Archive

Archive de la Catégorie ‘Cinéma’

Cinéma cinéma… tchi tcha #02

notorious-movie-poster1Notorious (2009) de George Tillman Jr.

Je le confesse,je n’ai jamais écouté Biggie en boucle, tout juste connaissais-je ses plus gros hits (écoutés à fond en dansant sur le toit d’un Chrysler Voyager dans une petite ville du Midwest à la sortie de “Ready To Die”), le gros de la guerre East/West et ses embrouilles avec 2Pac. Je n’ai jamais idolâtré Christopher Wallace, étant tombé réellement dans le rap avec le “Doggystyle” de Snoop Doggy Dogg, j’avais choisi “mon camp”. Et j’ai jamais pu piffrer Sean Combs (il m’a fatigué avec ses pseudos tous plus ridicules les uns que les autres), son arrogance, son inutilité constante sur tous les morceaux sur lesquels il a posé, sa vaine tentative de devenir classe…
Du coup, j’ai maté “Notorious” avec des yeux presque neufs et la circonspection préalable à tout biopic, qui plus est à propos d’un rappeur. Le film produit par Diddy et Mme. Wallace (qui se sont d’ailleurs mis bien au casting, i feel ya Puffy, you look better in the movie than you ever did) est évidemment bourré de défauts : l’histoire est édulcorée (exit les partouzes, les coups de pression, la came) pour faire de Biggie Smalls un gros pépère sympathique, pas toujours très fiable mais avec un bon fond. Très hollywoodien donc, avec une fin tragique au moment où il amorçait sa rédemption (et d’après un collègue fan du bonhomme, il semblerait – les effets de larmoyants en moins – que ce soit assez proche du changement qu’opérait le B.I.G.), laissant le rap new yorkais orphelin d’un de ses plus grands emcees.
L’autre et peut être principal reproche qu’on peut faire au film, c’est l’absence de la vraie voix de Biggie.  Certes Jamal Woolard (lui-même rappeur sous le pseudo de Gravy), dont c’est le premier film, est bluffant de mimétisme avec le gros de Bedstuy mais il n’arrive jamais à approcher ne serait-ce qu’un peu la puissance vocal de l’auteur de “Ready To Die” et ça manque cruellement.
Heureusement que Faith Evans (Antonique Smith) et Lil Kim (Naturi Naughton) sont à tomber par terre, parce que 2Pac aka Papa Doc de “8 Mile” est ridicule et qu’il aurait été malin de choisir un autre acteur que Marc John Jefferies pour jouer Lil Cease (j’ai pas pu m’empêcher de penser à lui dans “Get Rich Or Die Tryin“). Il y a aussi quelques effets de filtres sur certaines scènes plutôt bien trouvés et surtout, ça donne envie de se replonger la discographie du gros et de sa Queen Bitch. J’en garde une bonne impression.

postertaken2Taken (2008) de Pierre Morel

1, 2, 1 devinez qui revient… Je dois être maso (et encore, j’ai pas fini) mais encore un film EuropaCorp, sous l’insistance de mon coloc. Le film est réalisé par des Français mais a fait un carton aux USA, bénéfices rapportés record et tout le toutim. Ce genre de tour de force, ça rend curieux et j’espérais quelque chose d’un peu plus consistant qu’une énième déclinaison du “Transporteur”.
Hé ben non, c’est exactement ce qu’on pouvait craindre, un one man army (le pauvre Liam Neeson complètement transparent) décide de venir défoncer tout seul un réseau de prostitution qui sévit à Paris et qui a kidnappé sa fille. Ridicule et toujours un peu dangereux cette démonstration de “je fais justice moi-même” (surtout sans conséquences), “Taken” est un pur produit EuropaCorp dans tout ce qu’il y a de plus péjoratif (mais il est vrai que les scènes d’action rendent bien).

18987270Coluche, l’histoire d’un mec (2008) d’Antoine Decaunes

L’exercice était excessivement casse-gueule et pourtant De Caunes s’en est globalement pas mal sorti. Déjà, très bon choix d’acteur pour jouer Coluche, FX Demaison a vraiment bossé comme un malade pour arriver à rentrer dans la peau de l’humoriste, trouver son parler, son rythme, ses mimiques, ses tics… D’ailleurs, c’est la première réflexion qu’on se fait : woah impressionnant son travail mais du coup, on espère qu’il sera suffisamment poussé à bout pour qu’on oublie qu’il joue et qu’il soit vraiment Coluche. S’il n’y avait cette ressemblance dans les yeux et le nez avec Michael Youn (je vous assure, c’est frappant) qui nous faisait remonter à la surface de temps en temps, on se laisserait totalement mener.
Donc globalement, pour un biopic, c’est pas mal foutu. Bonne reconstitution de la France de la fin des 70′s, de l’émulation générée par Coluche, des scènes fortes, d’autres drôles et évidemment les textes de l’Enfoiré en chef qui continuent à être toujours efficaces.

Ceci étant dit, il plane sur le film une sorte de voile pudique, presque angélique. De Caunes a protégé l’image du gros en salopette en édulcorant son gout pour les femmes (et son dégout), la drogue et en taisant les rumeurs sur sa bisexualité. Ses coups de gueule doivent être bien sages comparés aux vrais. Autre petit souci, à part pour le professeur Choron (dont le sosie est bluffant), les autres personnages historiques sont rarement clairement introduits (si ce n’est Attali et à la rigueur Reiser, joué par Alexandre Astier). C’est là pour moi la grosse faiblesse du film : on est dans le contexte et pourtant, il manque les éléments concrets du réel pour faire le lien, surtout quand comme moi on a connu les 80′s en pyjama.

Bonne impression globale donc mais et c’est également un autre défaut du film, il ne creuse pas vraiment le pourquoi du comment de la pression subie par Coluche dans les 80′s mais il aurait fallu partir dans un thriller politique où De Caunes aurait du choisir un parti pris difficile à assumer.

oss_117OSS 117, Le Caire nid d’espion (2006) de Michel Azanavicius

Je trouve Jean Dujardin plutôt sympa mais jusqu’ici ses tentatives sur grand écran ne m’avaient pas convaincues (et “Brice de Nice” était à peu près aussi drôle qu’un sketch d’Anne Roumanov), j’ai donc trainé les pieds pour regarder ce que la critique (qui avait aussi dit du bien de “Brice de Nice”) avait pourtant encensé. La sortie de la suite et les avis dithyrambiques qu’il a sucité m’ont poussé à sauter le pas. Je n’ai pas regretté, si ce n’est de ne pas avoir regardé “OSS117″ plus tôt !

Je me suis fendu la gueule du début à la fin. Jean Dujardin a vraiment une gueule de raie incroyable. Hubert Bonisseur de la Bath est un con, un con magnifique, quasi-inébranlable, raciste, ethno-centriste, méprisant, paternaliste et loser. Entre ses phrases choc débiles (“J’aime me battre”, “J’aime me beurrer la biscotte”), les allusions à son homosexualité refoulée, son inculture totale, y a de quoi faire et on sent qu’il y a un ex-compagnon des Nuls derrière tout ça.
Niveau mise en scène, décors, grain de l’image, costume, intrigue, ressorts scénaristiques, l’hommage aux James Bond période Sean Connery est impeccable. Il y a du rythme, des dialogues efficaces et Dujardin assure malgré le fait que tout le poids du film soit sur ses épaules. Et puis Bérénice Béjo, si elle ne joue pas très bien, est vraiment sublime.

affiche-Les-Randonneurs-a-Saint-Tropez-2007-1 Les randonneurs à St Tropez (2008) de Philippe Harel

Onze ans après le premier volet qui avait rencontré un bon succès en salle, la bande des randonneurs (Karin Viard, Vincent Elbaz, Benoit Poelvoorde, Géraldine Pailhas…) est de retour pour de nouvelles aventures façon “Bronzés 3″.
Ce n’est pas Jean-Claude Duss qui est apparemment devenu millionnaire mais Poelvoorde, toujours aussi lourd et médiocre. On ne sait pas trop ce qui est sensé nous intéresser : une ambiance qui mélange “Camping” et “Bronzés 3″, une alchimie totalement absente entre les amis de la bande, un scénario indigent… Le retour est comme prévu raté (pas que le premier volet ait été réussi).

gomez_vs_tavares,0Gomez VS Tavarès (2007) de Gilles Paquet-Brenner et Cyril Cebas

J’avais réussi à trouver quelques qualités au premier volet des aventures de Stomy Bugsy et Titof (pas le montage ni le jeu de Stomy en tout cas), surtout grâce à la présence de “Tonton”, le très regretté Jean Yanne. Sauf qu’entre temps, Tonton est mort et dans le film, il a planqué son magot, ce qui attise la convoitise du petit magouilleur qu’est Titoff mais aussi celle de son acolyte, dans une mauvaise passe.
Je crois qu’on peut difficilement faire moins intéressant, moins drôle et moins rythmé. C’est nul de bout en bout, la faute à un casting qui ne tient pas la route une seconde, sauf peut être Titof qui gesticule convulsivement pour essayer de donner un peu de vie à ce navet.

Cinéma cinéma… tchi tcha #01

J’ai un peu déserté les salles obscures depuis quelques mois mais je continue à regarder des films… J’ai eu un camarade colocataire pendant quelques mois, trainant la patte pour regarder des films en VOST et comme mater une VF d’un film étranger m’est vraiment impossible, on a fait un peu ce qu’on a pu… Et puis je suis curieux des navets. Je mate beaucoup de daubes et j’assume.

19040365Underworld 3: Rise of the Lycans (2009) de Patrick Tatopoulos

J’avais trouvé le premier plutôt sympa : un scénario assez tordu, un vrai background, une guerre entre vampires et lycans et des personnages intrigants. C’était vraiment riche pour un film comme ça, plutôt intelligemment présenté et développé et malgré l’esthétique un peu facile et les FX un peu light, ça fonctionnait très bien. Le deuxième en revanche était 100% action bourrin, complètement dénué d’intérêt. Le 3 est sur la même lignée malgré le changement de réalisateur (Patrick Tatopoulos, créateur des Lycans des 2 premiers volets remplace Len Wiseman) et d’actrice (Rhona Mitra – Lara Croft, Witchblade, Nip/Tuck – remplaçant Kate Beckinsale pour ce volet présentant les origines de la guerre vampires/lycans). Aucun intérêt, l’histoire développée ici ayant déjà été expliquée (images à l’appui) dans le 2ème volet. Les Lycans sont toujours aussi moches, Lucian toujours aussi peu charismatique… Un gâchis pour une licence prometteuse.

19072474_w434_h_q80Black (2009) de Pierre Lafargue

Le piratage est cruel. Charles M’Bouss alias MC Jean Gab’1 n’a même pas le temps de faire ses grands débuts dans un premier rôle au cinéma (après des petits rôles dans les “Banlieue 13” et “Seul Two“) le 1er juillet prochain que son film tourne déjà sur internet. Comme j’ai une grosse sympathie pour le personnage public de Gab’1, sa gouaille, sa grande gueule et ici, son expérience des braquages mis au service d’un scénario qui semble lui avoir été fait sur mesure (un braco qui tourne mal, une arnaque au bled pour prendre le vert), ça rend curieux.
Verdict : un téléfilm du dimanche après midi sur M6. Vraiment très très très mauvais vu qu’à aucun moment on ne sait où se situer : ça commence avec un braco hyper violent et ça se transforme en comédie mystique avec François Levantal qui se transforme en serpent et une très jolie Carole Karemera qui joue aussi bien que si elle donnait la réplique à Vanessa Demouy dans “Coeur Caraïbes“. Gab’1 a de bons moments mais le montage est tellement catastrophique (on a l’impression qu’ils ont fait du collage en ne gardant que les moments où ça joue moins mal) et les dialogues tellement pauvres (quand il y en a, chose rare) qu’on se demande pourquoi on continue à regarder. Bouh le vilain nanard. Mais au moins la BO est réussie.

01899894-photo-affiche-la-journee-de-la-jupeLa journée de la jupe (2009) de Jean-Paul Lilienfeld

Le grand retour d’Isabelle Adjani, loin de l’outrance des costumes de la Reine Margot, elle campe une prof de français dans un lycée difficile ou les problèmes d’éducation côtoient les chocs culturels et la délinquance. Tout bascule le jour où elle trouve une arme dans le sac d’un élève et perd le contrôle.
Le sujet était hyper casse-gueule et se devait d’éviter de très nombreux écueils que le film de Lilienfeld arrive globalement à éviter. Alors oui, à trop vouloir traiter les problèmes récurrents de la vie scolaire en milieu difficile (les humiliations, les problèmes de culture, de religion, les tournantes, la pression subie par les profs), on tombe presque dans l’artificiel, surtout que la plupart des ados acteurs peinent à être crédibles (mais Sonia Amori, vue dans “La commune” la série de Canal, a de bons moments). Heureusement, Adjani est vraiment en forme. Elle se brise, explose, craque, s’ouvre, passant de la tendresse au désespoir (face à la communication rompue entre la République et ses enfants), à la rage face à la désinvolture de Mouss. Elle est même drôle parfois, quand elle imite ses élèves ou décline une invitation à se faire enculer. Une vraie performance humaine qui culmine avec la révélation finale, témoignage d’un vrai malaise de la société française.
Moi qui suis souvent très critique à propos des films sur la “banlieue”, Adjani a réussi à m’embarquer dans son propos, me renvoyant peut être à des situations entendues au sein de ma propre famille quant à la difficulté de faire cours ces dernières années. Mieux vaut oublier toute la partie du coté de la police, elle n’est crédible à aucun moment. A part ça, un témoignage plein de défauts certes mais plutôt honnête.

affiche-go-fast-2007-32Go fast (2008) d’Olivier Van Hoofstadt

La France s’essaie de plus en plus aux films de braquage, à grands renforts de scènes plus ou moins réalistes mais au moins spectaculaires, le plus souvent pour le pire. C’est Bibi Naceri au scénario, toujours aussi fasciné par le Milieu qu’il ait ou non dépassé les tours de la cité (j’assume d’ailleurs le fait que je trouve “La mentale” réussi sur pas mal de plans) et toujours aussi inconstant dans ses scripts, même s’ils sont 4 sur le maigre scénario de “Go Fast”. Une sombre histoire de trafiquants de drogue qui butent le meilleur pote d’un super flic qui va s’infiltrer comme chauffeur du dit réseau. Complètement bateau et péniblement crédible (j’adore les flics qui découvrent en 2008 que les mecs en bizness enlèvent leurs batteries et leurs puces quand ils vont à un rdv) mais heureusement sauvé par Rochi Zem, toujours impeccable mais qui a surtout l’air d’être là pour rendre service ou pour payer le financement du petit frère de “Mauvaise foi“. Est-ce utile de préciser que c’est évidemment EuropaCorp qui produit, donc c’est poursuites viriles, grosses cylindrées et belles pépés (Catalina Denis est d’ailleurs sublime). On repassera pour le reste.
Si le film avait continué sur l’ambiance du début du film (bien noire), “Go Fast” aurait pu tirer son épingle du jeu grâce à Rochdy Zem. Finalement, c’est un film d’action médiocre, version film de deuxième partie de soirée le dimanche soir sur TF1 (enfin ça c’était avant qu’il y ait CSI trois soirs sur quatre).

fille-de-monacoLa fille de Monaco (2008) d’Anne Fontaine

C’était un des buzz de l’an dernier, le premier rôle d’Ariane/Louise Bourgoin sur grand écran après quelques saisons de frasques sur le câble et l’explosion à la météo du Grand Journal de Denisot. Tout reposait donc sur la personnalité explosive de la demoiselle, ses courbes de rêve et un extrait provocateur où Louise retire son string et déshabille littéralement du regard un Fabrice Lucchini dépassé par les évènements. Le choix était facile (quoi qu’il y ait d’autres scènes sexy mais surement moins facilement diffusables) mais a eu l’inconvénient de faire un peu oublier le propos et le ton réel du film.
Lucchini campe donc un avocat renommé engagé pour défendre une femme accusée d’un meurtre qu’elle ne nie pas. Son employeur, inquiet de voir l’avocat devenir sujet de menaces de la mafia russe (impliquée dans le procès), lui impose la présence de Rochdy Zem comme garde du corps. Entre les deux hommes, pourtant on ne peut plus opposés (l’un est chétif, complexé, cérébral, l’autre sur de lui, affuté et instinctif), une relation se crée, relation qui sera mise à mal par l’arrivée de Louise Bourgoin, une miss météo ambitieuse, faussement ingénue, manipulatrice et très salope qui jette son dévolu sur Lucchini.
On est loin de la comédie que la promo semblait annoncer. Il y a un malaise permanent qui plane autour de Lucchini qui n’en finit plus de me surprendre. Profondément allergique à ses cabotinages pendant des années, je le trouve de plus en plus convaincant à l’écran, certes toujours dans un rôle de complexé/cérébral homme à femmes plus ou moins malgré lui. Il n’est pas le seul à ne pas trop sortir de son registre (mais tant qu’il assure… et c’est le cas), Zem est une fois de plus un rugueux au grand cœur dont la loyauté vire cette fois à la névrose.  Reste que Louise Bourgoin est difficilement supportable en cagole outrancière. Même si le rôle le demande, elle en fait trop et on frise l’indigestion.
Film assez surprenant quand on s’attend à une comédie et qui laisse une drôle de sensation.

death-race-poster-2Death Race (2008) de Paul W.S. Anderson

Ah, le cas Jason Statham. Il aurait pu entrer dans mon panthéon des bourrins de film d’action à coté de Vin Diesel et Dwayne “The Rock” Johnson (et plus loin Steven Seagal) mais non, Jason s’tatane a choisi la mauvaise voie. Je ne saurais même pas expliquer pourquoi… Peut être parce qu’avec “Le transporteur” il est devenu l’acteur fétiche de tous les jackytuningzechtimitouch et de leurs prothésistes ongulaires. Il avait pourtant pas mal commencer avec les films de Guy Ritchie mais faut croire qu’EuropaCorp en corrompt certains (même si la boite de prod de Besson a aussi produit de bons films).
En tout cas, on se marre bien avec “Death Race”. Du grand n’importe quoi complètement assumé, une sorte de “Running Man” sans fond sous forme de jeux vidéo (les voitures doivent passer sur des cases lumineuses pour obtenir des armes, chaque course est présentée comm un loading et annonce le prochain “Stage”, c’est outrancier dans le bourrinage). Du grand n’importe quoi sans intérêt, à mater entre potes en commentant à voix haute au mieux.

Au Nord, c’était les C(or)ons…

16 juillet 2008 3 commentaires

Il y a des choses que je ne m’explique pas. Comment un film aussi médiocre que “Bienvenue chez les Ch’tis” a-t-il bien pu attirer plus de 20 millions de personnes. Sans déconner… Nan mais sérieux, sans déconner. Qu’est-ce qui différencie BCLC (tiens aller hop, une abréviation parisienne pédante) d’un épisode quelconque de “Père et maire” sur TF1 ou de “Joséphine ange gardien” (encore qu’à coté de BCLC, Joséphine fait figure de film militant). Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil (alors que quand même, dans Joséphine, y a de sacrées ordures), retrouvons-nous tous sous l’arbre à bisous et chantons “Je veux être un bisou“.

[...] Ahum, scusez je m’essuyais après avoir vomi. Nan mais concrètement, on va pas s’extasier devant les qualités de réalisateur de Dany Boon, il y a plus de folie dans un épisode de Julie Lescaut. Ni sur la prestation des acteurs puisque c’est la cata : Line Renaud est complètement à la rue (qu’elle continue à mener la lutte contre le SIDA, ça elle le fait bien et ça me ferait presque lui pardonner le fait qu’elle soit UMP), Zoé Félix nous offre une magnifique composition de femme compatissante (alors là, la question se pose : vous préférez une moche qui joue bien ou une bombe qui joue mal ?) et Anne Marivin, malgré un joli sourire, sonne aussi juste qu’une prise de voix non trafiquée d’un single de Loana. Et ne m’accusez pas de misogynie je vous en prie, j’en ai autant pour les seconds rôles masculins. Rien qu’un nom : Patrick Bosso. A croire que tous les comiques (et les rappeurs) marseillais sont lamentables.

Après, Dany Boon fait son boulot. Il joue le benêt de service, le vrai gentil, celui qui même si on est méchant avec lui, ben il restera gentil. Genre la personnification suprême du Ch’ti, l’image d’Epinal absolue. Alors que le Sudiste (non pas celui qui pendait des Noirs en Alabama, celui qui râle après l’OM et qui boit du pastaga) lui est un gros con, beauf avec tout plein d’a priori sur les Nordistes.
Bref, Dany Boon arrive à être touchant, je plaide coupable. Tout comme Kad d’ailleurs. Mais le souci avec Kad, à mes yeux, c’est qu’il a déjà fait son “Tchao Pantin” comme on dit dans le cinéma. Quand je vois le potentiel dramatique qu’il a pu déployer dans “Je vais bien ne t’en fais pas” (non j’ai pas pleuré ta gueule), j’ai du mal à le retrouver dans son registre de cabotin habituel (qui, de toute façon, m’a rarement fait marrer).

En gros, “Bienvenue chez les Ch’tis” c’est un film qu’il est bien quand tu manges en même temps dans ton salon. De là à ce que 20 millions de Français lèvent leur gros cul – parfois même plusieurs fois – pour lâcher plus de 9€ (bientôt une place de ciné coutera plus cher qu’un DVD) afin de s’extasier devant les “biloutes” et les “hein” de ce qui sera désormais un “monument”, ça me fait un 2ème trou au fion (et ça, sans me faire tirer dessus comme un certain Karol Józef Wojtyła un beau jour de mai 1981). Surtout qu’après, ils sont contents d’y être allés ! Quand c’est pas le gros lourd à la cantine qui ponctue toutes ses phrases par “HEIN” et qui t’appelle “Biloute” alors que t’as déjà envie de lui écraser la tronche dans son boudin-purée en temps normal, c’est les connards qui ont raqué trouzes euros pour que leur portable “parle” Ch’ti. Et même qu’ils sont tous fièrs de le faire écouter à leur collègue dans le bus surchauffé et puant la transpiration qui les ramène à la maison pour regarder “La roue de la fortune“. L’humanité est médiocre.
Des comédies, il y en a trouze par an qui sortent, certaines meilleures, d’autres pires et pourtant, elles ne doivent pas faire le dixième des entrées du film de Dany Boon. Si encore c’était le même bouche à oreille que pour “Les Bronzés 3” où les gens se disaient les uns aux autres “N’y vas pas, c’est pourri” et où ils allaient quand même, mais non même pas. A force de bouffer de la merde, on finit par trouver que le vomis a bon goût ?

C’est pas une histoire de sombrer dans le cynisme le plus bas du front, c’est juste que vraiment, je dois pas avoir le cerveau qu’il faut pour comprendre pourquoi un film comme ça a-t-il autant marché ?! Je suis tombé un soir sur l’émission “Ce soir ou jamais” de Frédéric Tadéi sur France 3 qui, justement, essayait un peu de décrypter le phénomène. Ils m’auront bien fait rigoler eux, tiens. Autant, le populisme avec nivellement par le bas me file de l’urticaire, autant l’élitisme pseudo-intellectuel me provoque un petit vomis dans le fond de la gorge. Ces sommités de l’intelligence et de la culture y allaient tous de leur avis sur le pourquoi du comment du succès : et vas-y que c’est parce que la crise elle est dure et que le Pékin lambda il a besoin de rêver (on va y revenir à ça), que c’est parce que c’est pas trop compliqué pour le bouseux, etc… Il y avait des discours qui se tenaient (je me suis empressé de les oublier à grand renfort de résine canabique issu d’un pays où règne le terrorisme) mais le plus amusant, c’était de s’apercevoir que les 3/4 (je n’exagère pas) de ces références n’avaient même pas pris la peine d’aller voir le film.
Nan mais tu t’fous d’ma gueule ?! On leur demande pas d’essayer d’aller faire péter un car scolaire pour pouvoir parler du terrorisme ou de se faire enfiler par un séropositif en taule pour parler des viols en milieu carcéral, juste de prendre 2 heures pour regarder LE film du moment pour lequel on va les inviter à parler. Et je leur demande même pas d’aller au cinéma, le divx était dispo moins d’un mois après la sortie en salle (bouh villain pirate). Intellectuels de salon contre lobotimisé du quotidien, elle est belle la France ma bonne dame.

Les Américains avaient J.J. Abrams (producteur de Lost entre autres), désormais la France a Philippe Abrams, petit responsable de Poste immigré du Sud prétentieux vers le Chnord chaleureux et humain. Et dire que 6 mois avant, les Ch’tis étaient les Belges de toute la France. Et encore aujourd’hui, quand on regarde les émissions de télé réalité en tous genres (en tête les fans du tuning jaloux/soumis qui peuplent les “Confessions intimes” de TF1), d’où viennent les pires cas sociaux ? En tout cas, ils ont su inspirer une des espèces humaines les plus imbéciles : le supporter de foot. Ceux du PSG sont quand même réputés pour être souvent les plus abrutis auront réussi à me faire marrer avec leur banderole “Pédophiles, chomeurs, consanguains, bienvenue chez les Ch’tis” (on en a chié une pendule alors qu’en faisant un petit tour sur le net, on se rend compte qu’ils étaient assez soft finalement).

Mais du jour au lendemain, Dunkerque et ses patelins alentours sont devenus ZE place to be. Hey ouais ma gueule. A quand le Cap d’Agde chtimi où des couples bedonants de bière et de fricadelle viendront copuler lassivement au pied d’une digue de béton Bouygues en s’éventrant sur une résidu de schrapnell oublié ? (Oui je suis aussi poète à mes heures) Comment ça je tombe dans le travers que voulait justement dénoncé Dany Boon dans son film ? Mince alors, j’avais pas fait exprès !

Et à l’heure où j’écris ces lignes, une horde de touristes viennent défiler à Bergue pour voir la ville où a été tourné “Les Ch’tis“. Sur que la visite doit être passionnante. Ah au passage, à Bergue, on n’est pas chez les Ch’tis mais chez les Flamands.

Et comme un malheur n’arrive jamais seul, on risque de se cogner très rapidement une suite. “Les Ch’tis sur la Cote d’Azur“, “Les Ch’tis chez les Corses“, “Les Ch’tis chez les Bretons“, “Les 12 travaux des Ch’tis“, “Les bronzés font du Ch’ti“, “Ch’titanic“, “Mon curé chez les Ch’tis” ? Une chose est sure, les droits ont dors et déjà été achetés pour des remakes américains (production Will Smith) et italiens. Ce qui me rassure, c’est qu’il y a de très fortes chances pour que ça fasse un bide comme la version US des “Visiteurs” en son temps (et on m’enlèvera pas de l’idée que “Les Visiteuses” était nettement plus profond). Déjà que les scénaristes et Dany Boon sont en embrouille, ça promet quelques rebondissements rigolos.

Il parait que ça a marché parce que les gens ont besoin de rire, d’oublier leurs problèmes, leur quotidien… Et pourtant ils ont été 53% à la vouloir cette vie là (non pas que l’autre choix ait été réellement plus réjouissant). Le nivellement par le bas est en marche, camarades…

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.