !

41W7CYB6PYL._SL500_AA240_12. Do Or Die « Po Pimp » (feat. Twista & Johnny P) (3’54)

C’est un peu mon intrus quand je réécoute la compile, je me rends compte que j’ai du mal avec les flows des Chicagoans (Twista excepté) que je trouve vraiment approximatifs et avec le mixage que je trouve pour le moins étrange… Mais j’aime beaucoup le refrain de Johnny P et la basse chaude concoctée par The Legendary Traxster.

atliens cover13. OutKast « Elevators (Me & You) » (4’25)

Quitte à jouer les vieux cons, quand je réécoute « ATLiens » et « Aquemini« , les deux chefs d’oeuvre du duo d’Atlanta, je ne peux pas m’empêcher d’être nostalgique. Même si « Hey Yeah » a permis à « Speakerboxxx/The Love Below » de devenir le disque de rap le plus vendu de tous les temps, je trouve ce double album à des années lumières de la magie qui se dégage des 4 premiers opus d’André 3000 et Big Boi. « Elevators« , 13 ans après sa sortie, n’a rien perdu de son hypnothisme. Classique (oui je me répète).

dfb9a7d0-9c24-47b3-9392-01a387e12103medium14. Abstract Rude & Tribe Unique « Full Time Job » (feat. K. Jendayi) (3’22)

« It is a full time job, no days off » chante K. Jendayi de sa voix soul et envoutante. Je suis tellement fan de son refrain qu’elle me fait systématiquement oublié que Aaron « Abstract Rude » Pointer ne signe pas là une de ses meilleures prestations microphoniques. Il y a plus de soul, de feeling et de personnalité dans les 4 phrases chantées par la dame que dans toute la carrière de Rihanna. Le charme, ça ne se calcule pas…

6a00c22523e1b58e1d00d41440d4c66a47-500pi15. Ice Cube « It Was A Good Day » (4’20)

Un autre grand classique du père Cube, cette fois produit par DJ Pooh sur un sample des Isley Brothers (« Footsteps In The Dark« ) : décontraction, story telling, fond et tant pis si O’Shea n’a jamais été le gangster qu’il a campé dans ses albums, c’est un très grand monsieur du rap. « It Was A Good Day » en est une preuve supplémentaire s’il en fallait vraiment.

ti0516. T.I. « Chillin’ With My Bitch » (feat. Jazze Pha) (3’56)

Je crois qu’avec « Urban Legend » (sorti en 2004) T.I. était à l’apogée de sa carrière. Il n’avait pas besoin d’aller faire le cake sur des rollers dans un navet ou de reprendre une sombre daube euro dance pour faire parler de lui. Sa technique et son swag parlaient pour lui. Et pour ce « Chillin’ With My Bitch« , le fils de James Alexander (bassiste des Bar-Kays qui n’était pas dans l’avion qui s’est crashé le 10 décembre 1967, causant la mort de 4 des membres du groupe et d’Otis Redding) ne s’est pas foutu de sa gueule : c’est un Jazze Phizzle en grande forme qui assure la prod et le refrain de cette petite bombe smooth.

4zocztf17. Pimp C « Everytime » (feat. Devin The Dude) (4’29)

Le 4 décembre 2007, le rap a perdu un de ses plus grands artistes : Chad Butler aka Pimp C est parti dans son sommeil, victime d’une overdose médicamenteuse (sippin’ on some sizzurp) et d’une apnée nocturne un peu trop longue (Heath Ledger style). De toute façon, je ne peux pas être vraiment objectif avec la moitié de UGK, je suis fan absolu de ses prods et de son flow. Et tant pis s’il raconte de la merde en boucle, ce mec avait le talent, la musicalité et en plus, sur ce titre, il pose avec une autre de mes idôles, Devin. Forcément, ça parle de cul sans beaucoup de subtilité mais au diable la dialectique pourvu que le son démonte.

TheRedLightDistrictLudacris18. Ludacris « Blueberry Yum Yum » (3’55)

La drogue c’est mal. N’empêche que je gouterais bien à cette Blueberry qui a l’air vraiment yum yum… Morceau pour foncedé, parti pris osé de la part de Luda avec cette espèce de non-flow et son faux rythme. Il s’enchaine super bien avec le précédent vous trouvez pas ?

Télécharger la compile

Omid – Goodlife Mix Chapter 1 (2009)

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Cliquer sur la pochette pour télécharger le mix

Béni soit Omid Walizadeh ! Sous le pseudonyme d’O.D., l’homme est de longue date un producteur de l’ombre, issu des sessions du jeudi soir au Goodlife Café à Los Angeles. Avant de passer aux manettes d’une compile underground devenue classique et de continuer son bonhomme de chemin chez Mush, Omid était, et je l’ignorais avant de voir le superbe documentaire sur le Goodlife réalisé par Ava « Eve of Figures Of Speech » DuVarney (« This Is The Life« ), un spectateur assidu de l’open mic dont il tachait de ne manquer aucun rendez-vous, son petit magnétophone à la main. Véritable archiviste (avec d’autres) de ces années d’or sur Crenshaw Boulevard, il a en sa possession des centaines d’heures de freestyles, battles, morceaux jamais enregistrés de MCs parmi les plus talentueux que la terre ait jamais porté.

Quand Omid bosse avec Freestyle Fellowship, ça peut donner ça :

Sa nostalgie ayant surement été réveillée par « This Is The Life« , Omid s’est replongé dans ses cassettes et a exhumé des apparitions de haut vol de ses héros de jeunesse, au top de leur forme : Freestyle Fellowship, C.V.E., Abstract Rude, Medusa, Volume 10, Ganjah K, Trend, Born Allah… Il se paie même le luxe (et surement l’assouvissement d’un vieux fantasme) de leur filer un petit coup de lifting en les faisant poser sur ses prods. Le tout est mixé et rend vraiment hommage aux différentes facettes de l’open mic : de la démonstration de flow de Nga Fsh et du Rhymin’ Riddler (sur un sample rock hyper efficace), la douceur et l’humour d’Abstract Rude sur un son que n’aurait pas renié Dan The Automator ou la conscience de Born Allah. 30 minutes de bonheur, gratos, avec un « Chapter One » qui laisse présager une voire des suites !

Un petit extrait pour donner envie, le fameux passage des Chillin Vilains sur un sample de « Reality Presented As An Alternative » de Human Beast : Et histoire de resituer l’exercice dans son contexte :

Cliquez ici pour télécharger

Le renouveau ?

11 avril 2009 3 commentaires
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JR Okrom, Black Mesrimes, Maska, Lefa, Maitre Gims, Adams Diallo, Doomam's, ? et L.I.O.

Un comparse vient de me souffler comment faire pour mettre un petit player mp3 sur les pages de ce blog (alors que comme un bon gros boulet, je galérais salement) donc j’ai envie, à la manière d’Ikki ou Jean Grey) de faire revivre ces pages de leurs cendres, depuis trop longtemps abandonnées sur le rebord d’une cheminée poussiéreuse.

Big up Dreyf :
Dreyf
Mes Super-Héros” (feat. Nakk) (issu de l’album “Same Player Shoot Again Vol.1 : Un Nouvel Espoir“)

Finalement, je me suis dit que dire du mal, ça prend du temps. Parce qu’il faut le faire bien dans l’argumentation comme dans la mauvaise foi et qu’on trouve jamais rien à redire quand quelqu’un dit “ça défonce” alors qu’on a le droit au cortège de bien-pensants dès qu’on dit “ça pue“. Pourtant, ça relève de la même gymnastique mentale, le principe est exactement le même mais, comme d’hab, c’est plus facile de se cacher derrière la tolérance que de faire avancer le débat (et ce n’est pas cet autre comparse qui me contredira).

Bon tout ça pour dire que finalement, je vais AUSSI dire du bien de trucs ici, un vrai renouveau (qui ravira les 2 personnes qui ont lu les 4 bulletins postés jusqu’ici). Et cette transition vous est offerte par Transition Magazine, je vais commencer par dire du bien d’un groupe de rap parisien, un paquet de loustiques qui ont franchement l’air d’aimer ce qu’ils font et dont on dit qu’ils sont doués, Sexion d’Assaut :

J’aurais bien aimé écrire un truc aussi cool qu’Anthokady sur l’Abcdrduson mais comme il l’a déjà fait, je vais me borner à dire qu’il a bien raison (et qu’il écrit bien ce con) quand il chronique l’album du 3ème Prototype « Le Renouveau », groupe principal du crew Sexion d’Assaut. Et pourtant, je partais avec un sacré mauvais a priori contre ce groupe, sans avoir écouté j’ironisais déjà en disant que leur album allait probablement s’appeler « Nuit de Cristal » (heureusement, ils n’ont rien sorti le 8 novembre) et qu’on savait la chemise brune revenue au gout du jour mais que fopadéconékanmême.

Et puis je suis tombé sur cette vidéo :

Ah ben merde, ça existe encore des mecs qui aiment rapper, qui savent rapper et qu’on connaissait pas ? Des mecs qui ont l’air de s’éclater, qui rappent avec le sourire (big up Black M), qui ont du flow, une personnalité, des textes et une énergie qui me rappelle ma douce jeunesse. Nan parce que ces derniers mois, le buzz du « milieu » s’était surtout porté sur ce genre de choses :

Truand 2 La Galère (vendeurs émérites des puces de Clignancourt) VS les Noëlistes (adolescents complexés qui squattent les pires forums du monde, ceux de jeuxvideo.com)… Je vous laisse chercher sur Dailymotion, y a de quoi faire et pas un pour rattraper l’autre.

Menzo (Fonky Family)

Menzo (Fonky Family)

Mieux vaut parler de Sexion d’Assaut ! Forcément, dans un crew de 8 personnes, y a forcément un « Menzo » (terme couramment utilisé pour déterminer une chèvre, expression née à Paris dans les années 90 après que la Fonky Family ait décidé que des oreilles autres que phocéennes aient à subir leur rap). Là, c’est pas que certains soient profondément mauvais, c’est juste que de simple rappeur lambda, ils ont à tenir la comparaison au sein même de leur groupe, chose peu évidente vues les personnalités. Alors on va être désagréable une bonne fois et on passe à autre chose : Doomam’s est surement le plus juste techniquement, sa voix rocailleuse et son accent forcé ne sont malheureusement pas compensé par ses textes, Maska est épuisant de prêchi-prêcha (faudra qu’on m’explique si ça sert à quelqu’un d’ailleurs les « j’ai fait des conneries, fais pas les mêmes petit » quand c’est dit par un rappeur lambda, je demande ça en toute bonne foi) et JR Okrom, qui pourtant est appréciable pour son coté rentre-dedans a tendance à devenir abrutissant à rester bloquer sur le même schéma de rimes. Quant à Ballistick (dont parle Anthokady dans son article), je ne me souviens pas l’avoir entendu rapper.

Maitre Gims, Maska, Adams Diallo & Black Mesrimes

Maitre Gims, Maska, Adams Diallo & Black Mesrimes

Alors je suis sur que Maska, Doomam’s et JR Okrom ont leurs fans mais ils n’ont pas ce petit quelque chose que les autres ont : la fraicheur, l’envie de s’amuser, de mettre à l’amende, de développer leur personnalité dans leur rap. Pour être honnête, c’est la première fois que je ressens ça depuis bien longtemps, peut être même pour la première fois depuis les années 2000. Ce coté crew, freestyle (pas radio mais vidéo du coup), technique, hyper productif, un peu arrogant mais à la hauteur de leurs qualités, c’est une cure de jouvence en barre et ce même si tout n’est pas exempt de défaut (je relèverais comme Anthokady l’obsession de certains pour l’homosexualité, j’ai encore la candeur de croire que ça n’est plus un problème, j’oublie toujours).

Maitre Gim’s (maitrise, charisme, style, fond, forme, humour, technicité, sens du refrain, un café, l’addition), même à 30% a plié la moitié de la production rap de ces dernières années en un morceau :

Maitre Gim’s « 30% »

Quand il pose avec Black M (M pour Mesrimes, forcément), sacrée alchimie entre l’homme au sourire et l’homme aux lunettes :

Maitre Gim’s & Black M « De Quoi Tu M’parles »

Et les deux derniers, non des moindres. Lefa la fougue et la technique, Adams Diallo l’expérience et le charisme :

Adams Diallo & Lefa « Où Sont Les Kickeurs »

L'écrasement de tête (2009)

L'écrasement de tête (2009)

Les trois morceaux sont issus des “Chroniques du 75“, compile gratos mis en ligne par le groupe sur son blog et regroupant les meilleus des freestyles qu’ils mettaient en écoute chaque fois. Sur le même blog, il y a aussi toutes les vidéos qui ont fait naitre le buzz (à juste titre), ça vaut le détour.
Leur album “L’écrasement De Tête” (tout un programme) doit sortir début avril, y a plus qu’à espérer que l’horrible pochette justifie l’adage selon laquelle on ne juge pas un livre à sa couverture.

Premier extrait de l’album, le hautement sympathique “T’es Bête Ou Quoi ?” :