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Play It Cool Vol.3

De quoi se détendre maintenant que le soleil a fait une percée… Et pour ceux qui les auraient ratés, les deux premiers volumes sont de nouveau disponibles : http://t.co/g1KB9YQR et http://t.co/RQP2Qzs7

1. DJ QuikSomethin’ 4 Tha Mood (5:55)
2. Ganksta C3 Wheel Motion (4:54)
3. C-FunkLime In Ya Coconut (4:14)
4. Odd SquadPutcha Lips (4:35)
5. Snoop Doggy DoggGz Up, Hoes Down (2:21)
6. Big K.R.I.T.Moon & Stars (feat. Devin the Dude) (3:50)
7. Geto BoysThe World Is A Ghetto (feat. Flaj) (4:24)
8. DJ DMD & The Inner Soul Clique25 Lighters (feat. Lil Keke & Fat Pat) (4:46)
9. Ruph HeadzHow We Get Down (5:05)
10. Raw SeedKeep It Comin (Club Mix) (5:02)
11. K-DeeThe Hand That Rocks The Cradle (Street) (3:58)
12. Big SykeSatelite Niggaz (feat. Above The Law) (3:54)
13. AelpéachaString-Volant (3:45)
14. Figures Of SpeechOn The Road (feat. The Nonce) (0:50)
15. Myka 9I Must Cross (feat. Viveca Hawkins) (4:43)
16. Dr. OopGreen Butter (feat. Rogue Venom) (3:51)
17. Freestyle FellowshipPark Bench People (5:12)
18. Awol One & Daddy KevWild Is The Wind Remix (3:41)

 Download

Still alive!

ImageCe blog est resté trop longtemps à l’abandon, je vais tâcher de remédier à la chose…

Je commence par remettre à disposition les différentes compiles :
Play It Cool Vol.1https://ambidextrepolygame.wordpress.com/2009/05/27/play-it-cool-vol-1/
Play It Cool. Vol.2https://ambidextrepolygame.wordpress.com/2009/06/30/play-it-cool-vol-2/
– I’d Rather Be With Youhttps://ambidextrepolygame.wordpress.com/2010/07/05/bootsy/
– Swim Team « Ready To Dive » : https://ambidextrepolygame.wordpress.com/2010/05/07/swim-team-ready-to-dive/
Mes Trésors Enfouishttps://ambidextrepolygame.wordpress.com/2010/02/18/tresors-enfouis/

Catégories :Non classé

I’d Rather Be With You

5 juillet 2010 5 commentaires

Pas de grand discours, 16 titres inspirés par le classique du grand Bootsy Collins ! D’Oakland à Tilles, de Chicago à Los Angeles, tous ont été reprendre la mélodie imparable du bassiste de Parliament. Enjoy!

http://www.fileswap.com/dl/CAZFm5vRS/

1. Bootsy Collins – I’d Rather Be With You (4:57)
2. 2Pac – Ratha Be Ya Nigga (feat. Richie Rich) (4:13)
3. Ice-T – How does it feel (4:30)
4. Do Or Die – Pimpology (4:13)
5. Questionmark Asylum – Get With You/I’d Rather Be With You (5:07)
6. Eazy-E – I’d Rather Fuck You (3:56)
7. Keak da Sneak – I’d Rather Smoke With You (4:13)
8. Too $hort – Gettin’ It (5:40)
9. Knightowl – I Wanna Fuck Me Some Hoes (5:15)
10. La Cellule – Trop Besoin De Flouze (4:48)
11. Mr. Creeps – Ohh Wee We Can All Be Friends (feat. Mr. Capone-E) (4:33)
12. Wreckless Klan – Swing A Episode (4:19)
13. Adina Howard – Freak Like Me (4:27)
14. Techniec & Tate The Great – Killa Cali (3:14)
15. Mr. Frost – I’d Rather Be With You (Instru) (4:33)
16. TaiPan – T’inquiètes, C’est Normal (2:13)
17. C-Natra – I’d Rather Bang Screw (feat. Big Hawk & Kyle Lee) (4:54)

Spécialement dédicacé à Bachir qui vient de sortir une très bonne mix-tape en hommage au groupe The Nonce. Support!

Swim Team « Ready To Dive »

Je vous avais rapidement parlé de la Swim Team, nouvelle garde d’un underground californien en pleine renaissance mais il faut bien reconnaitre que « Super Barrio Bros. » reste un OVNI dans la discographie de cette clique à l’univers musical polymorphe. Réuni à l’initiative de Joselph, le crew a fait des battles sa spécialité (real Project Blowed material), s’illustrant depuis plusieurs années dans les différentes compétitions organisées à travers le pays (notamment GrindTimeNow). L’improvisation comme art de vivre, la Swim Team n’en a pas pour autant moins de velléités artistiques personnelles, laissant à chacun le choix de choisir ses armes, en solo ou en groupe.

Aujourd’hui axée autour de 8 MCs (Joselph s’étant un peu éloigné du crew) et 2 producteurs, la Swim Team présente aujourd’hui cette formation : Dumbfoundead, Open-Mike Eagle, Psykozis (qui forment à eux 3 le groupe Thirsty Fish), Alpha MC, VerBS (Red Foxx), Rogue-Venom (la demoiselle de l’équipe), Sahtyre et Lyraflip pour le micro, Kuest 1 et DJ Zo (avec Maestro régulièrement en renfort) pour les prods.

Petit aperçu de la Swim Team :


Comme je suis un mec super sympa, je vous ai concocté une petite compile de ce qui, à mes oreilles, sont les meilleurs titres du crew, éparpillés sur les nombreux projets (la plupart gratuits et disponibles sur leurs Myspace respectifs). Je ne saurai d’ailleurs trop vous conseiller de mettre quelques euros dans les albums de Sahtyre « High Saht« , deThirsty Fish « Testing The Waters«  et de télécharger « Loving Life » d’Alpha MC ainsi que les EPs de VerBS !

Swim Team « Ready To Dive »

Swim Team « Ready To Dive » (2010) : http://www.fileswap.com/dl/IBXjlYxIRy/

1. Swim Team – Gold Medal (4:04)
2. Sahtyre – J.O.B. (3:28)
3. VerBS – Journey To Fame (2:24)
4. Thirsty Fish – Get Wet (3:46)
5. Dumbfoundead – Jam Session 2.0 (feat. Esna & Herbal T) (5:28)
6. Alpha MC – Loving Life (3:05)
7. Dumbfoundead – Rapper-O’s (3:17)
8. Swim Team – West Indies (2:34)
9. Alpha MC – Smilin Faces (3:07)
10. Sahtyre & DJ Zo – Hard Freestyle (2:19)
11. Dumbfoundead – Cockblockers (3:42)
12. Open Mike Eagle – Combustible Party Truck (feat. Rift Napalm, Rogue Venom & NoCanDo) (4:13)
13. Sahtyre – Move (feat. Swim Team) (5:45)
14. Sahtyre – Liquified Dopeness (2:39)
15. Thirsty Fish – Fall Apart (feat. Aceyalone) (4:20)
16. VerBS – Check 1,2 (3:42)
17. Sahtyre & DJ Zo – Chinatown Wars Freestyle (1:57)
18. Thirsty Fish – Fat Kid (3:01)
19. Sahtyre & DJ Zo – Prom Queen (3:27)
20. Alpha MC – Digitize Me (3:13)
21. Dumbfoundead & 8-Bit Bandit – Three Pipes Down (feat. Psychosiz) (2:05)
22. Intuition & VerBS – Touch The Moon (2:57)

Don’t mess with the Swim Team!!!

Mes trésors enfouis…

18 février 2010 15 commentaires

Il y a quelques temps, je me suis penché sur mon adolescence et le rap français que j’écoutais à l’époque. Si aujourd’hui j’ai un peu de mal à me replonger dans l’état d’esprit qui m’avait fait commencer Enfile Ton Starter et qu’il reste au point mort, je me replonge parfois mes archives.  Et je me rends compte qu’il y a des morceaux assez méconnus des auditeurs de rap français qui me font encore bien plaisir alors je fais tourner ! Du relativement peu connu et du gouffre, de 1996 à 2008…

1. Busta Flex – Aïe Aïe Aïe (3:27)
[Busta Flex – Kick Avec Mes Nike (Maxi), 1996]

Le premier maxi de Flex Baba, à l’époque chez La Sauce Prod. (jusqu’à ce que ça barde un 20 mars 1997) était attendu comme le loup blanc par tous ceux qui avaient kiffé Original Blue Fonk (le groupe qu’il formait avec son frère Jimmy Hilife) et ses couplets sur l’album de Lone. Si « Kick Avec Mes Nike » a traversé les années grâce à sa présence sur le premier solo de Busta, le reste du 4 titres est resté plus confidentiel, à l’instar de ce « Aïe Aïe Aïe » bon enfant pour lequel j’ai toujours eu une petite tendresse, surement à cause du clin d’oeil aux Fugees et aux blousons Helly Hansen.

2. Papifrédo – Lève Le Bras En L’air (feat. J’L’Tismé) (2:59)
[Papifrédo – Gaze Mon Petit, 1996]

Sacré gaillard que le Frédo quand même. Son caractère sans concession (Jean-Louis Foulquier en a gentiment fait les frais) aura surement nuit à sa carrière mais c’est aussi pour ça qu’on l’aime. En voilà un qui aurait mérité d’avoir un titre dans le top 100 de l’abcdr, « Des Sapes Plus Reuch » étant un véritable classique underground. « Lève Le Bras En L’air » sert à introduire « Gaze Mon Petit« , imposant immédiatement la personnalité hors norme de Papifrédo : un vrai énervé qui ne mâche pas ses mots armé d’un flow dont pas mal devraient prendre de la graine encore aujourd’hui…

3. Sens Unik – Barbarian (feat. Osez) (4:11)
[Sens Unik – Tribulations, 1996]

Je n’ai jamais été fan du rap des old timers lausannois de Sens Unik. C’était souvent affreusement daté et les voix étaient poussives mais parmi leur entourage proche il y avait Osez. Avec sa voix haut perchée, ses accélérations et sa musicalité, il éclipsait systématiquement ses compatriotes et arrivait à tenir la dragée haute à une équipe de All Stars patentée. Des rumeurs d’album solo ont circulé mais rien qui me soit finalement arrivé jusqu’aux oreilles. En tout cas, je soupçonne DJ Enuff d’avoir choisi « Barbarian » pour sa compile « My Definition Of Hip Hop Vol.1 » juste pour lui.

4. Vecteur – Qui Suis-Je ? (3:48)
[VA – Département E Posse, 1996]

Avant Mafia Trece, il y eut le Département E Posse. Créé à l’initiative de Don Jo (qui rappe sous le pseudo de Révolution sur la compile), l’album réunissait déjà des rappeurs du XIIIème arrondissement parisien dont la plupart n’auront brillé que le temps du disque. Si pour la plupart, je n’ai pas nourri de regrets éternels, j’ai toujours espéré que Vecteur (aka le Galsen) fasse quelque chose, malheureusement en vain. J’ai depuis appris qu’il avait passé un moment à l’ombre mais que son retour était imminent auprès du Southcide 13 (auteur d’un excellent album produit par Aelpéacha en 2008). A suivre donc…

5. Dezé – Jeu D’enfant (5:12)
[VA – Opération : Coup De Poing, 1997]

Sur la mixtape « Opération : Coup 2 Poing » (classique parmi les classiques), la plupart des gens ont surtout retenu à juste titre les apparitions de la Mafia K’1 Fry, de Time Bomb (bordel, ce « Esprit Mafieux« ) ou la première version de « Sans Rémission » de la Fonky Family. Bizarrement, même si j’ai aussi adoré les grosses machines, ce sont des titres un peu OVNI qui m’ont fait le plus user la touche retour rapide de mon walkman. Presque 15 ans après, le flow de Dezé sur « Jeu d’enfant » continue à me traumatiser. « Blaireau, si tu tournes le dos au vent, tu l’as dans le cul« .

6. Les Refrés – L’Or Noir (4:32)
[Les Refrés – Encore Plus Que Vrais, 1997]

Quand Cathasis et Dreyf avaient le projet de se lancer dans un projet autour de samples d’Aznavour, j’ai immédiatement pensé à « L’Or Noir » de Metek et son sample de « Qui ?« . Samplé et resamplé (notamment par Les Débutants), ce classique du petit Arménien est devenu indissociable du swing étrange de Metek et du refrain qui a squatté mon cerveau malade pendant des heures et des heures.

7. Busta Flex – Majeur (Live @ Lorient) (3:43)
[1999]

Présent sur le premier album de Busta Flex produit par Kool Shen, « Majeur » durait à peine plus de 2 minutes, comme si Flex n’avait pas su aller au bout de son ambition. En 1999, alors qu’il ouvre la tournée de NTM (backé par Sully Séfil), Planète Rap diffuse en direct 4 titres de son show face à un public breton visiblement venu pour voir le duo dyonisien. Outre les classiques « La Ruée Vers Le Roro » (« A comme habile » yeah !), « J’fais Mon Job A Plein Temps » et « Pourquoi« , Busta se lance dans « Majeur« … version longue. Alors oui, c’est naïf mais ça me fait plaisir qu’il ait réussi à le terminer ce titre.

8. Fréko – Homme de Néandertal (1:07)
[VA – Pray’One & Saphyr présentent MCs En Faktion, 1999]

A l’époque, ATK perdait du poids comme un touriste chez Center Farc : Tacteel avait déjà pris ses distances, Fréko tentait l’aventure en solo bientôt suivi par Antilop… Grand habitué des mixtapes, le mangeur de pierres a toujours eu tendance à recycler ses couplets d’une cassette à l’autre. Cette fois c’est un couplet d’un morceau mort-né de Légadulabo qui est remis au goût du jour, annonçant l’évolution du MC du 91 vers un univers autrement plus dur que la naïveté touchante entendue sur « Heptagone« . « Dans le parc, ça sent la blanche, c’est le QG des toxicos / les enfants crachent du sang jusqu’au pied du tobogan« , charmant.

9. Pyroman & Neda – L’étau (Remix) (feat. Rockin’ Squat) (3:53)
[Pyroman & Neda – L’étau (Maxi), 1999]

J’ai eu ma grosse période casse-couille « nan-mais-man-le-rap-c’est-une-musique-engagée » (mais tu vas fermer ta gueule oui ?) où je traquais la moindre sortie Assassin Productions. Même si aujourd’hui j’ai du mal à réécouter un album de Rockin’ Squat, son label m’aura au moins permis de connaitre La Caution… et Pyroman. Bon ok, en réécoutant ce remix de « Prisonnier De L’étau« , je me rends compte que le morceau est beaucoup moins bon que dans mon souvenir. Mais je garde une petite tendresse pour cette prod à l’ancienne et pour l’envie de bouffer le mic de Pyro.

10. TTC & Légadulabo – Onpeupadir… (Original) (3:38)
[VA – Section Est, 1999]

On dit souvent que les entourages font ou défont les carrières. Pour ce qui est de « Section Est« , les divergences entre Rost (instigateur du projet) et Lynx (manager du Barillet et de Légadulabo) causeront l’absence de Loko, Méka et Fréko sur le disque. Sur « Onpeupadir…« , Fréko sera finalement remplacé par Hi-Tekk de la Caution, forcément un peu parachuté au milieu du délire de Tido, Cyan, Cuizi, Yemcha (un des nombreux talents gâchés du rap français) et Tekilatex. Un peu anachronique sur le disque, la prod de Mr. Flash donne la possibilité aux rookies de TTC de se faire la main et d’imposer leur style si particulier. Et Teki qui fait du rap conscient, ça vaut son pesant de cacahuètes.

11. 2K Bateau D’Pirates – Pas D’I Love You (3:33)
[VA – Cypha Prayer Crew présente Psycko Headz, 2000]

Mes années de chroniqueur sur mix-tape.com, la cave d’Ekivok, les discussions avec Jegeor et des dizaines d’heures de freestyles horribles sur cassette au son dégueulasse. Chroniqueur de mixtapes au début des années 2000, c’est un peu comme avoir envie de se faire attacher sur une croix dans un donjon, un truc de masochiste. Mais de temps en temps, on ne sait pas trop pourquoi, on assiste à de petits moments de grâce qui font oublier un peu le vomis auditif qu’on a ingurgité pendant des mois. Sortis de nulle part, le duo 2K proche de Pray’One m’avait littéralement scotché avec « Pas d’I Love You« , sa noirceur, son réalisme et sa simplicité. Longtemps, je me suis dit que j’aurais aimé avoir écrit le dernier couplet, avec les années je le trouve peut être un peu moins fort mais toujours aussi réaliste. Le groupe quant à lui a fait quelques autres apparitions sur cassette et devait sortir un album (j’attends toujours qu’il me l’envoie) mais sans jamais atteindre la qualité de ce titre.

12. Fredy Khttp://www.LHF (4:08)
[VA – Béton Armé, 2000]

J’ai rencontré Fredy K une seule fois, un jour de fête de la musique (celle évoquée par Cyan sur l’album de l’Atelier). Petit bonhomme, grand cœur. A l’époque, l’aventure ATK était en stand by et il avait formé LHF avec Naya H et L’D.Kick. Annonciateur de la formation, ce freestyle produit par son frangin, (Kesdo des Refrés) sur la mixtape « Béton Armé« . Ayant usé le morceau jusqu’à la corde, j’étais tout content de le féliciter… sauf que Fredy n’en était pas content du tout. J’ai beau savoir ça, j’arrive pas à le trouver mauvais… « Groooooooooooooos comme Babaaaaaaaaar !« . Repose en paix Fredy.

13. Donkishot – Freestyle Fantôme (feat. Octobre Rouge) (3:20)
[Donkishot – Restauration Rapide (Version CD), 2001 – jamais sorti]

Découvert en freestyle à Grekfrite (l’émission animée par Tekilatex sur Internet au début des années 2000) alors qu’il accompagnait Octobre Rouge, Donkishot m’avait plutôt impressionné. Une voix profonde, des images marquantes, un flow inédit, qualités bientôt confirmées par son premier maxi. Une version CD devait sortir, augmentée de ce duo avec OR mais les finances de Colekt’Or étant trop justes à l’époque, le projet avait été abandonné. Quelques années plus tard, Donki avait fini par partager ce freestyle fantôme sur son site, finissant de renier cette époque et les gens qui lui avaient permis d’avancer. Chacun sa route, chacun son chemin…

14. Dyslexie – Retenus Au Sol (4:36)
[Dyslexie – Retenus Au Sol, 2001]

Quatuor parisien proche de Néochrome et de Tido de TTC, Syclone, Twoma, Crapulomic et C.Kel sont arrivés au mauvais moment. L’indé galérait pour trouver des distribs, les autoprods étaient refusées par les FNAC et quand en plus on est une bande de joyeux branleurs, ça ne facilite pas la vie. C’est bien dommage parce que ces 4 là n’étaient pas manchots et leur maxi carrément solide. J’ai longtemps attendu un projet de Syclone (il commence son couplet à 1’24 pour situer) mais entre ses problèmes de label et ses séjours en hôpital psychiatrique, la route fut longue. Il me reste plus qu’à écouter ce que ça donne presque 10 ans après.

15. Énergumènes – Pass Pass (Maquette) (4:00)
[Energumènes – De Bouche A Oreille, 2001]

La famille t’as vu. Après quelques mixtapes (dont « Hétéroclick » dont ils ont été les instigateurs) et que Defro soit parti vers d’autres horizons, Kaïl et Men6P tentent l’aventure du maxi dans une période où le format (qui plus est en CD) est maudit. Après un maxi à 3 mort-né suite à des divergences avec le proprio du studio, on repart à zéro, vaguement aidé par votre serviteur au management. Même si le disque a fait un four, la motivation manquant, on se sera quand même bien marré, entre nuits blanches dans Paris, sessions studio et vannages des heures durant. Bêtes de souvenirs les gars, je persiste à penser qu’il y avait de bons morceaux sur ce maxi même si la maquette de « Pass Pass » pète 10 fois plus que la version disque (Kaïl, talent gâché).
Aujourd’hui Men6P pouponne, Kaïl aussi mais continue dans la musique avec M.Rod (ex-Defro) :

16. Grain d’Caf – Freestyle (1:59)
[VA – DJ Poska #46, 2001]

On va pas épiloguer 107 ans : Grain d’Caf x Adam F x M.O.P = boucherie.

17. Sil Doper – Freestyle (3:46) – 2001
Le gouffre total. Le témoignage d’une soirée arrosée et enfumée entre deux taggers parisiens, freestyle produit par Sil et qui restera a priori comme la seule trace du duo qui était voué à ne pas durer. L’immortalisation d’une fulgurance, les élucubrations abstraites de deux presque inconnus (l’un d’entre eux a en fait fait carrière dans la photo). Doper ouvre le bal, funambule alcoolisé à la limite de la chute avant que Sil n’enfonce le clou sur la 2ème partie du titre. C’est peu de dire que son couplet m’a traumatisé, je l’ai écouté des dizaines de fois, hypnotisé par le swing bancal et mystique de cet inconnu qui n’aura vraisemblablement jamais l’occasion de me décevoir.

18. Odji Ramirez – Nique La Bac (4:07)
[VA – Police 2, 2002]

Après avoir commencé dans le rap au sein d’ATK (« Zak » a en effet d’ailleurs failli être le 3ème de Légadulabo), Odji Ramirez a retenté une percée sous l’étendard gangsta rap au début des années 2000. Membre du Réservoir Dogues (et donc de CSRD), il sortira un maxi « Odjiland 2 » dont est issu « Hors La Loi » ici remixé sous le nom de « Nique La Bac« . Sirènes agressives et survitaminées, flow nerveux et affuté, défouloir total et bas du front, le morceau reste une des plus belles réussites de la scène Bandana Music et compagnie.

19. La Fouine – Freestyle Max de 109 @ Skyrock (2:22)

On a souvent tendance à l’oublier mais La Fouine c’est pas seulement des morceaux au vocoder et des gimmicks pas toujours inspirés (oui je suis déçu par le dernier album), c’est surtout un mec qui aime le rap, qui aime kicker et qui le fait bien quand il se sort les doigts du cul. Quand on écoute sa prestation lors des qualifications pour la compilation Max de 109, il n’y a même pas besoin d’écouter les autres pour savoir que le mec est au-dessus du lot (et ce ne sont pas les carrières des autres lauréats qui me feront mentir) : un sens du refrain, une présence, une personnalité, une aisance assez hors du commun et surtout, un plaisir ultra communicatif au micro. C’est ça, la la la la Fouine.

20. Syntax & DJ Godzy – Tangi Undercover (3:34)
[Syntax & DJ Godzy – Gens Du Voyage, 2005]

Découvert grâce à « L’alternative » sur M6 il y a quelques années, le duo gitan avait retenu mon attention : de la musique traditionnelle tzigane, la grosse voix énervée de Syntax, une douce mélancolie pour parler des siens, les gens du voyage. Surprenant, surtout qu’à l’époque, Seth Gueko n’avait pas encore imposé son délire gitan au rap français. Ici, on ne joue pas, ça sent la caravane, les feux de camp et les années d’ostracisation. Sortez vos dicos français/manouche, on part en virée avec le tanj’ à la tête d’ange… L’album est d’ailleurs vraiment réussi, si quelqu’un sait où se le procurer, qu’il n’hésite pas à me filer l’info !

21. KazaK – Jus’ka (4:01)
[VA – @stronet Radio, 2006]

Les Français qui se sont essayés au crunk depuis quelques années sont légion mais peu sont ceux qui ont su saisir l’essence même de la musique originaire d’Atlanta. Originaires de Sartrouville (S-Town pour les intimes), Tempus Boy et Vyb’s Ô Mic se sont faits plaisir en posant sur l’énormissime « Knuck If You Buck » de Crime Mob : crétin, simple, efficace et bien rappé. Que demande le peuple ?

22. Desty Corleone – Gangsta Shit (3:45)

Cocaïno-rap musique comme dirait le roi. De l’ignorant rap dans toute sa splendeur, ambiance sudiste qui fronce les sourcils avant de replonger le nez dans la farine. Parental Advisory mon cul sur la commode machin truc, juste un défouloir gratuit et vulgaire. Et quand c’est bien rappé, ça passe tout de suite mieux.

23. Oxmo Puccino – Hé Ouais (Chet Remix)

Single qui scellait la réconciliation entre Ox’ et DJ Cream, « Hé Ouais » dans sa version originale n’a jamais réussi à me convaincre totalement, la faute à une prod peu inspirée. Au hasard de mes pérégrinations sur MySpace, je suis tombé sur ce remix de Chet qui a la bonne idée d’aller taper dans la musique orientale. Les arpèges de cordes donnent au morceau une mystérieuse saveur mélancolique qui ne vautre pas pour autant dans l’auto-apitoiement ou la mièvrerie. Du coup, un de mes morceaux préférés d’Oxmo malgré ses nombreuses imperfections.

24. Mafia Canine, Lil Thug & Seno – Nouvelle École
[Mafia Canine – Dead Or Alive, 2008]

Pour finir, les plus jeunes et les seuls provinciaux de cette sélection (et c’est là que je me rends compte que j’aurais du mettre « Le Règne Du Rap » de Philémon), la Mafia Canine (Dogg Soso, Doggy G, Marco et NX) originaire de la région de Rouen accompagnée par Lil’ Thug (et son paternel au refrain, big up Seno mon pote). Si aucun ne démérite sur ce petit bijou de prod (Dogg Master), surtout quand on se rappelle que Lil Thug et Marco ne devaient pas avoir avoir passé les 15 ans au moment de l’enregistrement mais si je ne devais en garder qu’un, c’est à NX que reviendrait le rôle d’Highlander. Sans pour autant négliger le fond (une marque de fabrique chez l’animal), il conclut le morceau sur une accélération dévastatrice en jouant avec le timbre de sa voix, du beau boulot !

Forcément, je termine ce laïus vraiment trop long en me disant que j’en ai oublié plein et qu’il y a des titres que je serai surement le seul à kiffer… Tant pis, tant mieux, on verra si je fais une suite.

Télécharger la compile

Dumbfoundead & 8-Bit Bandit – Super Barrio Bros. (2007)

16 février 2010 2 commentaires

Dumbfoundead & 8-Bit Bandit « Super Barrio Bros. » (2007)
CD-R

1. Intro (3:08)
2. Mash and Smash (2:34)
3. Bosses (feat. Alpha MC & Open-Mike Eagle) (4:01)
4. Bad Villain (3:27)
5. Three Pipes Down (feat. Psykosiz) (2:20)
6. Song of Time Instrumental (4:05)
7. Strategy Guide (feat. Sahtyre, Psydewaze & NoCanDo) (3:49)
8. System (feat. DJ Dstrukt) (1:43)
9. Snoochie Instrumental (1:52)
10. Game Over (3:20)
11. Outro Instrumental (3:44)
12. Next Level (feat. Lyraflip, N/A & EMS) (4:08)
13. Shit Talkers (feat. Thirsty Fish) (4:34)
14. Glitch Ghost (feat. Abstract Rude) (3:50)

De par le style des rappeurs qu’il a drainé depuis sa création, le Project Blowed a toujours plus ou moins eu une image de rap pour backpackers, pour petits blancs ou pour grown ups qui trouvaient dans les disques d’Abstract Rude, Freestyle Fellowship et consorts le fond qui leur manquait dans le gangsta rap. Et pour les artistes en herbe, l’îlot de paix de Leimert Park (réputé pour ses clubs de jazz) était l’endroit rêvé pour confronter leurs expérimentations à un public sans pitié. Tu es un nerd dans ton bahut et les jocks te mènent la vie dure ? Tu peux devenir un héros au Blowed si tu sais rapper et encore plus si tu sais clasher.
C’est d’ailleurs comme ça que Jonathan « Dumbfoundead » Park a commencé sa carrière. Déscolarisé après le 10th grade (l’équivalant de notre seconde), Dumb s’est lancé à corps perdu dans le rap, multipliant les battles, imposant sa nonchalance et son air goguenard straight outta Korean Town. Un branleur jovial a l’humour potache, entre frat boy alcoolo et geek obsédé qui trouve en la personne de 8-Bit Bandit (obscur producteur californien adepte des sons façon NES de notre enfance) un partenaire de jeu à la hauteur de sa désinvolture.

L’exercice de produire à partir de jeux vidéo a déjà été tenté par d’autres et une fois passée l’effet nostalgique « rooooh bordel, c’est un sample de Mario », on range le disque dans un coin et on ne le ressort que pour faire marrer les copains qui ne sont pas branchés rap. Difficile donc de dépasser l’aspect OVNI pour imposer de réelles qualités artistiques.

Au 8-Bit Bandit donc de devenir le Luigi d’un Dumbfoundead sautillant comme un plombier italien sous champi. Le tiers de Thirsty Fish est impeccable du premier tuyau à la dernière warp zone, distillant son humour, son arrogance enjouée et ses qualités techniques sur les 10 titres rappés de l’album. Agé de seulement 21 ans au moment de la sortie de ce « Super Barrio Bros.« , DFD a déjà intégré la technique de ses ainés du Project Blowed : on retrouve une folie cartoonesque qui n’est pas sans rappeler les débuts de Busdriver (époque « Memoirs Of The Elephant Man« ) comme sur le très bon « Mash And Smash » ou l’école CVE/Hip Hop Kclan sur le nerveux « Bosses« .
Là où le bas blesse, c’est au niveau des prods. Les morceaux instrumentaux sont rarement passionnants (si on fait exception de l’intro, oppressante et efficace), 8-Bit Bandit se contentant d’habiller légèrement des samples tirés de la machine grise et anguleuse de Nintendo. L’exercice, parfois très réussi (comme le hit de l’album « Three Pipes Down » avec Psykosiz, character designer dans le jeu-vidéo dans le civil) peut s’avérer assez pénible quand les nappes se superposent dans une cacophonie cheap (« Strategy Guide » pourtant très bien rappé) ou que la répétition se fait sentir (« Next Level » et « Glitch Ghost » ; « Bosses » et « Bad Villain« ).

Alors effectivement, le projet n’évite pas l’écueil le plus évident, son atout charme étant également son principal défaut : les prods de 8-Bit Bandit auront vite tendance à taper sur le système. En revanche, il serait vraiment dommage de passer à coté de la prestation de Dumbfoudead qui, la même année, faisait des étincelles au sein de Grindtime, la ligue de battle américaine.
Malgré son jeune âge, l’homme aux tentacules impressionne. Décontracté, décomplexé (comme en témoigne le cyber-stupid-punk « System« ), Dumbfoundead sort l’artillerie lourde, un power flower qui crache des boules de feu, techniquement irréprochable et déjà ultra-complet. Un premier effort solo prometteur et annonciateur d’une suite des plus enthousiasmantes. Where’s the LA underground? It’s 3 pipes down!

Télécharger « Super Barrio Bros. »


Liens utiles :

– Dumbfoundead sur le net : site officiel, MySpace, Twitter, FaceBook, YouTube
– 8-Bit Bandit : site officiel, MySpace, FaceBook

Braquo : Canal+ confirme, Marchal se répète

15 octobre 2009 3 commentaires

braquo

On le sait, la France est une handicapée de la série télé. Elle a su développer son « exception culturelle » à coups de sagas de l’été (« Puissaaaaaaaaaaaance et gloiiiiiiiiiiiiiire« , toujours un plaisir mon cher Herbert), de sitcoms abêtissantes (Jean-Luc Azoulay/Jean-François Porry enfoiré), de séries policières à la papa (Navarro, Julie « Mais ferme bien ta gueule » Lescaut…) et d’adaptations pathétiques (essayer de concurrencer CSI avec RIS, c’est comme tenter le 110 mètres haies en fauteuil roulant). Des formats qui plaisent encore à la sacro-sainte ménagère de moins de 50 ans (désolé m’man, tu les intéresses plus) mais que les autres ont de plus en plus de mal à suivre, élevés en plein air et au bon grain à grands coups de productions américaines autrement plus riches.

4844-braquo-serie-evenement-canal-plus-webMais y a du pognon à se faire avec les séries. Que ce soit TF1 (RIS & co), le service public (« Sur le fil« ), M6 (« Les bleus« ) ou Canal+ (« Scalp« , « La Commune« , « Mafiosa« …), toutes les grandes chaines ont créé leur pôle fiction et tente de tirer leur épingle du jeu. Personnellement, j’appréciais plutôt « P.J. » sur France 2, petite série sans prétention (148 épisodes quand même) qui avait compris que jouer la carte du réalisme et de la proximité était une bonne idée mais tout ça manquait un peu d’envergure.
Comme d’hab, c’est de la chaîne cryptée qu’est venu le salut. Canal+ a une tradition d’avant-gardisme (en reprenant les formats américains certes), de l’argent et des gens qui osent dans ses rangs. Peu étonnant donc de voir depuis quelques années apparaitre à intervalle régulier des créations originales qui, si elles ne sont pas forcément totalement abouties (il manquait à  « La commune » un petit quelque chose en cohérence, « Doom Doom » aurait mérité de durer beaucoup plus longtemps et « Scalp » souffrait peut être d’un casting un peu bancal) avaient le mérite d’essayer des choses et d’avoir de l’ambition.

« Braquo » est donc la dernière création originale de la 4ème chaine et a connu un parcours un peu chaotique. Olivier Marchal (ancien flic aujourd’hui acteur, scénariste et réalisateur – « 36 quai des orfèvres« , « MR73« ) avait proposé une première série à Canal qui finalement l’avait laissée filer sur TF1, cette dernière la délestant de toute sa substance en tentant de l’adapter pour la ménagère. « Flics » a donc débarqué à l’automne 2008 sur la chaine qui rend con après que Marchal s’en est désengagé et annoncé qu’il bossait sur une nouvelle création destinée à Canal.

L’ancien flic a trouvé une formule efficace pour faire son trou dans le cinéma français : un retour au film noir (malheureusement délaissé depuis les années 80), des histoires inspirées de faits réels, une violence froide et toujours des flics qui naviguent à la limite de la légalité. Pas de surprise avec Braquo qu’il a co-écrit avec son complice Frédéric Schoendoerffer (« MR73« , « Truands » – Caubère gueulant « on me beurre pas la raie » reste un de mes plus beaux fous rires au cinéma -, « Agents Secrets« , « Scènes de Crime« ), le duo a appliqué la recette à la lettre.

nicolas-duvauchelle-20070929-318137C’est d’ailleurs à la fois la force et la faiblesse de Braquo. Pour peu qu’on ait suivi un peu les films dans lesquels Marchal est intervenu, on sait ce à quoi on va avoir droit : une équipe de flic de terrain, habituée à frayer avec la voyoucratie à tel point qu’elle en a adopté les façons d’opérer, un officier au bout du rouleau, une hiérarchie couarde et consommatrice de bouc émissaire, des flics très humains, de l’alcool, du sexe et de la violence. Un petit gout de déjà vu donc mais au moins, cette fois, Marchal a réuni une nouvelle équipe (pas que son équipe « habituelle » soit déméritante, au contraire mais un peu de fraîcheur ne fait pas de mal) à qui il a, il faut bien le reconnaitre, distribué le même type de personnages que dans « MR73 » ou « 36 ».
KaroleRocher05_09Bon casting d’ailleurs ! Nicolas Duvauchelle en tête brûlée complètement camée a tout pour s’épanouir dans le genre, Karole Rocher et sa beauté torturée a totalement sa place dans cette équipe de mâles rugueux et Joseph Malerba et ses airs de Michael Chiklis a l’air d’être né pour ça. Quant à Jean-Hugues Anglade (pour qui c’est la première incursion dans un tel registre), après deux épisodes, il lui reste à finir de convaincre. Physiquement, il est au top : barbu, cerné, éteint, il campe a priori un bon chef d’équipe. C’est quand il prend la parole que la crédibilité de son personnage en prend un coup. On retrouve malheureusement encore trop le grand sensible qu’on a l’habitude de le voir jouer, il manque de cynisme, de violence, de cicatrices laissées par la réalité du terrain. Un léger bémol de ce coté là donc mais rien qui n’entache la qualité globale de ce qui promet d’être une très bonne série.

joseph malerbaOlivier Marchal le rappelait lundi dernier dans « Le Grand Journal » sur Canal+ : on loue la qualité de son cinéma pour son réalisme mais son premier souci en tant que scénariste et réalisateur, c’est le spectacle. En cela, il a été bien inspiré de piocher quelques références outre-Atlantique, du coté des furieux de The Shield. Comme la Strike Team de Vic McKey, l’équipe d’Eddy Kaplan (J-H Anglade) est adepte des opérations musclées, du chantage, de l’intimidation, de la cagoule et des gants. Et comme la Strike Team, ils sont prêts à tout pour se protéger les uns les autres, parfois contre eux-mêmes. D’ailleurs, on ne m’enlèvera pas de l’idée que Walter (joué par Joseph Malerba) a en grande partie été inspiré par Vic : trapu, chauve, l’air peu commode, il s’avère être un père de famille attentionné qui doit composer avec la maladie de sa femme (le coup des mômes autistes, ça aurait fait trop), ce qui l’enfonce peu à peu plus profondément dans la merde.

Dans les deux premiers épisodes diffusés (« Max » et « La ligne jaune« ), l’action se concentre quasi-exclusivement autour des problèmes internes de l’équipe et même si on croise quelques truands (« vrais » voyous ou en cols blancs), ils ne sont qu’un accessoire. C’est là qu’un deuxième bémol se profile : il manque à l’histoire de Braquo (jusqu’ici) une autre dimension, plus sale, plus dure, celle des voyous auxquels ils vont bientôt se substituer. Attendons de voir ce que la suite nous réserve…

Enfin, on peut s’interroger sur l’image que Marchal veut donner à ses anti-héros. Super flics abimés par le boulot et le manque de confiance de la hiérarchie ? Fonctionnaires qui abusent de leur autorité ? On a comme souvent l’impression qu’il excuse les débordements de ses anciens collègues, comme si c’était « pas vraiment leur faute ». La fin justifie-t-elle les moyens, peut-on tout faire par amitié ? Avec en plus un petit coté poujadiste concernant l’IGS et la hiérarchie en général. De la vraie série noire, pas moralisatrice (encore heureux) mais peut être un peu complaisante jusqu’ici.

En tout cas, Braquo démarre bien et met en place dans ses deux premiers épisodes un paquet d’éléments explosifs qui promet un joyeux bordel. Bien joué, avec du caractère et un parti pris ambitieux, la série d’Olivier Marchal qui doit sortir en DVD dès début novembre devrait faire le même « carton » que ses films. A juste titre.