Accueil > Concerts > José James et Terrence Blanchard à l’Espace Lumière d’Epinay (Banlieues Bleues, 09/04/09)

José James et Terrence Blanchard à l’Espace Lumière d’Epinay (Banlieues Bleues, 09/04/09)

Jeudi 9 avril, j’ai profité des Banlieues Bleues à l’Espace Lumière d’Epinay pour aller écouter José James et son band : Gideon Van Gelder au piano et au Rhodes, Neville Malcolm à la basse et Rich Spaven à la batterie.

Pour ceux qui ne connaitraient pas encore l’ami José, vous avez surement du entendre sa voix suave pendant les 30 secondes que durait la pub pour le café « Carte Noire » l’an dernier puisqu’elle reprenait « Desire » issu de son premier album :

jose-james

José James "The Dreamer" (2008)

J’en parlais dans l’émission #51 de l’Age Bête Ne Passera Pas en octobre dernier, « The Dreamer » est vraiment un album impeccable et remet au goût du jour un style de moins en moins répandu dans le jazz, les vocalistes mâles.

José partait avec un bon a priori : un camarade de forum (Christian, le monsieur que je voudrais devenir quand je serai grand), connaissant mon « fanatisme » pour Freestyle Fellowship et Myka 9, a porté à mes oreilles la reprise d’un de mes titres préférés du quatuor angelino :

Et il s’est avéré que l’album était vraiment très chaud, chaleureux, sensuel, délicat, plein de charme et apaisant. Il tourne toujours au moins une fois par semaine dans mes enceintes…

imgp3781

Photo : Lomi

Donc forcément, curiosité de découvrir José et ses potes sur scène. Ce sont d’abord les musiciens qui s’installent, demandant du calme au public en attendant l’arrivée frimeuse mais forcément très remarqué de l’hôte vocal de la soirée. Veste en cuir, chapeau, sourire charmeur, il n’aura pas fallu une seconde pour se mettre la salle dans la poche. Pas encore trentenaire mais déjà super pro… Et puis sa voix s’envole, chaude, suave, aérienne. Facile. Lui comme son pianiste (qui passe du piano à queue Yamaha à son Rhodes feutré visiblement sans bouder son plaisir) prennent un pied pas possible et le montrent alors que le batteur reste longtemps tête baissée, concentré avant de se détendre, rassuré par son solo. José parle au public, ponctue les performances de ses zikos de « whouuu » enthousiastes…

Les Banlieues Bleues étant sa première date de l’année, nous avons le privilège et le plaisir de découvrir les nouvelles compositions de son prochain album. Il a l’air de prendre un léger virage soul, dans le genre langoureux qui peut parfois frôler le kitch (son jeu de frime est irrésistible mais avec le recul, peut prêter à sourire) mais avec toujours la classe qui caractérise le fils spirituel de Myka 9 et Lando Calrissian.

Arrive en milieu de set LE morceau que j’attendais tant, ce fameux « Park Bench People »… Probablement réarrangé au fur et à mesure des prestations live, le titre écrit par Michael Troy prend une autre dimension. C’est d’ailleurs le tournant du show, José finit de se lâcher, se lance dans des scats effrenés qui poncturont la plupart des morceaux du reste du concert. Impressionnant de maitrise, de feeling et de présence…

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager ce moment de bonheur, filmé comme j’ai pu sur les chaises pliantes particulièrement inconfortables installées pour l’occasion (et pardonnez à mon voisin son accent pourri quand il gueule « yeah » ahah) :

envoyé par nicobax

Le reste de la soirée sera tenue par Terrence Blanchard (à la trompette), accompagné de Walter Smith III au saxo (un ancien élève à lui au Monk Institute), Fabian Almazan au piano (d’origine cubaine et âgé de seulement 25 ans, il détonne avec son look casual), Derrick Hodge à la contrebasse (le morceau qu’il a composé sera mon passage préféré du set, bien soutenu par les lumières de la salle) et Kendrick Scott à la batterie.

Photo Lomi

Photo : Lomi

Là, j’ai du faire un peu le tri. Après que Almazan, Hodge et Scott aient pris place, Blanchard et Smith font leur entrée, tous cuivres dehors, en force. Déstabilisant, voire même un peu agressif après le concentré de smooth auquel on avait eu droit jusqu’ici… Fort heureusement, dès le second morceau, introduit par son compositeur à la contrebasse, le rythme se ralentit, les décibels se font plus nuancées et la plénitude revient dans le public. Mon passage préféré du concert, tout en douceur et envoutement.

Après deux longs et intenses passages musicaux, Terrence Blanchard finit par s’approcher du micro et a entamé de prendre contact avec le public. Loin d’avoir le swag de José James, il finit rapidement par s’attirer la sympathie du public en multipliant les blagues à l’humour pince-sans-rire, un véritable sketch très sympa. Mais soudain, c’est le drame. Blanchard multiplie les séquences émotions et se vautre dans un pathos des plus américains : entre le morceau en hommage au pianiste qui les a quitté et les anecdotes sur ses proches survivant ou mourrant en aidant les victimes de Katrina, la voix tremblante et les yeux embués, le complice de Spike Lee (on le saura d’ailleurs) en fait des caisses. Je ne remets pas en cause sa sincérité, son show était de toute façon sous le thème du cyclone qui s’est abattu sur New Orleans (l’affiche annonçait « A Tale Of God’s Will : Requiem For Katrina« ) mais c’était too much for me. J’irais pas jusqu’à dire que c’était une rediffusion de « 7 à la maison » mais quand même… A vous gâcher la musique, ce qui heureusement et grâce à des musiciens talentueux et très généreux, n’a pas été le cas.

Après l’heure et demi du Dreamer, c’est au moins 2 heures du trompettiste de « Mo’ Better Blues » et de « When The Levee Broke » de Spike Lee, qui joue fort, se lançant dans des chorus jusqu’à s’en époumonner et couvrir la scène de salive. Chaque musicien a droit à son quart d’heure d’improvisation, du bonheur en barre à chaque fois (et vraiment impressionné par la maitrise du jeune Almazan et la transe de Scott sur ses futs).

A plus de minuit, après un rappel larmoyant, Terrence et ses musiciens nous libèrent enfin… J’ai beau avoir passé une excellente soirée, j’ai été content de pouvoir de dégourdir les jambes, la sciatique commençait à pointer le bout de son nez. Je suis rentré me coucher avec plein de musique et de belles images dans la tête, elles sont sympas ces banlieues bleues…

Publicités
  1. aircoba
    12 avril 2009 à 7:22

    Bien plaisant ce compte-rendu, ça me donne envie de réécouter « The Dreamer ». Par contre, je comprendrai jamais qu’on fasse asseoir les gens à un concert. Jazz ou pas, ça m’emmerde toujours profondément cette affaire.

  2. Proctologue
    13 avril 2009 à 2:22

    J’étais persuadé que tu l’avais déjà écoute « The Dreamer », franchement je pense que ça devrait bien te plaire ça, n’hésite pas.

  3. aircoba
    13 avril 2009 à 4:25

    Si si mais ça faisait longtemps que je l’avais pas fait tourner. D’où le « réécouter ». Tu te couches trop tard, ça te réussit pas.

  4. Lomi
    15 avril 2009 à 1:15

    « et pardonnez à mon voisin son accent pourri quand il gueule “yeah” ahah »

    enculé!!

    ‘m’en fous, il méritait son « YEAH » après cette performance, accent ou pas.

  1. No trackbacks yet.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :