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Cinéma cinéma… tchi tcha #02

notorious-movie-poster1Notorious (2009) de George Tillman Jr.

Je le confesse,je n’ai jamais écouté Biggie en boucle, tout juste connaissais-je ses plus gros hits (écoutés à fond en dansant sur le toit d’un Chrysler Voyager dans une petite ville du Midwest à la sortie de « Ready To Die »), le gros de la guerre East/West et ses embrouilles avec 2Pac. Je n’ai jamais idolâtré Christopher Wallace, étant tombé réellement dans le rap avec le « Doggystyle » de Snoop Doggy Dogg, j’avais choisi « mon camp ». Et j’ai jamais pu piffrer Sean Combs (il m’a fatigué avec ses pseudos tous plus ridicules les uns que les autres), son arrogance, son inutilité constante sur tous les morceaux sur lesquels il a posé, sa vaine tentative de devenir classe…
Du coup, j’ai maté « Notorious » avec des yeux presque neufs et la circonspection préalable à tout biopic, qui plus est à propos d’un rappeur. Le film produit par Diddy et Mme. Wallace (qui se sont d’ailleurs mis bien au casting, i feel ya Puffy, you look better in the movie than you ever did) est évidemment bourré de défauts : l’histoire est édulcorée (exit les partouzes, les coups de pression, la came) pour faire de Biggie Smalls un gros pépère sympathique, pas toujours très fiable mais avec un bon fond. Très hollywoodien donc, avec une fin tragique au moment où il amorçait sa rédemption (et d’après un collègue fan du bonhomme, il semblerait – les effets de larmoyants en moins – que ce soit assez proche du changement qu’opérait le B.I.G.), laissant le rap new yorkais orphelin d’un de ses plus grands emcees.
L’autre et peut être principal reproche qu’on peut faire au film, c’est l’absence de la vraie voix de Biggie.  Certes Jamal Woolard (lui-même rappeur sous le pseudo de Gravy), dont c’est le premier film, est bluffant de mimétisme avec le gros de Bedstuy mais il n’arrive jamais à approcher ne serait-ce qu’un peu la puissance vocal de l’auteur de « Ready To Die » et ça manque cruellement.
Heureusement que Faith Evans (Antonique Smith) et Lil Kim (Naturi Naughton) sont à tomber par terre, parce que 2Pac aka Papa Doc de « 8 Mile » est ridicule et qu’il aurait été malin de choisir un autre acteur que Marc John Jefferies pour jouer Lil Cease (j’ai pas pu m’empêcher de penser à lui dans « Get Rich Or Die Tryin« ). Il y a aussi quelques effets de filtres sur certaines scènes plutôt bien trouvés et surtout, ça donne envie de se replonger la discographie du gros et de sa Queen Bitch. J’en garde une bonne impression.

postertaken2Taken (2008) de Pierre Morel

1, 2, 1 devinez qui revient… Je dois être maso (et encore, j’ai pas fini) mais encore un film EuropaCorp, sous l’insistance de mon coloc. Le film est réalisé par des Français mais a fait un carton aux USA, bénéfices rapportés record et tout le toutim. Ce genre de tour de force, ça rend curieux et j’espérais quelque chose d’un peu plus consistant qu’une énième déclinaison du « Transporteur ».
Hé ben non, c’est exactement ce qu’on pouvait craindre, un one man army (le pauvre Liam Neeson complètement transparent) décide de venir défoncer tout seul un réseau de prostitution qui sévit à Paris et qui a kidnappé sa fille. Ridicule et toujours un peu dangereux cette démonstration de « je fais justice moi-même » (surtout sans conséquences), « Taken » est un pur produit EuropaCorp dans tout ce qu’il y a de plus péjoratif (mais il est vrai que les scènes d’action rendent bien).

18987270Coluche, l’histoire d’un mec (2008) d’Antoine Decaunes

L’exercice était excessivement casse-gueule et pourtant De Caunes s’en est globalement pas mal sorti. Déjà, très bon choix d’acteur pour jouer Coluche, FX Demaison a vraiment bossé comme un malade pour arriver à rentrer dans la peau de l’humoriste, trouver son parler, son rythme, ses mimiques, ses tics… D’ailleurs, c’est la première réflexion qu’on se fait : woah impressionnant son travail mais du coup, on espère qu’il sera suffisamment poussé à bout pour qu’on oublie qu’il joue et qu’il soit vraiment Coluche. S’il n’y avait cette ressemblance dans les yeux et le nez avec Michael Youn (je vous assure, c’est frappant) qui nous faisait remonter à la surface de temps en temps, on se laisserait totalement mener.
Donc globalement, pour un biopic, c’est pas mal foutu. Bonne reconstitution de la France de la fin des 70’s, de l’émulation générée par Coluche, des scènes fortes, d’autres drôles et évidemment les textes de l’Enfoiré en chef qui continuent à être toujours efficaces.

Ceci étant dit, il plane sur le film une sorte de voile pudique, presque angélique. De Caunes a protégé l’image du gros en salopette en édulcorant son gout pour les femmes (et son dégout), la drogue et en taisant les rumeurs sur sa bisexualité. Ses coups de gueule doivent être bien sages comparés aux vrais. Autre petit souci, à part pour le professeur Choron (dont le sosie est bluffant), les autres personnages historiques sont rarement clairement introduits (si ce n’est Attali et à la rigueur Reiser, joué par Alexandre Astier). C’est là pour moi la grosse faiblesse du film : on est dans le contexte et pourtant, il manque les éléments concrets du réel pour faire le lien, surtout quand comme moi on a connu les 80’s en pyjama.

Bonne impression globale donc mais et c’est également un autre défaut du film, il ne creuse pas vraiment le pourquoi du comment de la pression subie par Coluche dans les 80’s mais il aurait fallu partir dans un thriller politique où De Caunes aurait du choisir un parti pris difficile à assumer.

oss_117OSS 117, Le Caire nid d’espion (2006) de Michel Azanavicius

Je trouve Jean Dujardin plutôt sympa mais jusqu’ici ses tentatives sur grand écran ne m’avaient pas convaincues (et « Brice de Nice » était à peu près aussi drôle qu’un sketch d’Anne Roumanov), j’ai donc trainé les pieds pour regarder ce que la critique (qui avait aussi dit du bien de « Brice de Nice ») avait pourtant encensé. La sortie de la suite et les avis dithyrambiques qu’il a sucité m’ont poussé à sauter le pas. Je n’ai pas regretté, si ce n’est de ne pas avoir regardé « OSS117 » plus tôt !

Je me suis fendu la gueule du début à la fin. Jean Dujardin a vraiment une gueule de raie incroyable. Hubert Bonisseur de la Bath est un con, un con magnifique, quasi-inébranlable, raciste, ethno-centriste, méprisant, paternaliste et loser. Entre ses phrases choc débiles (« J’aime me battre », « J’aime me beurrer la biscotte »), les allusions à son homosexualité refoulée, son inculture totale, y a de quoi faire et on sent qu’il y a un ex-compagnon des Nuls derrière tout ça.
Niveau mise en scène, décors, grain de l’image, costume, intrigue, ressorts scénaristiques, l’hommage aux James Bond période Sean Connery est impeccable. Il y a du rythme, des dialogues efficaces et Dujardin assure malgré le fait que tout le poids du film soit sur ses épaules. Et puis Bérénice Béjo, si elle ne joue pas très bien, est vraiment sublime.

affiche-Les-Randonneurs-a-Saint-Tropez-2007-1 Les randonneurs à St Tropez (2008) de Philippe Harel

Onze ans après le premier volet qui avait rencontré un bon succès en salle, la bande des randonneurs (Karin Viard, Vincent Elbaz, Benoit Poelvoorde, Géraldine Pailhas…) est de retour pour de nouvelles aventures façon « Bronzés 3 ».
Ce n’est pas Jean-Claude Duss qui est apparemment devenu millionnaire mais Poelvoorde, toujours aussi lourd et médiocre. On ne sait pas trop ce qui est sensé nous intéresser : une ambiance qui mélange « Camping » et « Bronzés 3 », une alchimie totalement absente entre les amis de la bande, un scénario indigent… Le retour est comme prévu raté (pas que le premier volet ait été réussi).

gomez_vs_tavares,0Gomez VS Tavarès (2007) de Gilles Paquet-Brenner et Cyril Cebas

J’avais réussi à trouver quelques qualités au premier volet des aventures de Stomy Bugsy et Titof (pas le montage ni le jeu de Stomy en tout cas), surtout grâce à la présence de « Tonton », le très regretté Jean Yanne. Sauf qu’entre temps, Tonton est mort et dans le film, il a planqué son magot, ce qui attise la convoitise du petit magouilleur qu’est Titoff mais aussi celle de son acolyte, dans une mauvaise passe.
Je crois qu’on peut difficilement faire moins intéressant, moins drôle et moins rythmé. C’est nul de bout en bout, la faute à un casting qui ne tient pas la route une seconde, sauf peut être Titof qui gesticule convulsivement pour essayer de donner un peu de vie à ce navet.

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  1. Soundy
    26 juillet 2009 à 3:13

    Je suis allé voir le Notorious pendant la fête du cinéma et heureusement car même à 3 euros, c’est un peu cher payé… Pareil, je n’ai vraiment prêté attention à Biggie que bien après sa mort, pour les même raisons (puffy que je deteste au plus haut point, les combinaisons fluo de l’époque, « choisissage de camp » comme c’est dit dans le papier, etc). La déception fut assez grande, au moins autant que ce gars avait de talent. Il aurait mérité un traitement plus objectif et une meilleure réalisation. Bref décu par ce film, je ml’attendait à mieux, aucune réelle surprise, pas grand chose de nouveau à se mettre sous la dent, mais en même temps je ne savais pas que pouffy et sa mère avaient à voir la dedans, si j’avais su…

  2. 1 septembre 2009 à 5:02

    thanks a lot

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