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Archive de la Catégorie ‘Les gens’

AdopteUneCinglée.com part.1

21 janvier 2009 7 commentaires

Je crois que concrètement, c’est ma génération qui, la première, a essuyé les plâtres de la découverte du “virtuel”. J’ai eu internet dès 1996, à l’époque on avait Compuserve comme FAI, l’ADSL n’était qu’un lointain fantasme, il fallait 20 minutes pour afficher une photo de pin-up dont on n’avait aucun aperçu (je vous laisse imaginer les déceptions générées mais au moins, on avait encore le temps de fantasmer), Estelle Halliday-Lefébure faisait un procès contre l’hébergeur Mygale pour avoir mis à disposition des photos d’elle plus jeune et seins nus (diable, quelle horreur)… Un monde sans Google, sans ADSL, sans MSN. Mais c’était déjà vachement mieux que le minitel.

Alors au début, il y avait ICQ. Enfin, au tout début en fait y avait IRC mais j’ai jamais rien capté à ce truc. Donc y avait ICQ. C’était vachement bien ce petit logiciel de chat créé par des étudiants israéliens en 1996. On se créait un compte, on nous filait un numéro identifiant, on se choisissait un pseudo et hop, on pouvait discuter. Vu qu’à l’époque tout le monde n’avait pas encore internet (loin s’en faut), ça aurait pu devenir vraiment relou si un moteur de recherche n’avait pas été implanté. Super bien foutu le moteur de recherche : tranche d’age, sexe, ville, pays… En gros, on faisait ses courses aux amis. Et quand on a 18-19 ans, aux amies en particulier.

Et puis il y a eu la grande époque de Caramail. Pas le truc actuel pour mongolo où on chat dans un bateau et où tout est contrôlé par des modos zélés. LE caramail. Celui qui nous faisait dire “Pas besoin d’aller aux putes, y a Caramail“. Non pas que les caramaileuses aient été des putes (encore qu’il y en avait… et aussi des gays qui te proposaient de te payer pour te sucer – il parait que c’était pas des fakes, je tairai l’identité de mon informateur) mais pour trouver un plan cul, c’était quand même plutôt pas mal.
Pas que les plans cul d’ailleurs. Ah ce fameux 15 avril 2002… Mais ce n’est pas le sujet.

Une fois ICQ dépassé et Caramail vidé de sa substance, voilà le jeune célibatant (voire célibatard pour les moins à cheval sur les convenances) fort dépourvu. Meetic a fait son apparition et truste le marché des sites de rencontres. Comme en boite de nuit, c’est gratuit pour les filles, payant pour les mecs.
Je sais pas vous mais personnellement, payer pour baiser ça m’a toujours bloqué. Payer pour se faire “aimer”, si c’est pas le comble du pathétisme. Et pourtant, on en revient toujours plus ou moins à ça. Pour un bon paquet de connasses, il est normal, naturel, obligatoire et indispensable que le mec se racle la gueule et invite à boire un verre, à manger au resto, à aller voir un film (avec confiseries et boissons de rigueur) sans que la petite princesse ne porte la main au portefeuille (je préfère encore celles qui font semblant de vouloir partager l’addition). Si le mâle ne sacrifie pas à la sainte danse du portefeuille, il pourra se la mettre derrière l’oreille (enfin moi je peux… et oui, j’ai une queue de cheval et pourtant j’ai les cheveux courts).

Elle est belle l’égalité des sexes voulue par les féministes (déjà qu’entre mecs, on est pas tous sexuellement égaux alors si en plus faut l’être avec les femmes alors… où va le monde mon pauvre monsieur ?). C’est un combat quotidien pour ne pas virer misogyne quand on croise certaines gonzesses.

francos-0841De toute façon, en 2009, c’est baisé. On est loin de l’époque où on allait sur un chat “histoire de voir“, ce genre de site est devenu un lubrifiant assumé de la sexualité de tout un chacun. Ce grand homme qu’est Didier Super parlait des agences matrimoniales dans son dernier album (le tordant et hyper efficace “Ben quoi ?“) et concluait son titre “Trique Trouille” par un “Toute façon faut pas rêver, parce qu’à mon age, si elles sont toujours pas mariées, c’est que c’est des moches ou des cinglées“. C’est un peu la même pour les chats et les sites de rencontre.

Sauf que c’est pas une question d’âge : une fille habituée des chats a de très fortes chances d’avoir développé des névroses : jalousie maladive (combien de filles sur ce genre de site se comportent comme si vous étiez en couple au bout de 20 minutes de discussion ? “Tu parles à qui ?“, “Nan mais vas-y te gène pas, drague ! Vous êtes tous pareils de toute façon“…), manque de confiance en elle (elles viennent chercher sur le net, au milieu de tous les queutards version “tu veux que je me branle devant ma cam” l’attention qui leur est refusée dans la vie), mythomanie (tant que c’est que mettre des photos de l’époque où elles étaient potables ça va, quand elles “oublient” de mentionner le fait qu’elles ont un mec, un gamin et qu’elles n’habitent pas du tout où elles prétendent habiter, ça devient assez drôle).

Aller sur un site de rencontre pour trouver l’amour en 2009, faut être soit sacrément naïf (pour pas dire neuneu), soit sacrément faux-cul. Ceci dit, on peut avoir un gros coup de bol et tomber effectivement sur une fille qui était venue pour la première fois “histoire de voir” et a priori elle sera nettement moins attaquée que ses congénères (en 2 mots ça marche aussi). Mais en disant ça, j’ai bien conscience que je donne une excuse pour les bisounours désespérés. Tant pis pour vous.

camisoleEn presque 10 ans d’expérience des chats, je ne suis pour ainsi dire jamais tombé sur de vraies cinglées. En fait, j’ai rapidement été vacciné (un peu comme la première fille avec qui je suis sorti qui m’a trompé sans vergogne pendant le long mois et demi qu’a duré notre relation – hey, 1 mois et demi à 14 ans c’est énorme !) : j’avais discuté avec une fille sur ICQ, elle habitait Ivry (tout près de chez un pote en plus, pratique), on devait se voir, c’était prévu que je lui motoculte le jardin secret, les numéros de téléphones étaient échangés… Et là, elle s’est mise à m’appeler 10 fois par jour : “Tu fais quoi ? T’es avec qui ? C’est qui la fille qui parle derrière ?“. Au secours. Du coup, je ne suis allé à Ivry que pour jouer à Mario Kart et Golden Eye, tant pis pour la bagatelle.
Il y avait aussi celle qui avait été bien vicieuse pour avoir mon numéro, en m’empruntant mon téléphone un jour où j’étais en studio avec des potes “J’ai plus de forfait, je peux t’emprunter ton téléphone ?“. Flatteur sur le coup. Sauf qu’elle aussi m’appelait 50 fois par jour pour me raconter… rien (beaucoup de filles sont d’ailleurs victimes de ce syndrome). Et qu’accessoirement, elle avait un mec chez qui elle vivait, plutôt violent de surcroit.

Cet été, je m’ennuyais un peu, coincé sur Paris par une nouvelle embauche, les potes en vadrouille… Une copine me dit “Mais inscris-toi sur AdopteUnMec.com, tu vas voir c’est super marrant“. Alors comme le premier clampin venu, je m’y suis inscrit “pour voir”. Oui bon ça va… Mais blague à part, j’y allais vraiment à la fraîche, détendu du gland. Pas en mode marteau-pilon.
6a00d83451dd8569e200e553585f5b8833-800piD’un point de vue marketing, le truc est plutôt bien pensé : ils vendent l’idée selon laquelle ce sont les filles qui font leurs courses, elles ajoutent les mâles qui leur plaisent dans leur caddy, les autorisant ainsi à leur parler (ce qui leur permet aussi de gagner des points qui n’ont pas le moindre intérêt si ce n’est de voir si on a à faire à un(e) collectionneur/euse). Alors au début, forcément, on est flatté qu’une jolie fille se penche sur notre profil mais on se rend vite compte que c’est comme partout, c’est au mec de se racler la gueule pour réussir à décrocher une autorisation de s’adresser à une fille. Je suis pas sur qu’on ait vraiment besoin de renforcer leur sentiment de supériorité en ce qui concerne les relations hommes-femmes, surtout sur un site de rencontres mais c’est surement le prix à payer pour la bande gros lourdauds qui œuvrent pour la paix des sexes.

Commencent alors les courses. Rapidement, j’échange avec quelques messages avec des filles de ma région, des discussions sans grand intérêt (“C’est quoi ton prénom ? Tu fais quoi dans la vie ? T’as des passions“) et quelques unes me proposent qu’on se rencontre… Et là, c’est le défilé à la cour des miracles. Mais la suite au prochain épisode…

Tu reprendras bien un peu de frites ?

4 novembre 2008 5 commentaires

obama1201801546Je sature sévèrement de l’hypocrisie actuelle en cette période de campagne présidentielle américaine. Sur FaceBook, je ne compte plus le nombre de mes contacts qui ont mis dans leur statut qu’ils croisent les fesses pour que Barak Obama soit élu ce soir, que comme le chantait le grand Sam Cooke “A change is gonna come“, que bientôt le monde sera un monde plus beau, plus équitable et même qu’on finira tous sous l’arbre à bisous à chanter des comptines.

Tas de faux culs. Tous autant que vous êtes.

Quand il s’agit de dénoncer la menace McCain, alors là y a du monde. Satan a un nouveau nom : il s’appelle John et a un nom de frites, a fait le Vietnam et mange des petits enfants au petit déjeuner. Et Barak est le nouveau leader du monde libre, le mec qui fera que vous n’aurez plus à faire la queue en allant à la Poste et qui fera en sorte que la crise ne touche pas les économies de mamie.

Au secours.439px-john_mccain_official_photo_portrait-cropped

C’est toujours très “amusant” de voir le Français, pourtant très prompt à chier allègrement sur les Américains, leur impérialisme, leur mal-bouffe, leur cinéma pop corn, leur intégrisme religieux, leur pollution, leur condescendance et leur président (comme si le notre était mieux) se sentir hyper concernés par leurs élections. Tous les Français sont pro-Obama. Forcément, il est dans le camp adverse de celui de Bush (vous savez, le mec qui lit des livres à l’envers et qui a manqué de s’étouffer avec un bretzel) donc c’est un gentil.

fabius_6Quand j’entends un ancien premier ministre PS (au passage co-responsable du scandale du sang contaminé pour lequel il n’a bien évidemment pas été condamné) dire “Mais bien sur, Barak Obama est un homme de gauche“, j’ai comme un petit gout de vomis dans le fond de la bouche. Récupération du buzz par un parti qui aimerait encore être de gauche ou repositionnement du PS sur l’échiquier politique français ? Dans tous les cas, non, Barak Obama n’est pas un homme de gauche. Loin s’en faut alors arrêtons un peu l’hypocrisie amis “gauchistes”, vous soutenez un Madelin !

Quand j’entends tous ces gens qui se félicitent que ce grand pays “quand même assez raciste, t’as vu comment ils traitent les Noirs” (comme si on pouvait se permettre de donner des leçons en la matière) décide de mettre à la plus haute place de la magistrature un homme noir, je me dis qu’il y a des baffes qui se perdent. Rappelons quand même que 52% des Français ont mis au pouvoir un mec qui a fait campagne en tenant des propos islamophobes, homophobes et en reprenant la plupart des thèmes de campagne du Front National (“La France tu l’aimes ou tu la quittes” entre autres). C’est un peu comme des parents qui diraient à leur fille qui leur présente son petit ami arabe/noir “J’ai rien contre eux mais j’espérais mieux pour ma fille“. En gros, c’est bien mais tant mieux si ça ne se passe pas en France.
061112_oprah2Rappelons également que Obama n’a vraiment eu le soutien de la communauté afro-américaine que grâce à l’intervention de Pathos Woman, Oprah “I’m gonna make you cry” Winfrey. En effet, aux Etats-Unis, les descendants d’esclave (quelle horrible expression) ont un véritable problème d’intégration (quel horrible mot encore) alors que les Noirs d’origine africaine, plus fraichement débarqués, s’en sortent beaucoup mieux. Barak faisant partie de la seconde catégorie, certains ont pu lui reprocher de ne pas connaitre les vrais problèmes auxquels sont confrontés les Afro-Américains. Il n’a d’ailleurs jamais vraiment fait campagne pour eux… L’image d’un président américain noir est belle, le fond est plus nuancé.

sarkozy1177912073Et je passe volontairement sur l’argument démago-populiste qui dirait que c’est assez honteux qu’un mec qui fait sa campagne pour le changement, en se revendiquant proche du peuple dépense des centaines de millions de dollars pour se faire élire alors que la crise fait rage, que la pauvreté et la précarité progressent…

Ne vous méprenez pas, ce n’est en aucun cas un pamphlet en faveur du représentant en frites. Il se pourrait même qu’Obama arrive effectivement à faire bouger les choses dans le bon sens s’il est élu. Tant mieux si c’est le cas. C’est juste que pour une fois, ça serait pas du luxe de savoir pourquoi “on” est content. En attendant, avant de regarder dans le jardin du voisin, les Français feraient mieux de faire attention à ce qui se passe dans leur salon…

Au Nord, c’était les C(or)ons…

16 juillet 2008 3 commentaires

Il y a des choses que je ne m’explique pas. Comment un film aussi médiocre que “Bienvenue chez les Ch’tis” a-t-il bien pu attirer plus de 20 millions de personnes. Sans déconner… Nan mais sérieux, sans déconner. Qu’est-ce qui différencie BCLC (tiens aller hop, une abréviation parisienne pédante) d’un épisode quelconque de “Père et maire” sur TF1 ou de “Joséphine ange gardien” (encore qu’à coté de BCLC, Joséphine fait figure de film militant). Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil (alors que quand même, dans Joséphine, y a de sacrées ordures), retrouvons-nous tous sous l’arbre à bisous et chantons “Je veux être un bisou“.

[...] Ahum, scusez je m’essuyais après avoir vomi. Nan mais concrètement, on va pas s’extasier devant les qualités de réalisateur de Dany Boon, il y a plus de folie dans un épisode de Julie Lescaut. Ni sur la prestation des acteurs puisque c’est la cata : Line Renaud est complètement à la rue (qu’elle continue à mener la lutte contre le SIDA, ça elle le fait bien et ça me ferait presque lui pardonner le fait qu’elle soit UMP), Zoé Félix nous offre une magnifique composition de femme compatissante (alors là, la question se pose : vous préférez une moche qui joue bien ou une bombe qui joue mal ?) et Anne Marivin, malgré un joli sourire, sonne aussi juste qu’une prise de voix non trafiquée d’un single de Loana. Et ne m’accusez pas de misogynie je vous en prie, j’en ai autant pour les seconds rôles masculins. Rien qu’un nom : Patrick Bosso. A croire que tous les comiques (et les rappeurs) marseillais sont lamentables.

Après, Dany Boon fait son boulot. Il joue le benêt de service, le vrai gentil, celui qui même si on est méchant avec lui, ben il restera gentil. Genre la personnification suprême du Ch’ti, l’image d’Epinal absolue. Alors que le Sudiste (non pas celui qui pendait des Noirs en Alabama, celui qui râle après l’OM et qui boit du pastaga) lui est un gros con, beauf avec tout plein d’a priori sur les Nordistes.
Bref, Dany Boon arrive à être touchant, je plaide coupable. Tout comme Kad d’ailleurs. Mais le souci avec Kad, à mes yeux, c’est qu’il a déjà fait son “Tchao Pantin” comme on dit dans le cinéma. Quand je vois le potentiel dramatique qu’il a pu déployer dans “Je vais bien ne t’en fais pas” (non j’ai pas pleuré ta gueule), j’ai du mal à le retrouver dans son registre de cabotin habituel (qui, de toute façon, m’a rarement fait marrer).

En gros, “Bienvenue chez les Ch’tis” c’est un film qu’il est bien quand tu manges en même temps dans ton salon. De là à ce que 20 millions de Français lèvent leur gros cul – parfois même plusieurs fois – pour lâcher plus de 9€ (bientôt une place de ciné coutera plus cher qu’un DVD) afin de s’extasier devant les “biloutes” et les “hein” de ce qui sera désormais un “monument”, ça me fait un 2ème trou au fion (et ça, sans me faire tirer dessus comme un certain Karol Józef Wojtyła un beau jour de mai 1981). Surtout qu’après, ils sont contents d’y être allés ! Quand c’est pas le gros lourd à la cantine qui ponctue toutes ses phrases par “HEIN” et qui t’appelle “Biloute” alors que t’as déjà envie de lui écraser la tronche dans son boudin-purée en temps normal, c’est les connards qui ont raqué trouzes euros pour que leur portable “parle” Ch’ti. Et même qu’ils sont tous fièrs de le faire écouter à leur collègue dans le bus surchauffé et puant la transpiration qui les ramène à la maison pour regarder “La roue de la fortune“. L’humanité est médiocre.
Des comédies, il y en a trouze par an qui sortent, certaines meilleures, d’autres pires et pourtant, elles ne doivent pas faire le dixième des entrées du film de Dany Boon. Si encore c’était le même bouche à oreille que pour “Les Bronzés 3” où les gens se disaient les uns aux autres “N’y vas pas, c’est pourri” et où ils allaient quand même, mais non même pas. A force de bouffer de la merde, on finit par trouver que le vomis a bon goût ?

C’est pas une histoire de sombrer dans le cynisme le plus bas du front, c’est juste que vraiment, je dois pas avoir le cerveau qu’il faut pour comprendre pourquoi un film comme ça a-t-il autant marché ?! Je suis tombé un soir sur l’émission “Ce soir ou jamais” de Frédéric Tadéi sur France 3 qui, justement, essayait un peu de décrypter le phénomène. Ils m’auront bien fait rigoler eux, tiens. Autant, le populisme avec nivellement par le bas me file de l’urticaire, autant l’élitisme pseudo-intellectuel me provoque un petit vomis dans le fond de la gorge. Ces sommités de l’intelligence et de la culture y allaient tous de leur avis sur le pourquoi du comment du succès : et vas-y que c’est parce que la crise elle est dure et que le Pékin lambda il a besoin de rêver (on va y revenir à ça), que c’est parce que c’est pas trop compliqué pour le bouseux, etc… Il y avait des discours qui se tenaient (je me suis empressé de les oublier à grand renfort de résine canabique issu d’un pays où règne le terrorisme) mais le plus amusant, c’était de s’apercevoir que les 3/4 (je n’exagère pas) de ces références n’avaient même pas pris la peine d’aller voir le film.
Nan mais tu t’fous d’ma gueule ?! On leur demande pas d’essayer d’aller faire péter un car scolaire pour pouvoir parler du terrorisme ou de se faire enfiler par un séropositif en taule pour parler des viols en milieu carcéral, juste de prendre 2 heures pour regarder LE film du moment pour lequel on va les inviter à parler. Et je leur demande même pas d’aller au cinéma, le divx était dispo moins d’un mois après la sortie en salle (bouh villain pirate). Intellectuels de salon contre lobotimisé du quotidien, elle est belle la France ma bonne dame.

Les Américains avaient J.J. Abrams (producteur de Lost entre autres), désormais la France a Philippe Abrams, petit responsable de Poste immigré du Sud prétentieux vers le Chnord chaleureux et humain. Et dire que 6 mois avant, les Ch’tis étaient les Belges de toute la France. Et encore aujourd’hui, quand on regarde les émissions de télé réalité en tous genres (en tête les fans du tuning jaloux/soumis qui peuplent les “Confessions intimes” de TF1), d’où viennent les pires cas sociaux ? En tout cas, ils ont su inspirer une des espèces humaines les plus imbéciles : le supporter de foot. Ceux du PSG sont quand même réputés pour être souvent les plus abrutis auront réussi à me faire marrer avec leur banderole “Pédophiles, chomeurs, consanguains, bienvenue chez les Ch’tis” (on en a chié une pendule alors qu’en faisant un petit tour sur le net, on se rend compte qu’ils étaient assez soft finalement).

Mais du jour au lendemain, Dunkerque et ses patelins alentours sont devenus ZE place to be. Hey ouais ma gueule. A quand le Cap d’Agde chtimi où des couples bedonants de bière et de fricadelle viendront copuler lassivement au pied d’une digue de béton Bouygues en s’éventrant sur une résidu de schrapnell oublié ? (Oui je suis aussi poète à mes heures) Comment ça je tombe dans le travers que voulait justement dénoncé Dany Boon dans son film ? Mince alors, j’avais pas fait exprès !

Et à l’heure où j’écris ces lignes, une horde de touristes viennent défiler à Bergue pour voir la ville où a été tourné “Les Ch’tis“. Sur que la visite doit être passionnante. Ah au passage, à Bergue, on n’est pas chez les Ch’tis mais chez les Flamands.

Et comme un malheur n’arrive jamais seul, on risque de se cogner très rapidement une suite. “Les Ch’tis sur la Cote d’Azur“, “Les Ch’tis chez les Corses“, “Les Ch’tis chez les Bretons“, “Les 12 travaux des Ch’tis“, “Les bronzés font du Ch’ti“, “Ch’titanic“, “Mon curé chez les Ch’tis” ? Une chose est sure, les droits ont dors et déjà été achetés pour des remakes américains (production Will Smith) et italiens. Ce qui me rassure, c’est qu’il y a de très fortes chances pour que ça fasse un bide comme la version US des “Visiteurs” en son temps (et on m’enlèvera pas de l’idée que “Les Visiteuses” était nettement plus profond). Déjà que les scénaristes et Dany Boon sont en embrouille, ça promet quelques rebondissements rigolos.

Il parait que ça a marché parce que les gens ont besoin de rire, d’oublier leurs problèmes, leur quotidien… Et pourtant ils ont été 53% à la vouloir cette vie là (non pas que l’autre choix ait été réellement plus réjouissant). Le nivellement par le bas est en marche, camarades…

Et au commencement, il y avait…

… mon cul sur la commode.

Vous vous en doutez, Proctologue n’est pas mon vrai nom. Et ce n’est pas non plus mon métier. Pourtant, des trous du cul, j’en ai croisé beaucoup, à force ça en devient un domaine de spécialité. J’en suis probablement un pour beaucoup de ces mêmes trous du cul mais on est toujours moins indisposé par sa propre odeur que par celle des autres. Une histoire de paille et de poutre mais moi, la menuiserie et l’agriculture, j’y bite queud’.

Alors j’arrête immédiatement ceux d’entre vous qui en lisant ce blog oseront faire insulte à mon intelligence en avançant l’argument le plus pourri de la création après “c’est mon chien qui a mangé ma copie m’dame” à savoir : “ben si t’es si fort, t’as qu’à faire mieux hein“. Je crois que y a rien de plus efficace pour me foutre en rogne. C’est vraiment d’une bêtise rare. Comme si le fait de ne pas être praticien empêchait forcément d’avoir un cerveau en état de marche. Si on ne devait l’ouvrir que sur les choses qu’on pratique, on l’ouvrirait pas souvent. Quoique c’est une idée… Messieurs les Anglais, tirez les premiers.

Même tarif pour ceux qui se drapent dans la tolérance pour masquer le fait qu’ils n’ont d’avis sur rien. “Oh non tu peux pas dire ça quand même…” (avec une voix à la Alexandra Rosenfeld ou Laurie Cholewa) et ben si, la preuve hé con. Je parle pas de ceux qui sont naturellement capables d’empathie mais de ceux qui prennent du rabe à la cantine du prédigéré émotionnel et culturel. Je parle de ceux qui incapables de curiosité (Brel disait que la bêtise n’était que de la paresse) qui ont cultivé la neutralité comme art de vivre parce qu’il ne faudrait surtout pas que la vie remette en cause leurs sacro-saintes certitudes.

Je suis donc ce qu’on appelle communément un connard. Un sale con. Un mec méprisable. Qui en plus a l’outrecuidance de penser que son avis a un quelconque intérêt. Ah les limites de la liberté d’expression… Vous l’avez voulu, vous l’avez (comme un certain président) !

Ici, ça sera principalement un défouloir où l’objectivité fera de l’intérim et ou la mauvais foi sera loi (et où tu seras reine, ne me quitte pas ne me quitte pas). Bref, on va bien s’marrer.

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