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Swim Team « Ready To Dive »

Je vous avais rapidement parlé de la Swim Team, nouvelle garde d’un underground californien en pleine renaissance mais il faut bien reconnaitre que « Super Barrio Bros. » reste un OVNI dans la discographie de cette clique à l’univers musical polymorphe. Réuni à l’initiative de Joselph, le crew a fait des battles sa spécialité (real Project Blowed material), s’illustrant depuis plusieurs années dans les différentes compétitions organisées à travers le pays (notamment GrindTimeNow). L’improvisation comme art de vivre, la Swim Team n’en a pas pour autant moins de velléités artistiques personnelles, laissant à chacun le choix de choisir ses armes, en solo ou en groupe.

Aujourd’hui axée autour de 8 MCs (Joselph s’étant un peu éloigné du crew) et 2 producteurs, la Swim Team présente aujourd’hui cette formation : Dumbfoundead, Open-Mike Eagle, Psykozis (qui forment à eux 3 le groupe Thirsty Fish), Alpha MC, VerBS (Red Foxx), Rogue-Venom (la demoiselle de l’équipe), Sahtyre et Lyraflip pour le micro, Kuest 1 et DJ Zo (avec Maestro régulièrement en renfort) pour les prods.

Petit aperçu de la Swim Team :


Comme je suis un mec super sympa, je vous ai concocté une petite compile de ce qui, à mes oreilles, sont les meilleurs titres du crew, éparpillés sur les nombreux projets (la plupart gratuits et disponibles sur leurs Myspace respectifs). Je ne saurai d’ailleurs trop vous conseiller de mettre quelques euros dans les albums de Sahtyre « High Saht« , deThirsty Fish « Testing The Waters«  et de télécharger « Loving Life » d’Alpha MC ainsi que les EPs de VerBS !

Swim Team « Ready To Dive »

Swim Team « Ready To Dive » (2010) : http://www.fileswap.com/dl/IBXjlYxIRy/

1. Swim Team – Gold Medal (4:04)
2. Sahtyre – J.O.B. (3:28)
3. VerBS – Journey To Fame (2:24)
4. Thirsty Fish – Get Wet (3:46)
5. Dumbfoundead – Jam Session 2.0 (feat. Esna & Herbal T) (5:28)
6. Alpha MC – Loving Life (3:05)
7. Dumbfoundead – Rapper-O’s (3:17)
8. Swim Team – West Indies (2:34)
9. Alpha MC – Smilin Faces (3:07)
10. Sahtyre & DJ Zo – Hard Freestyle (2:19)
11. Dumbfoundead – Cockblockers (3:42)
12. Open Mike Eagle – Combustible Party Truck (feat. Rift Napalm, Rogue Venom & NoCanDo) (4:13)
13. Sahtyre – Move (feat. Swim Team) (5:45)
14. Sahtyre – Liquified Dopeness (2:39)
15. Thirsty Fish – Fall Apart (feat. Aceyalone) (4:20)
16. VerBS – Check 1,2 (3:42)
17. Sahtyre & DJ Zo – Chinatown Wars Freestyle (1:57)
18. Thirsty Fish – Fat Kid (3:01)
19. Sahtyre & DJ Zo – Prom Queen (3:27)
20. Alpha MC – Digitize Me (3:13)
21. Dumbfoundead & 8-Bit Bandit – Three Pipes Down (feat. Psychosiz) (2:05)
22. Intuition & VerBS – Touch The Moon (2:57)

Don’t mess with the Swim Team!!!

Mes trésors enfouis…

18 février 2010 15 commentaires

Il y a quelques temps, je me suis penché sur mon adolescence et le rap français que j’écoutais à l’époque. Si aujourd’hui j’ai un peu de mal à me replonger dans l’état d’esprit qui m’avait fait commencer Enfile Ton Starter et qu’il reste au point mort, je me replonge parfois mes archives.  Et je me rends compte qu’il y a des morceaux assez méconnus des auditeurs de rap français qui me font encore bien plaisir alors je fais tourner ! Du relativement peu connu et du gouffre, de 1996 à 2008…

1. Busta Flex – Aïe Aïe Aïe (3:27)
[Busta Flex – Kick Avec Mes Nike (Maxi), 1996]

Le premier maxi de Flex Baba, à l’époque chez La Sauce Prod. (jusqu’à ce que ça barde un 20 mars 1997) était attendu comme le loup blanc par tous ceux qui avaient kiffé Original Blue Fonk (le groupe qu’il formait avec son frère Jimmy Hilife) et ses couplets sur l’album de Lone. Si « Kick Avec Mes Nike » a traversé les années grâce à sa présence sur le premier solo de Busta, le reste du 4 titres est resté plus confidentiel, à l’instar de ce « Aïe Aïe Aïe » bon enfant pour lequel j’ai toujours eu une petite tendresse, surement à cause du clin d’oeil aux Fugees et aux blousons Helly Hansen.

2. Papifrédo – Lève Le Bras En L’air (feat. J’L’Tismé) (2:59)
[Papifrédo – Gaze Mon Petit, 1996]

Sacré gaillard que le Frédo quand même. Son caractère sans concession (Jean-Louis Foulquier en a gentiment fait les frais) aura surement nuit à sa carrière mais c’est aussi pour ça qu’on l’aime. En voilà un qui aurait mérité d’avoir un titre dans le top 100 de l’abcdr, « Des Sapes Plus Reuch » étant un véritable classique underground. « Lève Le Bras En L’air » sert à introduire « Gaze Mon Petit« , imposant immédiatement la personnalité hors norme de Papifrédo : un vrai énervé qui ne mâche pas ses mots armé d’un flow dont pas mal devraient prendre de la graine encore aujourd’hui…

3. Sens Unik – Barbarian (feat. Osez) (4:11)
[Sens Unik – Tribulations, 1996]

Je n’ai jamais été fan du rap des old timers lausannois de Sens Unik. C’était souvent affreusement daté et les voix étaient poussives mais parmi leur entourage proche il y avait Osez. Avec sa voix haut perchée, ses accélérations et sa musicalité, il éclipsait systématiquement ses compatriotes et arrivait à tenir la dragée haute à une équipe de All Stars patentée. Des rumeurs d’album solo ont circulé mais rien qui me soit finalement arrivé jusqu’aux oreilles. En tout cas, je soupçonne DJ Enuff d’avoir choisi « Barbarian » pour sa compile « My Definition Of Hip Hop Vol.1 » juste pour lui.

4. Vecteur – Qui Suis-Je ? (3:48)
[VA – Département E Posse, 1996]

Avant Mafia Trece, il y eut le Département E Posse. Créé à l’initiative de Don Jo (qui rappe sous le pseudo de Révolution sur la compile), l’album réunissait déjà des rappeurs du XIIIème arrondissement parisien dont la plupart n’auront brillé que le temps du disque. Si pour la plupart, je n’ai pas nourri de regrets éternels, j’ai toujours espéré que Vecteur (aka le Galsen) fasse quelque chose, malheureusement en vain. J’ai depuis appris qu’il avait passé un moment à l’ombre mais que son retour était imminent auprès du Southcide 13 (auteur d’un excellent album produit par Aelpéacha en 2008). A suivre donc…

5. Dezé – Jeu D’enfant (5:12)
[VA – Opération : Coup De Poing, 1997]

Sur la mixtape « Opération : Coup 2 Poing » (classique parmi les classiques), la plupart des gens ont surtout retenu à juste titre les apparitions de la Mafia K’1 Fry, de Time Bomb (bordel, ce « Esprit Mafieux« ) ou la première version de « Sans Rémission » de la Fonky Family. Bizarrement, même si j’ai aussi adoré les grosses machines, ce sont des titres un peu OVNI qui m’ont fait le plus user la touche retour rapide de mon walkman. Presque 15 ans après, le flow de Dezé sur « Jeu d’enfant » continue à me traumatiser. « Blaireau, si tu tournes le dos au vent, tu l’as dans le cul« .

6. Les Refrés – L’Or Noir (4:32)
[Les Refrés – Encore Plus Que Vrais, 1997]

Quand Cathasis et Dreyf avaient le projet de se lancer dans un projet autour de samples d’Aznavour, j’ai immédiatement pensé à « L’Or Noir » de Metek et son sample de « Qui ?« . Samplé et resamplé (notamment par Les Débutants), ce classique du petit Arménien est devenu indissociable du swing étrange de Metek et du refrain qui a squatté mon cerveau malade pendant des heures et des heures.

7. Busta Flex – Majeur (Live @ Lorient) (3:43)
[1999]

Présent sur le premier album de Busta Flex produit par Kool Shen, « Majeur » durait à peine plus de 2 minutes, comme si Flex n’avait pas su aller au bout de son ambition. En 1999, alors qu’il ouvre la tournée de NTM (backé par Sully Séfil), Planète Rap diffuse en direct 4 titres de son show face à un public breton visiblement venu pour voir le duo dyonisien. Outre les classiques « La Ruée Vers Le Roro » (« A comme habile » yeah !), « J’fais Mon Job A Plein Temps » et « Pourquoi« , Busta se lance dans « Majeur« … version longue. Alors oui, c’est naïf mais ça me fait plaisir qu’il ait réussi à le terminer ce titre.

8. Fréko – Homme de Néandertal (1:07)
[VA – Pray’One & Saphyr présentent MCs En Faktion, 1999]

A l’époque, ATK perdait du poids comme un touriste chez Center Farc : Tacteel avait déjà pris ses distances, Fréko tentait l’aventure en solo bientôt suivi par Antilop… Grand habitué des mixtapes, le mangeur de pierres a toujours eu tendance à recycler ses couplets d’une cassette à l’autre. Cette fois c’est un couplet d’un morceau mort-né de Légadulabo qui est remis au goût du jour, annonçant l’évolution du MC du 91 vers un univers autrement plus dur que la naïveté touchante entendue sur « Heptagone« . « Dans le parc, ça sent la blanche, c’est le QG des toxicos / les enfants crachent du sang jusqu’au pied du tobogan« , charmant.

9. Pyroman & Neda – L’étau (Remix) (feat. Rockin’ Squat) (3:53)
[Pyroman & Neda – L’étau (Maxi), 1999]

J’ai eu ma grosse période casse-couille « nan-mais-man-le-rap-c’est-une-musique-engagée » (mais tu vas fermer ta gueule oui ?) où je traquais la moindre sortie Assassin Productions. Même si aujourd’hui j’ai du mal à réécouter un album de Rockin’ Squat, son label m’aura au moins permis de connaitre La Caution… et Pyroman. Bon ok, en réécoutant ce remix de « Prisonnier De L’étau« , je me rends compte que le morceau est beaucoup moins bon que dans mon souvenir. Mais je garde une petite tendresse pour cette prod à l’ancienne et pour l’envie de bouffer le mic de Pyro.

10. TTC & Légadulabo – Onpeupadir… (Original) (3:38)
[VA – Section Est, 1999]

On dit souvent que les entourages font ou défont les carrières. Pour ce qui est de « Section Est« , les divergences entre Rost (instigateur du projet) et Lynx (manager du Barillet et de Légadulabo) causeront l’absence de Loko, Méka et Fréko sur le disque. Sur « Onpeupadir…« , Fréko sera finalement remplacé par Hi-Tekk de la Caution, forcément un peu parachuté au milieu du délire de Tido, Cyan, Cuizi, Yemcha (un des nombreux talents gâchés du rap français) et Tekilatex. Un peu anachronique sur le disque, la prod de Mr. Flash donne la possibilité aux rookies de TTC de se faire la main et d’imposer leur style si particulier. Et Teki qui fait du rap conscient, ça vaut son pesant de cacahuètes.

11. 2K Bateau D’Pirates – Pas D’I Love You (3:33)
[VA – Cypha Prayer Crew présente Psycko Headz, 2000]

Mes années de chroniqueur sur mix-tape.com, la cave d’Ekivok, les discussions avec Jegeor et des dizaines d’heures de freestyles horribles sur cassette au son dégueulasse. Chroniqueur de mixtapes au début des années 2000, c’est un peu comme avoir envie de se faire attacher sur une croix dans un donjon, un truc de masochiste. Mais de temps en temps, on ne sait pas trop pourquoi, on assiste à de petits moments de grâce qui font oublier un peu le vomis auditif qu’on a ingurgité pendant des mois. Sortis de nulle part, le duo 2K proche de Pray’One m’avait littéralement scotché avec « Pas d’I Love You« , sa noirceur, son réalisme et sa simplicité. Longtemps, je me suis dit que j’aurais aimé avoir écrit le dernier couplet, avec les années je le trouve peut être un peu moins fort mais toujours aussi réaliste. Le groupe quant à lui a fait quelques autres apparitions sur cassette et devait sortir un album (j’attends toujours qu’il me l’envoie) mais sans jamais atteindre la qualité de ce titre.

12. Fredy Khttp://www.LHF (4:08)
[VA – Béton Armé, 2000]

J’ai rencontré Fredy K une seule fois, un jour de fête de la musique (celle évoquée par Cyan sur l’album de l’Atelier). Petit bonhomme, grand cœur. A l’époque, l’aventure ATK était en stand by et il avait formé LHF avec Naya H et L’D.Kick. Annonciateur de la formation, ce freestyle produit par son frangin, (Kesdo des Refrés) sur la mixtape « Béton Armé« . Ayant usé le morceau jusqu’à la corde, j’étais tout content de le féliciter… sauf que Fredy n’en était pas content du tout. J’ai beau savoir ça, j’arrive pas à le trouver mauvais… « Groooooooooooooos comme Babaaaaaaaaar !« . Repose en paix Fredy.

13. Donkishot – Freestyle Fantôme (feat. Octobre Rouge) (3:20)
[Donkishot – Restauration Rapide (Version CD), 2001 – jamais sorti]

Découvert en freestyle à Grekfrite (l’émission animée par Tekilatex sur Internet au début des années 2000) alors qu’il accompagnait Octobre Rouge, Donkishot m’avait plutôt impressionné. Une voix profonde, des images marquantes, un flow inédit, qualités bientôt confirmées par son premier maxi. Une version CD devait sortir, augmentée de ce duo avec OR mais les finances de Colekt’Or étant trop justes à l’époque, le projet avait été abandonné. Quelques années plus tard, Donki avait fini par partager ce freestyle fantôme sur son site, finissant de renier cette époque et les gens qui lui avaient permis d’avancer. Chacun sa route, chacun son chemin…

14. Dyslexie – Retenus Au Sol (4:36)
[Dyslexie – Retenus Au Sol, 2001]

Quatuor parisien proche de Néochrome et de Tido de TTC, Syclone, Twoma, Crapulomic et C.Kel sont arrivés au mauvais moment. L’indé galérait pour trouver des distribs, les autoprods étaient refusées par les FNAC et quand en plus on est une bande de joyeux branleurs, ça ne facilite pas la vie. C’est bien dommage parce que ces 4 là n’étaient pas manchots et leur maxi carrément solide. J’ai longtemps attendu un projet de Syclone (il commence son couplet à 1’24 pour situer) mais entre ses problèmes de label et ses séjours en hôpital psychiatrique, la route fut longue. Il me reste plus qu’à écouter ce que ça donne presque 10 ans après.

15. Énergumènes – Pass Pass (Maquette) (4:00)
[Energumènes – De Bouche A Oreille, 2001]

La famille t’as vu. Après quelques mixtapes (dont « Hétéroclick » dont ils ont été les instigateurs) et que Defro soit parti vers d’autres horizons, Kaïl et Men6P tentent l’aventure du maxi dans une période où le format (qui plus est en CD) est maudit. Après un maxi à 3 mort-né suite à des divergences avec le proprio du studio, on repart à zéro, vaguement aidé par votre serviteur au management. Même si le disque a fait un four, la motivation manquant, on se sera quand même bien marré, entre nuits blanches dans Paris, sessions studio et vannages des heures durant. Bêtes de souvenirs les gars, je persiste à penser qu’il y avait de bons morceaux sur ce maxi même si la maquette de « Pass Pass » pète 10 fois plus que la version disque (Kaïl, talent gâché).
Aujourd’hui Men6P pouponne, Kaïl aussi mais continue dans la musique avec M.Rod (ex-Defro) :

16. Grain d’Caf – Freestyle (1:59)
[VA – DJ Poska #46, 2001]

On va pas épiloguer 107 ans : Grain d’Caf x Adam F x M.O.P = boucherie.

17. Sil Doper – Freestyle (3:46) – 2001
Le gouffre total. Le témoignage d’une soirée arrosée et enfumée entre deux taggers parisiens, freestyle produit par Sil et qui restera a priori comme la seule trace du duo qui était voué à ne pas durer. L’immortalisation d’une fulgurance, les élucubrations abstraites de deux presque inconnus (l’un d’entre eux a en fait fait carrière dans la photo). Doper ouvre le bal, funambule alcoolisé à la limite de la chute avant que Sil n’enfonce le clou sur la 2ème partie du titre. C’est peu de dire que son couplet m’a traumatisé, je l’ai écouté des dizaines de fois, hypnotisé par le swing bancal et mystique de cet inconnu qui n’aura vraisemblablement jamais l’occasion de me décevoir.

18. Odji Ramirez – Nique La Bac (4:07)
[VA – Police 2, 2002]

Après avoir commencé dans le rap au sein d’ATK (« Zak » a en effet d’ailleurs failli être le 3ème de Légadulabo), Odji Ramirez a retenté une percée sous l’étendard gangsta rap au début des années 2000. Membre du Réservoir Dogues (et donc de CSRD), il sortira un maxi « Odjiland 2 » dont est issu « Hors La Loi » ici remixé sous le nom de « Nique La Bac« . Sirènes agressives et survitaminées, flow nerveux et affuté, défouloir total et bas du front, le morceau reste une des plus belles réussites de la scène Bandana Music et compagnie.

19. La Fouine – Freestyle Max de 109 @ Skyrock (2:22)

On a souvent tendance à l’oublier mais La Fouine c’est pas seulement des morceaux au vocoder et des gimmicks pas toujours inspirés (oui je suis déçu par le dernier album), c’est surtout un mec qui aime le rap, qui aime kicker et qui le fait bien quand il se sort les doigts du cul. Quand on écoute sa prestation lors des qualifications pour la compilation Max de 109, il n’y a même pas besoin d’écouter les autres pour savoir que le mec est au-dessus du lot (et ce ne sont pas les carrières des autres lauréats qui me feront mentir) : un sens du refrain, une présence, une personnalité, une aisance assez hors du commun et surtout, un plaisir ultra communicatif au micro. C’est ça, la la la la Fouine.

20. Syntax & DJ Godzy – Tangi Undercover (3:34)
[Syntax & DJ Godzy – Gens Du Voyage, 2005]

Découvert grâce à « L’alternative » sur M6 il y a quelques années, le duo gitan avait retenu mon attention : de la musique traditionnelle tzigane, la grosse voix énervée de Syntax, une douce mélancolie pour parler des siens, les gens du voyage. Surprenant, surtout qu’à l’époque, Seth Gueko n’avait pas encore imposé son délire gitan au rap français. Ici, on ne joue pas, ça sent la caravane, les feux de camp et les années d’ostracisation. Sortez vos dicos français/manouche, on part en virée avec le tanj’ à la tête d’ange… L’album est d’ailleurs vraiment réussi, si quelqu’un sait où se le procurer, qu’il n’hésite pas à me filer l’info !

21. KazaK – Jus’ka (4:01)
[VA – @stronet Radio, 2006]

Les Français qui se sont essayés au crunk depuis quelques années sont légion mais peu sont ceux qui ont su saisir l’essence même de la musique originaire d’Atlanta. Originaires de Sartrouville (S-Town pour les intimes), Tempus Boy et Vyb’s Ô Mic se sont faits plaisir en posant sur l’énormissime « Knuck If You Buck » de Crime Mob : crétin, simple, efficace et bien rappé. Que demande le peuple ?

22. Desty Corleone – Gangsta Shit (3:45)

Cocaïno-rap musique comme dirait le roi. De l’ignorant rap dans toute sa splendeur, ambiance sudiste qui fronce les sourcils avant de replonger le nez dans la farine. Parental Advisory mon cul sur la commode machin truc, juste un défouloir gratuit et vulgaire. Et quand c’est bien rappé, ça passe tout de suite mieux.

23. Oxmo Puccino – Hé Ouais (Chet Remix)

Single qui scellait la réconciliation entre Ox’ et DJ Cream, « Hé Ouais » dans sa version originale n’a jamais réussi à me convaincre totalement, la faute à une prod peu inspirée. Au hasard de mes pérégrinations sur MySpace, je suis tombé sur ce remix de Chet qui a la bonne idée d’aller taper dans la musique orientale. Les arpèges de cordes donnent au morceau une mystérieuse saveur mélancolique qui ne vautre pas pour autant dans l’auto-apitoiement ou la mièvrerie. Du coup, un de mes morceaux préférés d’Oxmo malgré ses nombreuses imperfections.

24. Mafia Canine, Lil Thug & Seno – Nouvelle École
[Mafia Canine – Dead Or Alive, 2008]

Pour finir, les plus jeunes et les seuls provinciaux de cette sélection (et c’est là que je me rends compte que j’aurais du mettre « Le Règne Du Rap » de Philémon), la Mafia Canine (Dogg Soso, Doggy G, Marco et NX) originaire de la région de Rouen accompagnée par Lil’ Thug (et son paternel au refrain, big up Seno mon pote). Si aucun ne démérite sur ce petit bijou de prod (Dogg Master), surtout quand on se rappelle que Lil Thug et Marco ne devaient pas avoir avoir passé les 15 ans au moment de l’enregistrement mais si je ne devais en garder qu’un, c’est à NX que reviendrait le rôle d’Highlander. Sans pour autant négliger le fond (une marque de fabrique chez l’animal), il conclut le morceau sur une accélération dévastatrice en jouant avec le timbre de sa voix, du beau boulot !

Forcément, je termine ce laïus vraiment trop long en me disant que j’en ai oublié plein et qu’il y a des titres que je serai surement le seul à kiffer… Tant pis, tant mieux, on verra si je fais une suite.

Télécharger la compile

Play It Cool Vol.2

La première a eu l’air de bien plaire, j’espère que la suivante aura le même succès. J’ai mélangé gros classiques et morceaux moins connus, toujours plutôt cool…

roca-dolla.2505709.511. Roca Dolla « What Is A Classic » (2008) : intro de son album sorti l’an dernier, le monsieur n’est pas un total inconnu pour tous ceux qui se sont penchés sur la scène G-Funk en Arizona puisque Roca Dolla a en fait déjà sorti 2 albums sous le nom de Mr. Iroc, « Finally On Tha Map » en 1996 et « The Release » en 2000.
« Roca Is A Classic » est un double album sans prétention, très éclectique et solide, une bonne surprise sortie d’un peu nulle part porté par la voix suave d’Iroc, aussi à l’aise dans les clins d’œil nostalgiques que dans un style plus moderne (et on lui pardonnera quelques pompages éhontés). En tout cas, joli name dropping où on n’aura pas grand chose à critiquer…

Operation_Stackola2. Luniz « I Got 5 On It » (1995) : ah ben quand on parle de classique… Le morceau qui a révélé Yukmouth et Numskull au reste du monde (après de bonnes apparitions sur « Explicit Game » de Dru Down l’année précédente), je me souviens encore de leurs performances à la télé qui se terminaient systématiquement par un montrage de fion goguenard de la part des rappeurs d’Oakland.
Cette prod est vraiment magique, presque 15 ans que je l’écoute en boucle sans me lasser… J’aurais pu mettre un de des deux énormes remix façon posse cut mais je reste un grand fan de la version originale dont j’avais récupéré la fiche lyrics d’un magazine pour gonzesses à l’époque.

scarface_diary3. Scarface « Goin Down » (1994) : même si c’est complètement kitch de reprendre le tube teuton de Nena « 99 Luftballons« , j’adore ce morceau, son refrain et la légèreté qui s’en dégage et tant pis si c’est loin d’être le meilleur titre du leader des Geto Boys. Et puis de toute façon, si vous ne deviez n’écouter qu’un album de Scarface (ce qui serait honteux) il faut écouter « The Diary » dont est tiré ce titre. Un des meilleurs albums rap de tous les temps. Classique.

317SYA1QKQL._SL500_AA240_4. Devin The Dude « Lacville ’79 » (2002) : pas de playlist relax sans la personnification du cool, Devin Copeland. Si je dois faire d’autres compiles sur le même thème, il y aura systématiquement un titre du D de Odd Squad. De la weed et des femmes, comme quoi finalement le bonheur ne tient pas à grand chose mais comme il est aussi difficile de trouver de la weed qu’une femme avec qui on se sent bien, la décontraction de Devin en devient fascinante. Et cette déclaration d’amour à son épave roulante a un petit coté adolescent des plus rafraichissant. Très vraisemblablement mon morceau de Devin, tiré de son 2ème effort solo « Just Tryin’ Ta Live« .

post-20149-12363468855. U.G.K. « Look Into Our Eyes » (????) : le rap de Houston ne serait pas le même sans DJ Screw, son addiction au sizzurp et son goût pour les remix ralentis des hits locaux. S’il n’est plus là aujourd’hui, son héritage demeure (demandez à DJ Michael Watts de Swishahouse et beaucoup d’autres) et je trouve que ce morceau des vieux briscards de Port Arthur est particulièrement adapté à l’exercice. Mais impossible de me souvenir de l’original, si quelqu’un se souvient (Kicket ?)…

Myka9-1969-Cover-16. Myka 9 & Factor « My Kanyne (Old Smokey) » (2008) : 20 ans de carrière pour le Freestyle Fellow le plus cool de tout l’univers. Il chante, il scat, il rappe comme un dieu et il s’est créé un petit monde bien à lui dans sa tête (qui l’empêche d’avoir la carrière qu’il mérite). Un vrai artiste quoi. Même si « 1969« , l’album dont est tiré le morceau concocté avec le Canadien Factor, s’est avéré un choya décevant, cet enfoiré a toujours autant la classe.

Kelis - Tasty7. Kelis « Stick Up » (2003) : ok « Trick Me » et « Milkshake » ou encore « Bossy » sont des tubes imparables que j’adore, mon morceau préféré de Mrs. Jones c’est celui-là sans conteste possible. De l’arrogance, du sex-appeal et le clavier feutré de Dam Grease. Le bonheur en 3’50. C’est peut être aussi lié au moment où j’ai redécouvert ce titre, un début de soirée de novembre 2005, les fenêtres ouvertes sur Sunset Boulevard… Il suffit de pas grand chose pour se sentir bien.

121398. Myka Nyne « Citrus District » (2006) : Michael Troy encore pour le morceau phare de ce qui est pour moi son meilleur album (avec « It’s All Love: American Nightmare« ), « Citrus Sessions Vol.1″.
On a d’ailleurs failli pas l’avoir pour de vrai ce disque. Myka est pour le moins impulsif et imprévisible : alors que son label Citrus Records mettait au point les derniers détails de la sortie (et après qu’un bootleg de quelques titres ait été leaké), Myka pète un cable et balance l’intégralité en free download sur son site. Il le retire au bout de quelques jours et on se dit que l’espoir de voir ces sessions enregistrées à Orange County sur disque est mort né. Et pourtant, en 2006, un digipack coloré débarque sur les sites de VPC spécialisés. Aujourd’hui on le trouve même sur Amazon et c’est un sacrément bon disque.

2hgzbdx9. Rappin’ 4-Tay « 25-2-Life » (1996) : pendant longtemps, Rappin’ 4-Tay était juste un mec qui avait fait un hit bien festif en surfant sur la mode G-Funk de Snoop et Dre. Cruelle erreur ! Le sieur 4-Tay est un sacré gaillard qui est à la tête d’une discographie loin d’être dégueulasse. Une petite préférence pour l’album dont est tiré ce titre, « Off Parole » sorti en 1996. L’ambiance résignée et pesante de la prison suinte à chaque mesure, les petites accélérations du refrain insistent sur la nécessité d’être rapide et discret pour survivre. Un modèle du genre à mon sens.

hardcore-thumb-300x28010. Lil’ Kim « Spend A Little Doe » (1996) : sacrée Queen Bitch. Toujours aussi classe ahum. J’aime beaucoup ce titre, un concentré de ses deux facettes, la gangstress et la salope mais avec cette fois un petit coté désabusé, assez annonciateur du reste de sa vie d’ailleurs. Et ces notes de piano de Ski… « Ask Tina, love ain’t got shit to do, with me and you / Or the 44 under the pillow with the dildo / I like to play while I’m workin / And that’s for certain, keep jerkin, I ain’t done with you« 

album-253911. Notorious B.I.G. « Juicy » (1994) : rien que pour « Super Nintendo, Sega Genesis / When I was dead broke, man I couldn’t picture this« . Cette phase dégage aujourd’hui une nostalgie dingue, elle me déclenche systématiquement un petit sourire en coin et je repense à cette période où on se faisait des classeurs avec les pages de test des hits de l’époque découpées dans nos magazines de jeux vidéo préférés. En tout cas merci Mtume pour l’original et Puffy pour avoir piqué l’idée à Pete Rock, ça c’est du classique.

96238729412. Scrooge « Another Day » (2007) : et oui, 2007. Comme quoi le G-Funk est loin d’être mort, même dans la petite ville de Tacoma dans l’état nuageux de Washington (non, il n’y a pas que Seattle et Grey’s Anatomy). Deux albums déjà pour Picsou, « ‘Bout My Paper » en 2001 et ce « Ride Wit Me » en 2007, tous deux disponibles sur CDBaby pour une misère. Alors certes, ça aurait mérité un studio professionnel, un mix et un mastering à la hauteur de la chaleur des prods et des voix mais on fera avec ce qu’on a. Et c’est déjà pas mal.

album200-283813. Montell Jordan « Comin’ Home » (1995) : y a pas mal de bons titres sur « This Is How We Do It » (souvenez-vous). La période et l’origine du chanteur aidant, c’est vraiment une bonne surprise G-Funkisante pour qui, comme moi, serait passé à coté pendant pas mal d’années. Un vrai street crooner à l’ancienne, too much dans le coté lover mais à qui on pardonne parce que, quand même, il a trop la classe. South Central does it like nobody does

FRONT14. Sean-T « If It Ain’t Gee » (feat. Theresa Shorter) (1996) : originaire de Palo Alto dans le comté de Santa Clara en Californie, Sean-T est un client sérieux. A la fois producteur et rappeur, il fait partie des nombreux grands talents méconnus du rap et dont il faut absolument avoir écouté au moins un album. Moi je recommande « Pimp Lyric$ & Dollar Sign$« , solide de bout en bout, éclectique et cohérent, rugueux mais avec une vraie chaleur dans les instrus. Le genre de skeud qu’on ne regrette jamais d’avoir dans sa collection. Sans déconner, on peut ne pas aimer les nuances de la prod, le flow de Sean-T ou la voix suave de Theresa Shorter sur ce titre ?

107156071815. Y-D « Bring It On » (1996) : la même atmosphère « début de soirée ensoleillée » que le titre de Sean-T et un vrai témoignage de l’identité musicale de « Give It Up To The G’s« , le seul album de Y-D connu à ce jour. C’est bien dommage parce que le rappeur d’Oakland avait signé là une superbe entrée dans le G-Rap, sans baisse de régime. Merci T-Roy pour les prods de qualité.

4577616. Aceyalone « Deep And Wide » (feat. Abstract Rude) (1995) : le premier album d’Aceyalone, tête pensante de Freestyle Fellowship et figure de proue du Project Blowed, est un classique. Là, c’est dit. « All Balls Don’t Bounce » est un disque à avoir (d’autant plus qu’il a été réédité avec plein de bonus il y a quelques années et qu’il se trouve pour une bouchée de pain). Quand ils ne décident pas de faire un album sous la bannière de The A-Team, Acey et Ab’ Rude font généralement des étincelles comme en témoigne ce feutré « Deep And Wide » et son charley survitaminé. C’était bien les années 90 quand même…

Nonce__1a17. The Nonce « Mix Tapes » (1995) : des petits copains de ceux du dessus, Sach et le regretté Yusef Afloat (dont on apprend un peu plus les circonstances de la mort dans l’excellent documentaire « This Is The Life« ) n’ont sorti qu’un véritable album ensemble mais encore un indispensable. Le duo originaire de Los Angeles et habitué des sessions live du Goodlife Café n’aura malheureusement pas l’occasion de concrétiser ses débuts plus que prometteurs et Sach devra continuer seul, dans l’indifférence générale à l’exception d’une fan base solide (Mr. Finesse I see you). Presque 15 ans après, ce « World Ultimate » n’a pas pris une ride et « Mix Tapes » est toujours le tube qu’il était à l’époque.

084501604562718. Siah & Yeshuah Da PoED « The Visualz » (1996) : moi qui trouve très souvent le rap jazzy mou du cul et dénué de feeling (il ne suffit pas de boucler un piano et une basse pour donner à un morceau un âme), j’avais beaucoup aimé les quelques titres du EP du duo new yorkais mais j’ai longtemps désespéré de mettre la main sur le disque : un EP vinyle sorti en peu d’exemplaire sur le Fondle ‘Em (le label de Bobbito Garcia), ça paraissait mission impossible pour qui n’a pas envie de mettre un rein dans un disque. Il faudra donc attendre 2007 et la réédition de Traffic (un packaging luxueux et plein de bonus pour l’occasion) pour enfin profiter comme il faut de l’ultime témoignage de la courte carrière du duo. Bon, il y a bien un petit coté backpacker-qui-keep-it-rea- in-Big-Apple mais ça fonctionne quand même sur moi !

Télécharger la compile

Ebony & Ivory

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Je les aime bien les Whites. Jack est un sacré bonhomme, je suis très client de ce que la musique devient quand il s’en approche. Ce n’est malheureusement pas toujours le cas quand d’autres s’approprient la sienne, en témoignent les meuglements des supporters et autres démoulés trop chauds en tenue des fêtes de Bayonne, massacrant sans complexe la basse du « 7 Nation Army » des White Stripes. Et comme ils sont nombreux ceux qui n’ont pas percuté ce qu’ils chantaient, un petit rappel n’est jamais inutile, surtout que le morceau dépote :

On sait Jack White pas frileux niveau collaboration, comme lorsqu’il a assuré Alicia Keys le générique du dernier James Bond (et j’ai envie de dire, dommage qu’Alicia vienne « gâcher » le morceau) :

Bref, mélanger les genres, ça lui fait pas peur à Jack… et visiblement c’est la même chose pour Adrian Champion qui, à la manière d’un DJ Zebra en France, s’est amusé à blender des classiques rap US avec la musique des White Stripes. On citera donc « Simon Says » de Pharaohe Monch, « Ante Up » de MOP, « Ms. Fat Booty » de Mos Def, le fameux « Ether » de Nas (malheureusement la version est clean), « Runnin’ (From The Police) » de Biggie ou l’excellent « B.O.B. » d’Outkast qui ouvre la compile, fusionnant cette fois avec « Blue Orchid » :

En un mot comme en 100, c’est super bien foutu mais tout n’est pas du même niveau. « Icky Says » prolonge bien l’entrée de « Bombs Over Orchid« , on remue toujours la tête sur « Ante Up » même si la petite guitare lancinante n’atteint pas la violence de la prod originale, « Turn It Up » colle bien à la nonchalence de Kanye West, on retrouve l’espièglerie de l’originale sur « Ms. Doorbell » où Jack ponctue les couplets de Mos comme s’il le backait sur scène, « Dangerous Love » ou « Tha Countdown Blues » qui ont l’efficacité des l’originales , « Got Yourself A Cannon » rendrait presque Jay-Z vicieux (un riff de gratte nerveux et les cymbales de Meg la cogneuse, pour un des meilleurs titres de la compile) :

Moins d’inspiration en revanche pour « Cash Run » (heureusement sauvé par les énormes couplets de Biggie), « One More Corner » un peu poussif, « Fucking Apples » qui rend le génial « I Don’t Give A Fuck » d’Eminem pénible, « Jolene’s Ether » qui nous fait regretter l’arrivée de la voix de Nas tant la reprise de Dolly Parton était parfaite :

Du très bon boulot donc qui a en plus l’avantage d’être gratos et riche en goodies : en plus de la version vocal, Adrian Champion offre également toutes les instrus, la pochette et un wallpaper qui orne déjà mon propre bureau. Foncez donc sur http://www.starsandstripesproject.com/, ça réveille.

Le renouveau ?

11 avril 2009 3 commentaires
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JR Okrom, Black Mesrimes, Maska, Lefa, Maitre Gims, Adams Diallo, Doomam's, ? et L.I.O.

Un comparse vient de me souffler comment faire pour mettre un petit player mp3 sur les pages de ce blog (alors que comme un bon gros boulet, je galérais salement) donc j’ai envie, à la manière d’Ikki ou Jean Grey) de faire revivre ces pages de leurs cendres, depuis trop longtemps abandonnées sur le rebord d’une cheminée poussiéreuse.

Big up Dreyf :
Dreyf
Mes Super-Héros” (feat. Nakk) (issu de l’album “Same Player Shoot Again Vol.1 : Un Nouvel Espoir“)

Finalement, je me suis dit que dire du mal, ça prend du temps. Parce qu’il faut le faire bien dans l’argumentation comme dans la mauvaise foi et qu’on trouve jamais rien à redire quand quelqu’un dit “ça défonce” alors qu’on a le droit au cortège de bien-pensants dès qu’on dit “ça pue“. Pourtant, ça relève de la même gymnastique mentale, le principe est exactement le même mais, comme d’hab, c’est plus facile de se cacher derrière la tolérance que de faire avancer le débat (et ce n’est pas cet autre comparse qui me contredira).

Bon tout ça pour dire que finalement, je vais AUSSI dire du bien de trucs ici, un vrai renouveau (qui ravira les 2 personnes qui ont lu les 4 bulletins postés jusqu’ici). Et cette transition vous est offerte par Transition Magazine, je vais commencer par dire du bien d’un groupe de rap parisien, un paquet de loustiques qui ont franchement l’air d’aimer ce qu’ils font et dont on dit qu’ils sont doués, Sexion d’Assaut :

J’aurais bien aimé écrire un truc aussi cool qu’Anthokady sur l’Abcdrduson mais comme il l’a déjà fait, je vais me borner à dire qu’il a bien raison (et qu’il écrit bien ce con) quand il chronique l’album du 3ème Prototype « Le Renouveau », groupe principal du crew Sexion d’Assaut. Et pourtant, je partais avec un sacré mauvais a priori contre ce groupe, sans avoir écouté j’ironisais déjà en disant que leur album allait probablement s’appeler « Nuit de Cristal » (heureusement, ils n’ont rien sorti le 8 novembre) et qu’on savait la chemise brune revenue au gout du jour mais que fopadéconékanmême.

Et puis je suis tombé sur cette vidéo :

Ah ben merde, ça existe encore des mecs qui aiment rapper, qui savent rapper et qu’on connaissait pas ? Des mecs qui ont l’air de s’éclater, qui rappent avec le sourire (big up Black M), qui ont du flow, une personnalité, des textes et une énergie qui me rappelle ma douce jeunesse. Nan parce que ces derniers mois, le buzz du « milieu » s’était surtout porté sur ce genre de choses :

Truand 2 La Galère (vendeurs émérites des puces de Clignancourt) VS les Noëlistes (adolescents complexés qui squattent les pires forums du monde, ceux de jeuxvideo.com)… Je vous laisse chercher sur Dailymotion, y a de quoi faire et pas un pour rattraper l’autre.

Menzo (Fonky Family)

Menzo (Fonky Family)

Mieux vaut parler de Sexion d’Assaut ! Forcément, dans un crew de 8 personnes, y a forcément un « Menzo » (terme couramment utilisé pour déterminer une chèvre, expression née à Paris dans les années 90 après que la Fonky Family ait décidé que des oreilles autres que phocéennes aient à subir leur rap). Là, c’est pas que certains soient profondément mauvais, c’est juste que de simple rappeur lambda, ils ont à tenir la comparaison au sein même de leur groupe, chose peu évidente vues les personnalités. Alors on va être désagréable une bonne fois et on passe à autre chose : Doomam’s est surement le plus juste techniquement, sa voix rocailleuse et son accent forcé ne sont malheureusement pas compensé par ses textes, Maska est épuisant de prêchi-prêcha (faudra qu’on m’explique si ça sert à quelqu’un d’ailleurs les « j’ai fait des conneries, fais pas les mêmes petit » quand c’est dit par un rappeur lambda, je demande ça en toute bonne foi) et JR Okrom, qui pourtant est appréciable pour son coté rentre-dedans a tendance à devenir abrutissant à rester bloquer sur le même schéma de rimes. Quant à Ballistick (dont parle Anthokady dans son article), je ne me souviens pas l’avoir entendu rapper.

Maitre Gims, Maska, Adams Diallo & Black Mesrimes

Maitre Gims, Maska, Adams Diallo & Black Mesrimes

Alors je suis sur que Maska, Doomam’s et JR Okrom ont leurs fans mais ils n’ont pas ce petit quelque chose que les autres ont : la fraicheur, l’envie de s’amuser, de mettre à l’amende, de développer leur personnalité dans leur rap. Pour être honnête, c’est la première fois que je ressens ça depuis bien longtemps, peut être même pour la première fois depuis les années 2000. Ce coté crew, freestyle (pas radio mais vidéo du coup), technique, hyper productif, un peu arrogant mais à la hauteur de leurs qualités, c’est une cure de jouvence en barre et ce même si tout n’est pas exempt de défaut (je relèverais comme Anthokady l’obsession de certains pour l’homosexualité, j’ai encore la candeur de croire que ça n’est plus un problème, j’oublie toujours).

Maitre Gim’s (maitrise, charisme, style, fond, forme, humour, technicité, sens du refrain, un café, l’addition), même à 30% a plié la moitié de la production rap de ces dernières années en un morceau :

Maitre Gim’s « 30% »

Quand il pose avec Black M (M pour Mesrimes, forcément), sacrée alchimie entre l’homme au sourire et l’homme aux lunettes :

Maitre Gim’s & Black M « De Quoi Tu M’parles »

Et les deux derniers, non des moindres. Lefa la fougue et la technique, Adams Diallo l’expérience et le charisme :

Adams Diallo & Lefa « Où Sont Les Kickeurs »

L'écrasement de tête (2009)

L'écrasement de tête (2009)

Les trois morceaux sont issus des “Chroniques du 75“, compile gratos mis en ligne par le groupe sur son blog et regroupant les meilleus des freestyles qu’ils mettaient en écoute chaque fois. Sur le même blog, il y a aussi toutes les vidéos qui ont fait naitre le buzz (à juste titre), ça vaut le détour.
Leur album “L’écrasement De Tête” (tout un programme) doit sortir début avril, y a plus qu’à espérer que l’horrible pochette justifie l’adage selon laquelle on ne juge pas un livre à sa couverture.

Premier extrait de l’album, le hautement sympathique “T’es Bête Ou Quoi ?” :