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Au Nord, c’était les C(or)ons…

16 juillet 2008 3 commentaires

Il y a des choses que je ne m’explique pas. Comment un film aussi médiocre que “Bienvenue chez les Ch’tis” a-t-il bien pu attirer plus de 20 millions de personnes. Sans déconner… Nan mais sérieux, sans déconner. Qu’est-ce qui différencie BCLC (tiens aller hop, une abréviation parisienne pédante) d’un épisode quelconque de “Père et maire” sur TF1 ou de “Joséphine ange gardien” (encore qu’à coté de BCLC, Joséphine fait figure de film militant). Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil (alors que quand même, dans Joséphine, y a de sacrées ordures), retrouvons-nous tous sous l’arbre à bisous et chantons “Je veux être un bisou“.

[...] Ahum, scusez je m’essuyais après avoir vomi. Nan mais concrètement, on va pas s’extasier devant les qualités de réalisateur de Dany Boon, il y a plus de folie dans un épisode de Julie Lescaut. Ni sur la prestation des acteurs puisque c’est la cata : Line Renaud est complètement à la rue (qu’elle continue à mener la lutte contre le SIDA, ça elle le fait bien et ça me ferait presque lui pardonner le fait qu’elle soit UMP), Zoé Félix nous offre une magnifique composition de femme compatissante (alors là, la question se pose : vous préférez une moche qui joue bien ou une bombe qui joue mal ?) et Anne Marivin, malgré un joli sourire, sonne aussi juste qu’une prise de voix non trafiquée d’un single de Loana. Et ne m’accusez pas de misogynie je vous en prie, j’en ai autant pour les seconds rôles masculins. Rien qu’un nom : Patrick Bosso. A croire que tous les comiques (et les rappeurs) marseillais sont lamentables.

Après, Dany Boon fait son boulot. Il joue le benêt de service, le vrai gentil, celui qui même si on est méchant avec lui, ben il restera gentil. Genre la personnification suprême du Ch’ti, l’image d’Epinal absolue. Alors que le Sudiste (non pas celui qui pendait des Noirs en Alabama, celui qui râle après l’OM et qui boit du pastaga) lui est un gros con, beauf avec tout plein d’a priori sur les Nordistes.
Bref, Dany Boon arrive à être touchant, je plaide coupable. Tout comme Kad d’ailleurs. Mais le souci avec Kad, à mes yeux, c’est qu’il a déjà fait son “Tchao Pantin” comme on dit dans le cinéma. Quand je vois le potentiel dramatique qu’il a pu déployer dans “Je vais bien ne t’en fais pas” (non j’ai pas pleuré ta gueule), j’ai du mal à le retrouver dans son registre de cabotin habituel (qui, de toute façon, m’a rarement fait marrer).

En gros, “Bienvenue chez les Ch’tis” c’est un film qu’il est bien quand tu manges en même temps dans ton salon. De là à ce que 20 millions de Français lèvent leur gros cul – parfois même plusieurs fois – pour lâcher plus de 9€ (bientôt une place de ciné coutera plus cher qu’un DVD) afin de s’extasier devant les “biloutes” et les “hein” de ce qui sera désormais un “monument”, ça me fait un 2ème trou au fion (et ça, sans me faire tirer dessus comme un certain Karol Józef Wojtyła un beau jour de mai 1981). Surtout qu’après, ils sont contents d’y être allés ! Quand c’est pas le gros lourd à la cantine qui ponctue toutes ses phrases par “HEIN” et qui t’appelle “Biloute” alors que t’as déjà envie de lui écraser la tronche dans son boudin-purée en temps normal, c’est les connards qui ont raqué trouzes euros pour que leur portable “parle” Ch’ti. Et même qu’ils sont tous fièrs de le faire écouter à leur collègue dans le bus surchauffé et puant la transpiration qui les ramène à la maison pour regarder “La roue de la fortune“. L’humanité est médiocre.
Des comédies, il y en a trouze par an qui sortent, certaines meilleures, d’autres pires et pourtant, elles ne doivent pas faire le dixième des entrées du film de Dany Boon. Si encore c’était le même bouche à oreille que pour “Les Bronzés 3” où les gens se disaient les uns aux autres “N’y vas pas, c’est pourri” et où ils allaient quand même, mais non même pas. A force de bouffer de la merde, on finit par trouver que le vomis a bon goût ?

C’est pas une histoire de sombrer dans le cynisme le plus bas du front, c’est juste que vraiment, je dois pas avoir le cerveau qu’il faut pour comprendre pourquoi un film comme ça a-t-il autant marché ?! Je suis tombé un soir sur l’émission “Ce soir ou jamais” de Frédéric Tadéi sur France 3 qui, justement, essayait un peu de décrypter le phénomène. Ils m’auront bien fait rigoler eux, tiens. Autant, le populisme avec nivellement par le bas me file de l’urticaire, autant l’élitisme pseudo-intellectuel me provoque un petit vomis dans le fond de la gorge. Ces sommités de l’intelligence et de la culture y allaient tous de leur avis sur le pourquoi du comment du succès : et vas-y que c’est parce que la crise elle est dure et que le Pékin lambda il a besoin de rêver (on va y revenir à ça), que c’est parce que c’est pas trop compliqué pour le bouseux, etc… Il y avait des discours qui se tenaient (je me suis empressé de les oublier à grand renfort de résine canabique issu d’un pays où règne le terrorisme) mais le plus amusant, c’était de s’apercevoir que les 3/4 (je n’exagère pas) de ces références n’avaient même pas pris la peine d’aller voir le film.
Nan mais tu t’fous d’ma gueule ?! On leur demande pas d’essayer d’aller faire péter un car scolaire pour pouvoir parler du terrorisme ou de se faire enfiler par un séropositif en taule pour parler des viols en milieu carcéral, juste de prendre 2 heures pour regarder LE film du moment pour lequel on va les inviter à parler. Et je leur demande même pas d’aller au cinéma, le divx était dispo moins d’un mois après la sortie en salle (bouh villain pirate). Intellectuels de salon contre lobotimisé du quotidien, elle est belle la France ma bonne dame.

Les Américains avaient J.J. Abrams (producteur de Lost entre autres), désormais la France a Philippe Abrams, petit responsable de Poste immigré du Sud prétentieux vers le Chnord chaleureux et humain. Et dire que 6 mois avant, les Ch’tis étaient les Belges de toute la France. Et encore aujourd’hui, quand on regarde les émissions de télé réalité en tous genres (en tête les fans du tuning jaloux/soumis qui peuplent les “Confessions intimes” de TF1), d’où viennent les pires cas sociaux ? En tout cas, ils ont su inspirer une des espèces humaines les plus imbéciles : le supporter de foot. Ceux du PSG sont quand même réputés pour être souvent les plus abrutis auront réussi à me faire marrer avec leur banderole “Pédophiles, chomeurs, consanguains, bienvenue chez les Ch’tis” (on en a chié une pendule alors qu’en faisant un petit tour sur le net, on se rend compte qu’ils étaient assez soft finalement).

Mais du jour au lendemain, Dunkerque et ses patelins alentours sont devenus ZE place to be. Hey ouais ma gueule. A quand le Cap d’Agde chtimi où des couples bedonants de bière et de fricadelle viendront copuler lassivement au pied d’une digue de béton Bouygues en s’éventrant sur une résidu de schrapnell oublié ? (Oui je suis aussi poète à mes heures) Comment ça je tombe dans le travers que voulait justement dénoncé Dany Boon dans son film ? Mince alors, j’avais pas fait exprès !

Et à l’heure où j’écris ces lignes, une horde de touristes viennent défiler à Bergue pour voir la ville où a été tourné “Les Ch’tis“. Sur que la visite doit être passionnante. Ah au passage, à Bergue, on n’est pas chez les Ch’tis mais chez les Flamands.

Et comme un malheur n’arrive jamais seul, on risque de se cogner très rapidement une suite. “Les Ch’tis sur la Cote d’Azur“, “Les Ch’tis chez les Corses“, “Les Ch’tis chez les Bretons“, “Les 12 travaux des Ch’tis“, “Les bronzés font du Ch’ti“, “Ch’titanic“, “Mon curé chez les Ch’tis” ? Une chose est sure, les droits ont dors et déjà été achetés pour des remakes américains (production Will Smith) et italiens. Ce qui me rassure, c’est qu’il y a de très fortes chances pour que ça fasse un bide comme la version US des “Visiteurs” en son temps (et on m’enlèvera pas de l’idée que “Les Visiteuses” était nettement plus profond). Déjà que les scénaristes et Dany Boon sont en embrouille, ça promet quelques rebondissements rigolos.

Il parait que ça a marché parce que les gens ont besoin de rire, d’oublier leurs problèmes, leur quotidien… Et pourtant ils ont été 53% à la vouloir cette vie là (non pas que l’autre choix ait été réellement plus réjouissant). Le nivellement par le bas est en marche, camarades…

Et au commencement, il y avait…

… mon cul sur la commode.

Vous vous en doutez, Proctologue n’est pas mon vrai nom. Et ce n’est pas non plus mon métier. Pourtant, des trous du cul, j’en ai croisé beaucoup, à force ça en devient un domaine de spécialité. J’en suis probablement un pour beaucoup de ces mêmes trous du cul mais on est toujours moins indisposé par sa propre odeur que par celle des autres. Une histoire de paille et de poutre mais moi, la menuiserie et l’agriculture, j’y bite queud’.

Alors j’arrête immédiatement ceux d’entre vous qui en lisant ce blog oseront faire insulte à mon intelligence en avançant l’argument le plus pourri de la création après “c’est mon chien qui a mangé ma copie m’dame” à savoir : “ben si t’es si fort, t’as qu’à faire mieux hein“. Je crois que y a rien de plus efficace pour me foutre en rogne. C’est vraiment d’une bêtise rare. Comme si le fait de ne pas être praticien empêchait forcément d’avoir un cerveau en état de marche. Si on ne devait l’ouvrir que sur les choses qu’on pratique, on l’ouvrirait pas souvent. Quoique c’est une idée… Messieurs les Anglais, tirez les premiers.

Même tarif pour ceux qui se drapent dans la tolérance pour masquer le fait qu’ils n’ont d’avis sur rien. “Oh non tu peux pas dire ça quand même…” (avec une voix à la Alexandra Rosenfeld ou Laurie Cholewa) et ben si, la preuve hé con. Je parle pas de ceux qui sont naturellement capables d’empathie mais de ceux qui prennent du rabe à la cantine du prédigéré émotionnel et culturel. Je parle de ceux qui incapables de curiosité (Brel disait que la bêtise n’était que de la paresse) qui ont cultivé la neutralité comme art de vivre parce qu’il ne faudrait surtout pas que la vie remette en cause leurs sacro-saintes certitudes.

Je suis donc ce qu’on appelle communément un connard. Un sale con. Un mec méprisable. Qui en plus a l’outrecuidance de penser que son avis a un quelconque intérêt. Ah les limites de la liberté d’expression… Vous l’avez voulu, vous l’avez (comme un certain président) !

Ici, ça sera principalement un défouloir où l’objectivité fera de l’intérim et ou la mauvais foi sera loi (et où tu seras reine, ne me quitte pas ne me quitte pas). Bref, on va bien s’marrer.

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