I’d Rather Be With You
Pas de grand discours, 16 titres inspirés par le classique du grand Bootsy Collins ! D’Oakland à Tilles, de Chicago à Los Angeles, tous ont été reprendre la mélodie imparable du bassiste de Parliament. Enjoy!
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1. Bootsy Collins – I’d Rather Be With You (4:57)
2. 2Pac – Ratha Be Ya Nigga (feat. Richie Rich) (4:13)
3. Ice-T – How does it feel (4:30)
4. Do Or Die – Pimpology (4:13)
5. Questionmark Asylum – Get With You/I’d Rather Be With You (5:07)
6. Eazy-E – I’d Rather Fuck You (3:56)
7. Keak da Sneak – I’d Rather Smoke With You (4:13)
8. Too $hort – Gettin’ It (5:40)
9. Knightowl – I Wanna Fuck Me Some Hoes (5:15)
10. La Cellule – Trop Besoin De Flouze (4:48)
11. Mr. Creeps – Ohh Wee We Can All Be Friends (feat. Mr. Capone-E) (4:33)
12. Wreckless Klan – Swing A Episode (4:19)
13. Adina Howard – Freak Like Me (4:27)
14. Techniec & Tate The Great – Killa Cali (3:14)
15. Mr. Frost – I’d Rather Be With You (Instru) (4:33)
16. TaiPan – T’inquiètes, C’est Normal (2:13)
17. C-Natra – I’d Rather Bang Screw (feat. Big Hawk & Kyle Lee) (4:54)
Spécialement dédicacé à Bachir qui vient de sortir une très bonne mix-tape en hommage au groupe The Nonce. Support!
Swim Team “Ready To Dive”
Je vous avais rapidement parlé de la Swim Team, nouvelle garde d’un underground californien en pleine renaissance mais il faut bien reconnaitre que “Super Barrio Bros.” reste un OVNI dans la discographie de cette clique à l’univers musical polymorphe. Réuni à l’initiative de Joselph, le crew a fait des battles sa spécialité (real Project Blowed material), s’illustrant depuis plusieurs années dans les différentes compétitions organisées à travers le pays (notamment GrindTimeNow). L’improvisation comme art de vivre, la Swim Team n’en a pas pour autant moins de velléités artistiques personnelles, laissant à chacun le choix de choisir ses armes, en solo ou en groupe.
Aujourd’hui axée autour de 8 MCs (Joselph s’étant un peu éloigné du crew) et 2 producteurs, la Swim Team présente aujourd’hui cette formation : Dumbfoundead, Open-Mike Eagle, Psykozis (qui forment à eux 3 le groupe Thirsty Fish), Alpha MC, VerBS (Red Foxx), Rogue-Venom (la demoiselle de l’équipe), Sahtyre et Lyraflip pour le micro, Kuest 1 et DJ Zo (avec Maestro régulièrement en renfort) pour les prods.
Petit aperçu de la Swim Team :
Comme je suis un mec super sympa, je vous ai concocté une petite compile de ce qui, à mes oreilles, sont les meilleurs titres du crew, éparpillés sur les nombreux projets (la plupart gratuits et disponibles sur leurs Myspace respectifs). Je ne saurai d’ailleurs trop vous conseiller de mettre quelques euros dans les albums de Sahtyre “High Saht“, de Thirsty Fish “Testing The Waters“ et de télécharger “Loving Life” d’Alpha MC ainsi que les EPs de VerBS !
Swim Team “Ready To Dive” (2010) : http://www.megaupload.com/?d=F7OZSQC8
1. Swim Team – Gold Medal (4:04)
2. Sahtyre - J.O.B. (3:28)
3. VerBS - Journey To Fame (2:24)
4. Thirsty Fish – Get Wet (3:46)
5. Dumbfoundead - Jam Session 2.0 (feat. Esna & Herbal T) (5:28)
6. Alpha MC – Loving Life (3:05)
7. Dumbfoundead - Rapper-O’s (3:17)
8. Swim Team – West Indies (2:34)
9. Alpha MC – Smilin Faces (3:07)
10. Sahtyre & DJ Zo – Hard Freestyle (2:19)
11. Dumbfoundead - Cockblockers (3:42)
12. Open Mike Eagle – Combustible Party Truck (feat. Rift Napalm, Rogue Venom & NoCanDo) (4:13)
13. Sahtyre - Move (feat. Swim Team) (5:45)
14. Sahtyre - Liquified Dopeness (2:39)
15. Thirsty Fish – Fall Apart (feat. Aceyalone) (4:20)
16. VerBS - Check 1,2 (3:42)
17. Sahtyre & DJ Zo – Chinatown Wars Freestyle (1:57)
18. Thirsty Fish – Fat Kid (3:01)
19. Sahtyre & DJ Zo – Prom Queen (3:27)
20. Alpha MC - Digitize Me (3:13)
21. Dumbfoundead & 8-Bit Bandit – Three Pipes Down (feat. Psychosiz) (2:05)
22. Intuition & VerBS – Touch The Moon (2:57)
Don’t mess with the Swim Team!!!
Mes trésors enfouis…
Il y a quelques temps, je me suis penché sur mon adolescence et le rap français que j’écoutais à l’époque. Si aujourd’hui j’ai un peu de mal à me replonger dans l’état d’esprit qui m’avait fait commencer Enfile Ton Starter et qu’il reste au point mort, je me replonge parfois mes archives. Et je me rends compte qu’il y a des morceaux assez méconnus des auditeurs de rap français qui me font encore bien plaisir alors je fais tourner ! Du relativement peu connu et du gouffre, de 1996 à 2008…
1. Busta Flex – Aïe Aïe Aïe (3:27)
[Busta Flex - Kick Avec Mes Nike (Maxi), 1996]Le premier maxi de Flex Baba, à l’époque chez La Sauce Prod. (jusqu’à ce que ça barde un 20 mars 1997) était attendu comme le loup blanc par tous ceux qui avaient kiffé Original Blue Fonk (le groupe qu’il formait avec son frère Jimmy Hilife) et ses couplets sur l’album de Lone. Si “Kick Avec Mes Nike” a traversé les années grâce à sa présence sur le premier solo de Busta, le reste du 4 titres est resté plus confidentiel, à l’instar de ce “Aïe Aïe Aïe” bon enfant pour lequel j’ai toujours eu une petite tendresse, surement à cause du clin d’oeil aux Fugees et aux blousons Helly Hansen.
2. Papifrédo - Lève Le Bras En L’air (feat. J’L'Tismé) (2:59)
[Papifrédo - Gaze Mon Petit, 1996]Sacré gaillard que le Frédo quand même. Son caractère sans concession (Jean-Louis Foulquier en a gentiment fait les frais) aura surement nuit à sa carrière mais c’est aussi pour ça qu’on l’aime. En voilà un qui aurait mérité d’avoir un titre dans le top 100 de l’abcdr, “Des Sapes Plus Reuch” étant un véritable classique underground. “Lève Le Bras En L’air” sert à introduire “Gaze Mon Petit“, imposant immédiatement la personnalité hors norme de Papifrédo : un vrai énervé qui ne mâche pas ses mots armé d’un flow dont pas mal devraient prendre de la graine encore aujourd’hui…
3. Sens Unik – Barbarian (feat. Osez) (4:11)
[Sens Unik - Tribulations, 1996]Je n’ai jamais été fan du rap des old timers lausannois de Sens Unik. C’était souvent affreusement daté et les voix étaient poussives mais parmi leur entourage proche il y avait Osez. Avec sa voix haut perchée, ses accélérations et sa musicalité, il éclipsait systématiquement ses compatriotes et arrivait à tenir la dragée haute à une équipe de All Stars patentée. Des rumeurs d’album solo ont circulé mais rien qui me soit finalement arrivé jusqu’aux oreilles. En tout cas, je soupçonne DJ Enuff d’avoir choisi “Barbarian” pour sa compile “My Definition Of Hip Hop Vol.1” juste pour lui.
4. Vecteur - Qui Suis-Je ? (3:48)
[VA - Département E Posse, 1996]Avant Mafia Trece, il y eut le Département E Posse. Créé à l’initiative de Don Jo (qui rappe sous le pseudo de Révolution sur la compile), l’album réunissait déjà des rappeurs du XIIIème arrondissement parisien dont la plupart n’auront brillé que le temps du disque. Si pour la plupart, je n’ai pas nourri de regrets éternels, j’ai toujours espéré que Vecteur (aka le Galsen) fasse quelque chose, malheureusement en vain. J’ai depuis appris qu’il avait passé un moment à l’ombre mais que son retour était imminent auprès du Southcide 13 (auteur d’un excellent album produit par Aelpéacha en 2008). A suivre donc…
5. Dezé – Jeu D’enfant (5:12)
[VA - Opération : Coup De Poing, 1997]Sur la mixtape “Opération : Coup 2 Poing” (classique parmi les classiques), la plupart des gens ont surtout retenu à juste titre les apparitions de la Mafia K’1 Fry, de Time Bomb (bordel, ce “Esprit Mafieux“) ou la première version de “Sans Rémission” de la Fonky Family. Bizarrement, même si j’ai aussi adoré les grosses machines, ce sont des titres un peu OVNI qui m’ont fait le plus user la touche retour rapide de mon walkman. Presque 15 ans après, le flow de Dezé sur “Jeu d’enfant” continue à me traumatiser. “Blaireau, si tu tournes le dos au vent, tu l’as dans le cul“.
6. Les Refrés – L’Or Noir (4:32)
[Les Refrés - Encore Plus Que Vrais, 1997]Quand Cathasis et Dreyf avaient le projet de se lancer dans un projet autour de samples d’Aznavour, j’ai immédiatement pensé à “L’Or Noir” de Metek et son sample de “Qui ?“. Samplé et resamplé (notamment par Les Débutants), ce classique du petit Arménien est devenu indissociable du swing étrange de Metek et du refrain qui a squatté mon cerveau malade pendant des heures et des heures.
7. Busta Flex – Majeur (Live @ Lorient) (3:43)
[1999]Présent sur le premier album de Busta Flex produit par Kool Shen, “Majeur” durait à peine plus de 2 minutes, comme si Flex n’avait pas su aller au bout de son ambition. En 1999, alors qu’il ouvre la tournée de NTM (backé par Sully Séfil), Planète Rap diffuse en direct 4 titres de son show face à un public breton visiblement venu pour voir le duo dyonisien. Outre les classiques “La Ruée Vers Le Roro” (“A comme habile” yeah !), “J’fais Mon Job A Plein Temps” et “Pourquoi“, Busta se lance dans “Majeur“… version longue. Alors oui, c’est naïf mais ça me fait plaisir qu’il ait réussi à le terminer ce titre.
8. Fréko - Homme de Néandertal (1:07)
[VA - Pray'One & Saphyr présentent MCs En Faktion, 1999]A l’époque, ATK perdait du poids comme un touriste chez Center Farc : Tacteel avait déjà pris ses distances, Fréko tentait l’aventure en solo bientôt suivi par Antilop… Grand habitué des mixtapes, le mangeur de pierres a toujours eu tendance à recycler ses couplets d’une cassette à l’autre. Cette fois c’est un couplet d’un morceau mort-né de Légadulabo qui est remis au goût du jour, annonçant l’évolution du MC du 91 vers un univers autrement plus dur que la naïveté touchante entendue sur “Heptagone“. “Dans le parc, ça sent la blanche, c’est le QG des toxicos / les enfants crachent du sang jusqu’au pied du tobogan“, charmant.
9. Pyroman & Neda – L’étau (Remix) (feat. Rockin’ Squat) (3:53)
[Pyroman & Neda - L'étau (Maxi), 1999]J’ai eu ma grosse période casse-couille “nan-mais-man-le-rap-c’est-une-musique-engagée” (mais tu vas fermer ta gueule oui ?) où je traquais la moindre sortie Assassin Productions. Même si aujourd’hui j’ai du mal à réécouter un album de Rockin’ Squat, son label m’aura au moins permis de connaitre La Caution… et Pyroman. Bon ok, en réécoutant ce remix de “Prisonnier De L’étau“, je me rends compte que le morceau est beaucoup moins bon que dans mon souvenir. Mais je garde une petite tendresse pour cette prod à l’ancienne et pour l’envie de bouffer le mic de Pyro.
10. TTC & Légadulabo – Onpeupadir… (Original) (3:38)
[VA - Section Est, 1999]On dit souvent que les entourages font ou défont les carrières. Pour ce qui est de “Section Est“, les divergences entre Rost (instigateur du projet) et Lynx (manager du Barillet et de Légadulabo) causeront l’absence de Loko, Méka et Fréko sur le disque. Sur “Onpeupadir…“, Fréko sera finalement remplacé par Hi-Tekk de la Caution, forcément un peu parachuté au milieu du délire de Tido, Cyan, Cuizi, Yemcha (un des nombreux talents gâchés du rap français) et Tekilatex. Un peu anachronique sur le disque, la prod de Mr. Flash donne la possibilité aux rookies de TTC de se faire la main et d’imposer leur style si particulier. Et Teki qui fait du rap conscient, ça vaut son pesant de cacahuètes.
11. 2K Bateau D’Pirates – Pas D’I Love You (3:33)
[VA - Cypha Prayer Crew présente Psycko Headz, 2000]Mes années de chroniqueur sur mix-tape.com, la cave d’Ekivok, les discussions avec Jegeor et des dizaines d’heures de freestyles horribles sur cassette au son dégueulasse. Chroniqueur de mixtapes au début des années 2000, c’est un peu comme avoir envie de se faire attacher sur une croix dans un donjon, un truc de masochiste. Mais de temps en temps, on ne sait pas trop pourquoi, on assiste à de petits moments de grâce qui font oublier un peu le vomis auditif qu’on a ingurgité pendant des mois. Sortis de nulle part, le duo 2K proche de Pray’One m’avait littéralement scotché avec “Pas d’I Love You“, sa noirceur, son réalisme et sa simplicité. Longtemps, je me suis dit que j’aurais aimé avoir écrit le dernier couplet, avec les années je le trouve peut être un peu moins fort mais toujours aussi réaliste. Le groupe quant à lui a fait quelques autres apparitions sur cassette et devait sortir un album (j’attends toujours qu’il me l’envoie) mais sans jamais atteindre la qualité de ce titre.
12. Fredy K – www.LHF (4:08)
[VA - Béton Armé, 2000]J’ai rencontré Fredy K une seule fois, un jour de fête de la musique (celle évoquée par Cyan sur l’album de l’Atelier). Petit bonhomme, grand cœur. A l’époque, l’aventure ATK était en stand by et il avait formé LHF avec Naya H et L’D.Kick. Annonciateur de la formation, ce freestyle produit par son frangin, (Kesdo des Refrés) sur la mixtape “Béton Armé“. Ayant usé le morceau jusqu’à la corde, j’étais tout content de le féliciter… sauf que Fredy n’en était pas content du tout. J’ai beau savoir ça, j’arrive pas à le trouver mauvais… “Groooooooooooooos comme Babaaaaaaaaar !“. Repose en paix Fredy.
13. Donkishot – Freestyle Fantôme (feat. Octobre Rouge) (3:20)
[Donkishot - Restauration Rapide (Version CD), 2001 - jamais sorti]Découvert en freestyle à Grekfrite (l’émission animée par Tekilatex sur Internet au début des années 2000) alors qu’il accompagnait Octobre Rouge, Donkishot m’avait plutôt impressionné. Une voix profonde, des images marquantes, un flow inédit, qualités bientôt confirmées par son premier maxi. Une version CD devait sortir, augmentée de ce duo avec OR mais les finances de Colekt’Or étant trop justes à l’époque, le projet avait été abandonné. Quelques années plus tard, Donki avait fini par partager ce freestyle fantôme sur son site, finissant de renier cette époque et les gens qui lui avaient permis d’avancer. Chacun sa route, chacun son chemin…
14. Dyslexie – Retenus Au Sol (4:36)
[Dyslexie - Retenus Au Sol, 2001]Quatuor parisien proche de Néochrome et de Tido de TTC, Syclone, Twoma, Crapulomic et C.Kel sont arrivés au mauvais moment. L’indé galérait pour trouver des distribs, les autoprods étaient refusées par les FNAC et quand en plus on est une bande de joyeux branleurs, ça ne facilite pas la vie. C’est bien dommage parce que ces 4 là n’étaient pas manchots et leur maxi carrément solide. J’ai longtemps attendu un projet de Syclone (il commence son couplet à 1’24 pour situer) mais entre ses problèmes de label et ses séjours en hôpital psychiatrique, la route fut longue. Il me reste plus qu’à écouter ce que ça donne presque 10 ans après.
15. Énergumènes – Pass Pass (Maquette) (4:00)
[Energumènes - De Bouche A Oreille, 2001]La famille t’as vu. Après quelques mixtapes (dont “Hétéroclick” dont ils ont été les instigateurs) et que Defro soit parti vers d’autres horizons, Kaïl et Men6P tentent l’aventure du maxi dans une période où le format (qui plus est en CD) est maudit. Après un maxi à 3 mort-né suite à des divergences avec le proprio du studio, on repart à zéro, vaguement aidé par votre serviteur au management. Même si le disque a fait un four, la motivation manquant, on se sera quand même bien marré, entre nuits blanches dans Paris, sessions studio et vannages des heures durant. Bêtes de souvenirs les gars, je persiste à penser qu’il y avait de bons morceaux sur ce maxi même si la maquette de “Pass Pass” pète 10 fois plus que la version disque (Kaïl, talent gâché).
Aujourd’hui Men6P pouponne, Kaïl aussi mais continue dans la musique avec M.Rod (ex-Defro) :
16. Grain d’Caf – Freestyle (1:59)
[VA - DJ Poska #46, 2001]On va pas épiloguer 107 ans : Grain d’Caf x Adam F x M.O.P = boucherie.
17. Sil Doper – Freestyle (3:46) – 2001
Le gouffre total. Le témoignage d’une soirée arrosée et enfumée entre deux taggers parisiens, freestyle produit par Sil et qui restera a priori comme la seule trace du duo qui était voué à ne pas durer. L’immortalisation d’une fulgurance, les élucubrations abstraites de deux presque inconnus (l’un d’entre eux a en fait fait carrière dans la photo). Doper ouvre le bal, funambule alcoolisé à la limite de la chute avant que Sil n’enfonce le clou sur la 2ème partie du titre. C’est peu de dire que son couplet m’a traumatisé, je l’ai écouté des dizaines de fois, hypnotisé par le swing bancal et mystique de cet inconnu qui n’aura vraisemblablement jamais l’occasion de me décevoir.
18. Odji Ramirez – Nique La Bac (4:07)
[VA - Police 2, 2002]Après avoir commencé dans le rap au sein d’ATK (“Zak” a en effet d’ailleurs failli être le 3ème de Légadulabo), Odji Ramirez a retenté une percée sous l’étendard gangsta rap au début des années 2000. Membre du Réservoir Dogues (et donc de CSRD), il sortira un maxi “Odjiland 2” dont est issu “Hors La Loi” ici remixé sous le nom de “Nique La Bac“. Sirènes agressives et survitaminées, flow nerveux et affuté, défouloir total et bas du front, le morceau reste une des plus belles réussites de la scène Bandana Music et compagnie.
19. La Fouine – Freestyle Max de 109 @ Skyrock (2:22)
On a souvent tendance à l’oublier mais La Fouine c’est pas seulement des morceaux au vocoder et des gimmicks pas toujours inspirés (oui je suis déçu par le dernier album), c’est surtout un mec qui aime le rap, qui aime kicker et qui le fait bien quand il se sort les doigts du cul. Quand on écoute sa prestation lors des qualifications pour la compilation Max de 109, il n’y a même pas besoin d’écouter les autres pour savoir que le mec est au-dessus du lot (et ce ne sont pas les carrières des autres lauréats qui me feront mentir) : un sens du refrain, une présence, une personnalité, une aisance assez hors du commun et surtout, un plaisir ultra communicatif au micro. C’est ça, la la la la Fouine.
20. Syntax & DJ Godzy – Tangi Undercover (3:34)
[Syntax & DJ Godzy - Gens Du Voyage, 2005]Découvert grâce à “L’alternative” sur M6 il y a quelques années, le duo gitan avait retenu mon attention : de la musique traditionnelle tzigane, la grosse voix énervée de Syntax, une douce mélancolie pour parler des siens, les gens du voyage. Surprenant, surtout qu’à l’époque, Seth Gueko n’avait pas encore imposé son délire gitan au rap français. Ici, on ne joue pas, ça sent la caravane, les feux de camp et les années d’ostracisation. Sortez vos dicos français/manouche, on part en virée avec le tanj’ à la tête d’ange… L’album est d’ailleurs vraiment réussi, si quelqu’un sait où se le procurer, qu’il n’hésite pas à me filer l’info !
21. KazaK - Jus’ka (4:01)
[VA - @stronet Radio, 2006]Les Français qui se sont essayés au crunk depuis quelques années sont légion mais peu sont ceux qui ont su saisir l’essence même de la musique originaire d’Atlanta. Originaires de Sartrouville (S-Town pour les intimes), Tempus Boy et Vyb’s Ô Mic se sont faits plaisir en posant sur l’énormissime “Knuck If You Buck” de Crime Mob : crétin, simple, efficace et bien rappé. Que demande le peuple ?
22. Desty Corleone – Gangsta Shit (3:45)
Cocaïno-rap musique comme dirait le roi. De l’ignorant rap dans toute sa splendeur, ambiance sudiste qui fronce les sourcils avant de replonger le nez dans la farine. Parental Advisory mon cul sur la commode machin truc, juste un défouloir gratuit et vulgaire. Et quand c’est bien rappé, ça passe tout de suite mieux.
23. Oxmo Puccino – Hé Ouais (Chet Remix)
Single qui scellait la réconciliation entre Ox’ et DJ Cream, “Hé Ouais” dans sa version originale n’a jamais réussi à me convaincre totalement, la faute à une prod peu inspirée. Au hasard de mes pérégrinations sur MySpace, je suis tombé sur ce remix de Chet qui a la bonne idée d’aller taper dans la musique orientale. Les arpèges de cordes donnent au morceau une mystérieuse saveur mélancolique qui ne vautre pas pour autant dans l’auto-apitoiement ou la mièvrerie. Du coup, un de mes morceaux préférés d’Oxmo malgré ses nombreuses imperfections.
24. Mafia Canine, Lil Thug & Seno – Nouvelle École
[Mafia Canine - Dead Or Alive, 2008]Pour finir, les plus jeunes et les seuls provinciaux de cette sélection (et c’est là que je me rends compte que j’aurais du mettre “Le Règne Du Rap” de Philémon), la Mafia Canine (Dogg Soso, Doggy G, Marco et NX) originaire de la région de Rouen accompagnée par Lil’ Thug (et son paternel au refrain, big up Seno mon pote). Si aucun ne démérite sur ce petit bijou de prod (Dogg Master), surtout quand on se rappelle que Lil Thug et Marco ne devaient pas avoir avoir passé les 15 ans au moment de l’enregistrement mais si je ne devais en garder qu’un, c’est à NX que reviendrait le rôle d’Highlander. Sans pour autant négliger le fond (une marque de fabrique chez l’animal), il conclut le morceau sur une accélération dévastatrice en jouant avec le timbre de sa voix, du beau boulot !
Forcément, je termine ce laïus vraiment trop long en me disant que j’en ai oublié plein et qu’il y a des titres que je serai surement le seul à kiffer… Tant pis, tant mieux, on verra si je fais une suite.
Télécharger la compile
Dumbfoundead & 8-Bit Bandit – Super Barrio Bros. (2007)
Dumbfoundead & 8-Bit Bandit « Super Barrio Bros. » (2007)
CD-R
1. Intro (3:08)
2. Mash and Smash (2:34)
3. Bosses (feat. Alpha MC & Open-Mike Eagle) (4:01)
4. Bad Villain (3:27)
5. Three Pipes Down (feat. Psykosiz) (2:20)
6. Song of Time Instrumental (4:05)
7. Strategy Guide (feat. Sahtyre, Psydewaze & NoCanDo) (3:49)
8. System (feat. DJ Dstrukt) (1:43)
9. Snoochie Instrumental (1:52)
10. Game Over (3:20)
11. Outro Instrumental (3:44)
12. Next Level (feat. Lyraflip, N/A & EMS) (4:08)
13. Shit Talkers (feat. Thirsty Fish) (4:34)
14. Glitch Ghost (feat. Abstract Rude) (3:50)
De par le style des rappeurs qu’il a drainé depuis sa création, le Project Blowed a toujours plus ou moins eu une image de rap pour backpackers, pour petits blancs ou pour grown ups qui trouvaient dans les disques d’Abstract Rude, Freestyle Fellowship et consorts le fond qui leur manquait dans le gangsta rap. Et pour les artistes en herbe, l’îlot de paix de Leimert Park (réputé pour ses clubs de jazz) était l’endroit rêvé pour confronter leurs expérimentations à un public sans pitié. Tu es un nerd dans ton bahut et les jocks te mènent la vie dure ? Tu peux devenir un héros au Blowed si tu sais rapper et encore plus si tu sais clasher.
C’est d’ailleurs comme ça que Jonathan “Dumbfoundead” Park a commencé sa carrière. Déscolarisé après le 10th grade (l’équivalant de notre seconde), Dumb s’est lancé à corps perdu dans le rap, multipliant les battles, imposant sa nonchalance et son air goguenard straight outta Korean Town. Un branleur jovial a l’humour potache, entre frat boy alcoolo et geek obsédé qui trouve en la personne de 8-Bit Bandit (obscur producteur californien adepte des sons façon NES de notre enfance) un partenaire de jeu à la hauteur de sa désinvolture.
L’exercice de produire à partir de jeux vidéo a déjà été tenté par d’autres et une fois passée l’effet nostalgique “rooooh bordel, c’est un sample de Mario”, on range le disque dans un coin et on ne le ressort que pour faire marrer les copains qui ne sont pas branchés rap. Difficile donc de dépasser l’aspect OVNI pour imposer de réelles qualités artistiques.
Au 8-Bit Bandit donc de devenir le Luigi d’un Dumbfoundead sautillant comme un plombier italien sous champi. Le tiers de Thirsty Fish est impeccable du premier tuyau à la dernière warp zone, distillant son humour, son arrogance enjouée et ses qualités techniques sur les 10 titres rappés de l’album. Agé de seulement 21 ans au moment de la sortie de ce “Super Barrio Bros.“, DFD a déjà intégré la technique de ses ainés du Project Blowed : on retrouve une folie cartoonesque qui n’est pas sans rappeler les débuts de Busdriver (époque “Memoirs Of The Elephant Man“) comme sur le très bon “Mash And Smash” ou l’école CVE/Hip Hop Kclan sur le nerveux “Bosses“.
Là où le bas blesse, c’est au niveau des prods. Les morceaux instrumentaux sont rarement passionnants (si on fait exception de l’intro, oppressante et efficace), 8-Bit Bandit se contentant d’habiller légèrement des samples tirés de la machine grise et anguleuse de Nintendo. L’exercice, parfois très réussi (comme le hit de l’album “Three Pipes Down” avec Psykosiz, character designer dans le jeu-vidéo dans le civil) peut s’avérer assez pénible quand les nappes se superposent dans une cacophonie cheap (“Strategy Guide” pourtant très bien rappé) ou que la répétition se fait sentir (“Next Level” et “Glitch Ghost » ; “Bosses” et “Bad Villain“).
Alors effectivement, le projet n’évite pas l’écueil le plus évident, son atout charme étant également son principal défaut : les prods de 8-Bit Bandit auront vite tendance à taper sur le système. En revanche, il serait vraiment dommage de passer à coté de la prestation de Dumbfoudead qui, la même année, faisait des étincelles au sein de Grindtime, la ligue de battle américaine.
Malgré son jeune âge, l’homme aux tentacules impressionne. Décontracté, décomplexé (comme en témoigne le cyber-stupid-punk “System“), Dumbfoundead sort l’artillerie lourde, un power flower qui crache des boules de feu, techniquement irréprochable et déjà ultra-complet. Un premier effort solo prometteur et annonciateur d’une suite des plus enthousiasmantes. Where’s the LA underground? It’s 3 pipes down!
Télécharger “Super Barrio Bros.”
Liens utiles :
- Dumbfoundead sur le net : site officiel, MySpace, Twitter, FaceBook, YouTube
- 8-Bit Bandit : site officiel, MySpace, FaceBook
Braquo : Canal+ confirme, Marchal se répète
On le sait, la France est une handicapée de la série télé. Elle a su développer son “exception culturelle” à coups de sagas de l’été (“Puissaaaaaaaaaaaance et gloiiiiiiiiiiiiiire“, toujours un plaisir mon cher Herbert), de sitcoms abêtissantes (Jean-Luc Azoulay/Jean-François Porry enfoiré), de séries policières à la papa (Navarro, Julie “Mais ferme bien ta gueule” Lescaut…) et d’adaptations pathétiques (essayer de concurrencer CSI avec RIS, c’est comme tenter le 110 mètres haies en fauteuil roulant). Des formats qui plaisent encore à la sacro-sainte ménagère de moins de 50 ans (désolé m’man, tu les intéresses plus) mais que les autres ont de plus en plus de mal à suivre, élevés en plein air et au bon grain à grands coups de productions américaines autrement plus riches.
Mais y a du pognon à se faire avec les séries. Que ce soit TF1 (RIS & co), le service public (“Sur le fil“), M6 (“Les bleus“) ou Canal+ (“Scalp“, “La Commune“, “Mafiosa“…), toutes les grandes chaines ont créé leur pôle fiction et tente de tirer leur épingle du jeu. Personnellement, j’appréciais plutôt “P.J.” sur France 2, petite série sans prétention (148 épisodes quand même) qui avait compris que jouer la carte du réalisme et de la proximité était une bonne idée mais tout ça manquait un peu d’envergure.
Comme d’hab, c’est de la chaîne cryptée qu’est venu le salut. Canal+ a une tradition d’avant-gardisme (en reprenant les formats américains certes), de l’argent et des gens qui osent dans ses rangs. Peu étonnant donc de voir depuis quelques années apparaitre à intervalle régulier des créations originales qui, si elles ne sont pas forcément totalement abouties (il manquait à “La commune” un petit quelque chose en cohérence, “Doom Doom” aurait mérité de durer beaucoup plus longtemps et “Scalp” souffrait peut être d’un casting un peu bancal) avaient le mérite d’essayer des choses et d’avoir de l’ambition.
“Braquo” est donc la dernière création originale de la 4ème chaine et a connu un parcours un peu chaotique. Olivier Marchal (ancien flic aujourd’hui acteur, scénariste et réalisateur – “36 quai des orfèvres“, “MR73“) avait proposé une première série à Canal qui finalement l’avait laissée filer sur TF1, cette dernière la délestant de toute sa substance en tentant de l’adapter pour la ménagère. “Flics” a donc débarqué à l’automne 2008 sur la chaine qui rend con après que Marchal s’en est désengagé et annoncé qu’il bossait sur une nouvelle création destinée à Canal.
L’ancien flic a trouvé une formule efficace pour faire son trou dans le cinéma français : un retour au film noir (malheureusement délaissé depuis les années 80), des histoires inspirées de faits réels, une violence froide et toujours des flics qui naviguent à la limite de la légalité. Pas de surprise avec Braquo qu’il a co-écrit avec son complice Frédéric Schoendoerffer (“MR73“, “Truands” – Caubère gueulant “on me beurre pas la raie” reste un de mes plus beaux fous rires au cinéma -, “Agents Secrets“, “Scènes de Crime“), le duo a appliqué la recette à la lettre.
C’est d’ailleurs à la fois la force et la faiblesse de Braquo. Pour peu qu’on ait suivi un peu les films dans lesquels Marchal est intervenu, on sait ce à quoi on va avoir droit : une équipe de flic de terrain, habituée à frayer avec la voyoucratie à tel point qu’elle en a adopté les façons d’opérer, un officier au bout du rouleau, une hiérarchie couarde et consommatrice de bouc émissaire, des flics très humains, de l’alcool, du sexe et de la violence. Un petit gout de déjà vu donc mais au moins, cette fois, Marchal a réuni une nouvelle équipe (pas que son équipe “habituelle” soit déméritante, au contraire mais un peu de fraîcheur ne fait pas de mal) à qui il a, il faut bien le reconnaitre, distribué le même type de personnages que dans “MR73″ ou “36″.
Bon casting d’ailleurs ! Nicolas Duvauchelle en tête brûlée complètement camée a tout pour s’épanouir dans le genre, Karole Rocher et sa beauté torturée a totalement sa place dans cette équipe de mâles rugueux et Joseph Malerba et ses airs de Michael Chiklis a l’air d’être né pour ça. Quant à Jean-Hugues Anglade (pour qui c’est la première incursion dans un tel registre), après deux épisodes, il lui reste à finir de convaincre. Physiquement, il est au top : barbu, cerné, éteint, il campe a priori un bon chef d’équipe. C’est quand il prend la parole que la crédibilité de son personnage en prend un coup. On retrouve malheureusement encore trop le grand sensible qu’on a l’habitude de le voir jouer, il manque de cynisme, de violence, de cicatrices laissées par la réalité du terrain. Un léger bémol de ce coté là donc mais rien qui n’entache la qualité globale de ce qui promet d’être une très bonne série.
Olivier Marchal le rappelait lundi dernier dans “Le Grand Journal” sur Canal+ : on loue la qualité de son cinéma pour son réalisme mais son premier souci en tant que scénariste et réalisateur, c’est le spectacle. En cela, il a été bien inspiré de piocher quelques références outre-Atlantique, du coté des furieux de The Shield. Comme la Strike Team de Vic McKey, l’équipe d’Eddy Kaplan (J-H Anglade) est adepte des opérations musclées, du chantage, de l’intimidation, de la cagoule et des gants. Et comme la Strike Team, ils sont prêts à tout pour se protéger les uns les autres, parfois contre eux-mêmes. D’ailleurs, on ne m’enlèvera pas de l’idée que Walter (joué par Joseph Malerba) a en grande partie été inspiré par Vic : trapu, chauve, l’air peu commode, il s’avère être un père de famille attentionné qui doit composer avec la maladie de sa femme (le coup des mômes autistes, ça aurait fait trop), ce qui l’enfonce peu à peu plus profondément dans la merde.
Dans les deux premiers épisodes diffusés (“Max” et “La ligne jaune“), l’action se concentre quasi-exclusivement autour des problèmes internes de l’équipe et même si on croise quelques truands (“vrais” voyous ou en cols blancs), ils ne sont qu’un accessoire. C’est là qu’un deuxième bémol se profile : il manque à l’histoire de Braquo (jusqu’ici) une autre dimension, plus sale, plus dure, celle des voyous auxquels ils vont bientôt se substituer. Attendons de voir ce que la suite nous réserve…
Enfin, on peut s’interroger sur l’image que Marchal veut donner à ses anti-héros. Super flics abimés par le boulot et le manque de confiance de la hiérarchie ? Fonctionnaires qui abusent de leur autorité ? On a comme souvent l’impression qu’il excuse les débordements de ses anciens collègues, comme si c’était “pas vraiment leur faute”. La fin justifie-t-elle les moyens, peut-on tout faire par amitié ? Avec en plus un petit coté poujadiste concernant l’IGS et la hiérarchie en général. De la vraie série noire, pas moralisatrice (encore heureux) mais peut être un peu complaisante jusqu’ici.
En tout cas, Braquo démarre bien et met en place dans ses deux premiers épisodes un paquet d’éléments explosifs qui promet un joyeux bordel. Bien joué, avec du caractère et un parti pris ambitieux, la série d’Olivier Marchal qui doit sortir en DVD dès début novembre devrait faire le même “carton” que ses films. A juste titre.
Hung, HBO victime d’un coup de mou
Home Box Office, HBO pour les intimes, est à l’origine d’une partie des meilleures séries diffusées ces dernières années, la plupart connaissant aussi bien le succès médiatique que public. Jugez plutôt (le chien de Mickey) : Band of Brothers, The Sopranos, Oz, Sex ‘n the City (on en reparlera un jour), Six Feet Under, The Wire ou plus récemment le tordant Flight Of The Conchords ou encore True Blood.
En juin dernier, la chaîne culte lançait donc sa dernière création, Hung. Il s’agit donc l’histoire de Ray Drecker, prof d’histoire quadragénaire (joué par Thomas Jane qui avait collaboré à la daube qu’est Punisher version 2004, en portant le t-shirt à tête de mort) dont la vie se délite : sa femme (Anne Heche) s’est barrée avec un nerd plein aux as, ses enfants (des faux jumeaux gothiques obèses) le méprisent, sa maison a pris feu et il n’a plus l’argent pour la remettre en état.
A la recherche d’un moyen de gagner de l’argent, il s’inscrit à un cours de création d’entreprise où il rencontre Tanya (Jane Adams), fille perdue à cheveux gras qu’il grimpera sans ménagement le soir même. Après qu’il s’est comporté comme le dernier des enfoirés, il prend conscience que son seul atout dans la vie est son énoooooooorme… bite. Aidé par Tanya qui jouera le rôle de mac, il décide de monnayer son talent. Ray devient donc gigolo…
Jusque là, tout va bien. On se dit que c’est HBO, que le sujet est un peu borderline et que ça peut donner lieu à pas mal de situations burlesques et bien senties (surtout avec des noms d’épisodes tels que “Great sausage or can I call you dick?“). Et là c’est le drame, à commencer par le casting.
Thomas Jane (monsieur Patricia Arquette) a toujours autant le charisme d’une moule et il est bien difficile de s’attacher au personnage. Avec son air benêt et malgré son physique de bellâtre, Ray (ou plutôt Thomas Jane) ne dégage rien : pas d’humour, pas de cynisme, pas de répartie cinglante, juste un mec médiocre mais doté d’un membre très apprécié des milieux autorisés. Un vrai manche à couilles en somme, pour lequel il est bien difficile de ressentir quoi que ce soit : ni admiration, ni jalousie, ni sympathie, ni mépris, tout juste une indifférence polie.
Une indifférence polie qui finalement sied assez bien à l’ensemble du casting, encore que les personnages féminins s’en sortent plutôt mieux, sans pour autant marquer les esprit. Les jérémiades de Tanya agacent, la candeur d’Anne Heche en fait une nunuche insupportable (encore que la fin de la saison permet d’espérer une amélioration de ce côté là) et les jumeaux mettent mal à l’aise (les expérimentations capilaires et vestimentaires adolescentes, alliées à un physique à la base difficile, ça fait beaucoup). Heureusement, quelques bons moments sont à mettre à l’actif des seconds rôles, Rebecca Creskoff (working girl castratrice et sans gêne) et Steve Hytner (gourou libidineux et baratineur) en tête.
Mais c’est surtout au niveau de son rythme et de son ton que Hung déçoit. N’espérez pas une débauche de luxure, la vie dans le business du sexe n’est pas facile (“It’s hard out here for a pimp” comme disait l’autre) pour un abruti bourrin et une complexée victime chronique. Donc non, Ray ne passera pas les 10 épisodes de la première saison à déglinguer tout ce qui bouge : il passera beaucoup plus de temps à se prendre la tête et à soigner les petits bobos de Tanya (qui le lui rend bien) qu’à gagner de l’argent et user de son appendice.
Et quand il passe à la casserole, c’est avec pudeur que la série fait l’ellipse des ébats (là où True Blood sur la même chaine faisait peu de cas de la censure). Finalement, à trop vouloir jouer la carte de la sensibilité (et viser un public féminin – ce qui somme toute est plutôt cohérent avec le propos de la série), on perd en humour ou en profondeur du propos (et ce malgré l’outil de Ray) : il n’y a pas vraiment de discours derrière Hung, si ce n’est (peut être) que les femmes peuvent reprendre le pouvoir en usant elles aussi du sexe tarifé. Mouais, on a vu plus percutant comme démonstration féministe mais heureusement, la question de la moralité de l’entreprise n’est pas au cœur des débats (la prostitution étant ici abordée d’un point de vue purement marketing).
Cependant, les deux derniers épisodes de la saison laisse présager du mieux pour la suite (la saison 2 est dors et déjà confirmée) avec la mise en place d’événements intéressants à développer mais dont je vous laisse découvrir la teneur vous-même.
On a connu HBO plus inspiré et surtout plus efficace pour lancer ses séries. Peut être faut-il laisser à Hung le temps de murir un peu mais c’est un pari risqué face à une concurrence toujours plus nombreuse et de qualité. Tant mieux pour le spectateur mais il serait dommage que de mauvais choix marketing précipitent la chute d’un laboratoire qui a donné naissance à tant de classiques télévisuels.
Play It Cool Vol.2
La première a eu l’air de bien plaire, j’espère que la suivante aura le même succès. J’ai mélangé gros classiques et morceaux moins connus, toujours plutôt cool…
1. Roca Dolla “What Is A Classic” (2008) : intro de son album sorti l’an dernier, le monsieur n’est pas un total inconnu pour tous ceux qui se sont penchés sur la scène G-Funk en Arizona puisque Roca Dolla a en fait déjà sorti 2 albums sous le nom de Mr. Iroc, “Finally On Tha Map” en 1996 et “The Release” en 2000.
“Roca Is A Classic” est un double album sans prétention, très éclectique et solide, une bonne surprise sortie d’un peu nulle part porté par la voix suave d’Iroc, aussi à l’aise dans les clins d’œil nostalgiques que dans un style plus moderne (et on lui pardonnera quelques pompages éhontés). En tout cas, joli name dropping où on n’aura pas grand chose à critiquer…
2. Luniz “I Got 5 On It” (1995) : ah ben quand on parle de classique… Le morceau qui a révélé Yukmouth et Numskull au reste du monde (après de bonnes apparitions sur “Explicit Game” de Dru Down l’année précédente), je me souviens encore de leurs performances à la télé qui se terminaient systématiquement par un montrage de fion goguenard de la part des rappeurs d’Oakland.
Cette prod est vraiment magique, presque 15 ans que je l’écoute en boucle sans me lasser… J’aurais pu mettre un de des deux énormes remix façon posse cut mais je reste un grand fan de la version originale dont j’avais récupéré la fiche lyrics d’un magazine pour gonzesses à l’époque.
3. Scarface “Goin Down” (1994) : même si c’est complètement kitch de reprendre le tube teuton de Nena “99 Luftballons“, j’adore ce morceau, son refrain et la légèreté qui s’en dégage et tant pis si c’est loin d’être le meilleur titre du leader des Geto Boys. Et puis de toute façon, si vous ne deviez n’écouter qu’un album de Scarface (ce qui serait honteux) il faut écouter “The Diary” dont est tiré ce titre. Un des meilleurs albums rap de tous les temps. Classique.
4. Devin The Dude “Lacville ’79” (2002) : pas de playlist relax sans la personnification du cool, Devin Copeland. Si je dois faire d’autres compiles sur le même thème, il y aura systématiquement un titre du D de Odd Squad. De la weed et des femmes, comme quoi finalement le bonheur ne tient pas à grand chose mais comme il est aussi difficile de trouver de la weed qu’une femme avec qui on se sent bien, la décontraction de Devin en devient fascinante. Et cette déclaration d’amour à son épave roulante a un petit coté adolescent des plus rafraichissant. Très vraisemblablement mon morceau de Devin, tiré de son 2ème effort solo “Just Tryin’ Ta Live“.
5. U.G.K. “Look Into Our Eyes” (????) : le rap de Houston ne serait pas le même sans DJ Screw, son addiction au sizzurp et son goût pour les remix ralentis des hits locaux. S’il n’est plus là aujourd’hui, son héritage demeure (demandez à DJ Michael Watts de Swishahouse et beaucoup d’autres) et je trouve que ce morceau des vieux briscards de Port Arthur est particulièrement adapté à l’exercice. Mais impossible de me souvenir de l’original, si quelqu’un se souvient (Kicket ?)…
6. Myka 9 & Factor “My Kanyne (Old Smokey)” (2008) : 20 ans de carrière pour le Freestyle Fellow le plus cool de tout l’univers. Il chante, il scat, il rappe comme un dieu et il s’est créé un petit monde bien à lui dans sa tête (qui l’empêche d’avoir la carrière qu’il mérite). Un vrai artiste quoi. Même si “1969“, l’album dont est tiré le morceau concocté avec le Canadien Factor, s’est avéré un choya décevant, cet enfoiré a toujours autant la classe.
7. Kelis “Stick Up” (2003) : ok “Trick Me” et “Milkshake” ou encore “Bossy” sont des tubes imparables que j’adore, mon morceau préféré de Mrs. Jones c’est celui-là sans conteste possible. De l’arrogance, du sex-appeal et le clavier feutré de Dam Grease. Le bonheur en 3’50. C’est peut être aussi lié au moment où j’ai redécouvert ce titre, un début de soirée de novembre 2005, les fenêtres ouvertes sur Sunset Boulevard… Il suffit de pas grand chose pour se sentir bien.
8. Myka Nyne “Citrus District” (2006) : Michael Troy encore pour le morceau phare de ce qui est pour moi son meilleur album (avec “It’s All Love: American Nightmare“), “Citrus Sessions Vol.1″.
On a d’ailleurs failli pas l’avoir pour de vrai ce disque. Myka est pour le moins impulsif et imprévisible : alors que son label Citrus Records mettait au point les derniers détails de la sortie (et après qu’un bootleg de quelques titres ait été leaké), Myka pète un cable et balance l’intégralité en free download sur son site. Il le retire au bout de quelques jours et on se dit que l’espoir de voir ces sessions enregistrées à Orange County sur disque est mort né. Et pourtant, en 2006, un digipack coloré débarque sur les sites de VPC spécialisés. Aujourd’hui on le trouve même sur Amazon et c’est un sacrément bon disque.
9. Rappin’ 4-Tay “25-2-Life” (1996) : pendant longtemps, Rappin’ 4-Tay était juste un mec qui avait fait un hit bien festif en surfant sur la mode G-Funk de Snoop et Dre. Cruelle erreur ! Le sieur 4-Tay est un sacré gaillard qui est à la tête d’une discographie loin d’être dégueulasse. Une petite préférence pour l’album dont est tiré ce titre, “Off Parole” sorti en 1996. L’ambiance résignée et pesante de la prison suinte à chaque mesure, les petites accélérations du refrain insistent sur la nécessité d’être rapide et discret pour survivre. Un modèle du genre à mon sens.
10. Lil’ Kim “Spend A Little Doe” (1996) : sacrée Queen Bitch. Toujours aussi classe ahum. J’aime beaucoup ce titre, un concentré de ses deux facettes, la gangstress et la salope mais avec cette fois un petit coté désabusé, assez annonciateur du reste de sa vie d’ailleurs. Et ces notes de piano de Ski… “Ask Tina, love ain’t got shit to do, with me and you / Or the 44 under the pillow with the dildo / I like to play while I’m workin / And that’s for certain, keep jerkin, I ain’t done with you“
11. Notorious B.I.G. “Juicy” (1994) : rien que pour “Super Nintendo, Sega Genesis / When I was dead broke, man I couldn’t picture this“. Cette phase dégage aujourd’hui une nostalgie dingue, elle me déclenche systématiquement un petit sourire en coin et je repense à cette période où on se faisait des classeurs avec les pages de test des hits de l’époque découpées dans nos magazines de jeux vidéo préférés. En tout cas merci Mtume pour l’original et Puffy pour avoir piqué l’idée à Pete Rock, ça c’est du classique.
12. Scrooge “Another Day” (2007) : et oui, 2007. Comme quoi le G-Funk est loin d’être mort, même dans la petite ville de Tacoma dans l’état nuageux de Washington (non, il n’y a pas que Seattle et Grey’s Anatomy). Deux albums déjà pour Picsou, “‘Bout My Paper” en 2001 et ce “Ride Wit Me” en 2007, tous deux disponibles sur CDBaby pour une misère. Alors certes, ça aurait mérité un studio professionnel, un mix et un mastering à la hauteur de la chaleur des prods et des voix mais on fera avec ce qu’on a. Et c’est déjà pas mal.
13. Montell Jordan “Comin’ Home” (1995) : y a pas mal de bons titres sur “This Is How We Do It” (souvenez-vous). La période et l’origine du chanteur aidant, c’est vraiment une bonne surprise G-Funkisante pour qui, comme moi, serait passé à coté pendant pas mal d’années. Un vrai street crooner à l’ancienne, too much dans le coté lover mais à qui on pardonne parce que, quand même, il a trop la classe. South Central does it like nobody does…
14. Sean-T “If It Ain’t Gee” (feat. Theresa Shorter) (1996) : originaire de Palo Alto dans le comté de Santa Clara en Californie, Sean-T est un client sérieux. A la fois producteur et rappeur, il fait partie des nombreux grands talents méconnus du rap et dont il faut absolument avoir écouté au moins un album. Moi je recommande “Pimp Lyric$ & Dollar Sign$“, solide de bout en bout, éclectique et cohérent, rugueux mais avec une vraie chaleur dans les instrus. Le genre de skeud qu’on ne regrette jamais d’avoir dans sa collection. Sans déconner, on peut ne pas aimer les nuances de la prod, le flow de Sean-T ou la voix suave de Theresa Shorter sur ce titre ?
15. Y-D “Bring It On” (1996) : la même atmosphère “début de soirée ensoleillée” que le titre de Sean-T et un vrai témoignage de l’identité musicale de “Give It Up To The G’s“, le seul album de Y-D connu à ce jour. C’est bien dommage parce que le rappeur d’Oakland avait signé là une superbe entrée dans le G-Rap, sans baisse de régime. Merci T-Roy pour les prods de qualité.
16. Aceyalone “Deep And Wide” (feat. Abstract Rude) (1995) : le premier album d’Aceyalone, tête pensante de Freestyle Fellowship et figure de proue du Project Blowed, est un classique. Là, c’est dit. “All Balls Don’t Bounce” est un disque à avoir (d’autant plus qu’il a été réédité avec plein de bonus il y a quelques années et qu’il se trouve pour une bouchée de pain). Quand ils ne décident pas de faire un album sous la bannière de The A-Team, Acey et Ab’ Rude font généralement des étincelles comme en témoigne ce feutré “Deep And Wide” et son charley survitaminé. C’était bien les années 90 quand même…
17. The Nonce “Mix Tapes” (1995) : des petits copains de ceux du dessus, Sach et le regretté Yusef Afloat (dont on apprend un peu plus les circonstances de la mort dans l’excellent documentaire “This Is The Life“) n’ont sorti qu’un véritable album ensemble mais encore un indispensable. Le duo originaire de Los Angeles et habitué des sessions live du Goodlife Café n’aura malheureusement pas l’occasion de concrétiser ses débuts plus que prometteurs et Sach devra continuer seul, dans l’indifférence générale à l’exception d’une fan base solide (Mr. Finesse I see you). Presque 15 ans après, ce “World Ultimate” n’a pas pris une ride et “Mix Tapes” est toujours le tube qu’il était à l’époque.
18. Siah & Yeshuah Da PoED “The Visualz” (1996) : moi qui trouve très souvent le rap jazzy mou du cul et dénué de feeling (il ne suffit pas de boucler un piano et une basse pour donner à un morceau un âme), j’avais beaucoup aimé les quelques titres du EP du duo new yorkais mais j’ai longtemps désespéré de mettre la main sur le disque : un EP vinyle sorti en peu d’exemplaire sur le Fondle ‘Em (le label de Bobbito Garcia), ça paraissait mission impossible pour qui n’a pas envie de mettre un rein dans un disque. Il faudra donc attendre 2007 et la réédition de Traffic (un packaging luxueux et plein de bonus pour l’occasion) pour enfin profiter comme il faut de l’ultime témoignage de la courte carrière du duo. Bon, il y a bien un petit coté backpacker-qui-keep-it-rea- in-Big-Apple mais ça fonctionne quand même sur moi !
Télécharger la compile
Freestyle fête de la musique @ Générations FM (21/06/1999)
J’anticipe un peu l’arrivée de l’été en resortant des archives le freestyle organisé par Générations FM il y a 10 ans (merci Roro pour l’enregistrement à l’époque). J’ai du mal à réaliser que c’était il y a 10 ans tout ça… C’est à la fois très proche et tellement loin… Souvenirs souvenirs comme chantait le mec qui veut faire croire à ses fans plein de tshirts à huskies qu’il va vraiment arrêter la scène. Sont cons les gros dédés, Jay-Z nous l’a déjà fait, on la connait la carotte !
Jean-Pierre Seck (Sang d’Encre/45 Scientific) avait réuni la crème des improvisateurs de la région parisienne (+ Marseille) de l’époque, exception faite de Busta Flex qui n’a pu venir et dont les qualités d’improvisateur ne sont plus à démontrer :
Dontcha, qui venait alors de sortir son premier album “Les Bords Du Fleuve” après 4 volumes de ses mix-tapes “Dontcha Flex” (les 3 et 4 étant les seules sorties en France, elles sont aujourd’hui des classiques du genre dans lesquelles JoeyStarr a largement pioché pour monter son écurie BOSS à l’origine).

Zoxea, tiers des Sages Po et référence en la matière (même si ses délires façon “J’fais des rimes en O / chuis pas un blaireau / J’fais des rimes en é / J’suis pas un pédé” j’ai toujours trouvé ça super faible). On avait d’ailleurs beaucoup parlé des clash impros avec Dontcha sur les mix-tapes précitées, bien avant les embrouilles assez pathétiques entre les deux bonhommes par la suite.
Abuz, du D. Abuz System forcément et qui avait déjà pas mal déserté le rap à l’époque, sans doute un peu écoeuré de voir la tournure de sa musique et frustré de ne pas avoir reçu la reconnaissance que son groupe méritait. Depuis, il s’est lancé dans le porn-rap sous le nom de Ricardo Malone (en hommage au saucisson milanais) :
Sadik Asken, qui débutait plus ou moins, squattait 95% des mix-tapes qui sortaient et qui s’était fait connaitre grâce à ses vannes sans pitié… ça lui vaudra d’ailleurs quelques moments tendus, notamment en clash contre Sheryo. Ou ici avec Kool Shen… Ahaha sa phase sur IV My People, c’était gonflé !
Ill des X-Men. Que dire à part qu’il est un des plus grands MCs que la France ait jamais porté, qu’à l’époque (et encore aujourd’hui) s’il fallait ne donner qu’un nom quand on parlait de flow, il arrivait à juste titre en tête de bien des sondages. C’est assez triste de voir que des mecs comme lui, Zox’ ou Abuz, des gens qui suintaient le rap par tous les pores de leur peau et qui ont engendré un nombre incroyable de rejetons n’ont jamais eu la reconnaissance populaire (et financière) qu’ils méritent.
Cyanure d’ATK (qui lui aussi est un monstre en impro) fait une petite apparition remarquée sur le track 13 à 12’30. Merci à Zox’ de l’avoir invité, dommage qu’il n’ait pas pu plus participer, il aurait apporté un peu de décontraction et d’humour dans cet exercice finalement un peu guindé dont Abuz et Ill se désintéressent vite, visiblement lassés du concours de taille de bite qui oppose Zoxea, Dontcha et Asken.
95 minutes d’impro dans tes oreilles
Play It Cool vol.1
Une petite compile tranquille pour les fins d’aprem ensoleillées, les braises du BBQ qui rougissent, le rosé bien frais et les copaings… Petite balade à travers le sud et l’ouest des Etats Unis, décontracté du gland (encore queue…), à la fraiche. Elle date un peu et je recycle mais je m’en lasse toujours pas. Merci à Jee2Tuluz pour m’avoir aiguillé sur quelques titres !
Play It Cool Vol.1
1. Abstract Rude & Tribe Unique “Coolin” (3’25)
L’old timer du Goodlife Café et du Project Blowed a vraiment une voix géniale mais, comme la plupart de ses petits copains, n’a jamais été foutu de faire un vraiment bon album. Ce n’est pas “Showtyme“, sorti en 2003, qui fera changer les auditeurs d’avis mais, comme sur le précédent dont on parlera plus loin, il recelle quelques pépites comme ce “Coolin” tout en décontraction.
2. Ice Cube “You Know How We Do It” (3’52)
La carrière d’Oshea “Ice Cube” Jackson (qui fête ses 40 balais le mois prochain) est parsemée de classiques, qu’ils soient produits par Dr. Dre ou le Bomb Squad. Ici c’est le fiston de Quincy Jones, QDIII (à l’origine du générique du Prince de Bel Air), qui s’y colle. Petite guitare funk, voix féminines qui se perdent derrière la sirène lancinante et Cube qui livre une de ses meilleures prestations. Classique.
3. 2Pac “Ratha Be Ya N.I.G.G.A.” (feat. Richie Rich) (4’13)
J’ai toujours été fan de “I’d Rather Be With You” de Bootsy Collins et les reprises du tube du bassiste fêlé sont légion (ça fera surement l’objet d’une prochaine compile, le temps de remettre la main dessus) mais je crois que c’est celle-ci qui a ma préférence. La puissance vocale de 2Pac (qui retrouve alors la Californie qui l’a vue grandir après que Suge Knight soit venu le récupérérer à sa sortie de prison) et la nonchalance du vétéran Richie Rich, alliées à la subtile prod de Doug Rasheed, ça donne un de mes titres préférés de Pac. Je prends pas de risque : classique.
Tiens d’ailleurs, j’aurais du mettre “Oakland Rap” pour ce titre dans le ID3 Tag, la fatigue surement…
4. Mr. X “PlayaHata” (3’42)
Album injustement méconnu dans nos contrées et pourtant indispensable à tout amateur de G-Funk qui se respecte, le premier et à ma connaissance seul album de Xavier Thomas est un petit bijou musical. Produit majoritairement par QDIII, “Mr. X” est un album très smooth où son hôte alterne passages rappés et chantés avec autant de talent dans un domaine que dans l’autre. Un must have.
5. Born 2Wice “P.P.O.V.” (feat. Nancy Fletcher) (4’32)
On descend sur Houston mais on reste dans le même registre smooth mais gangsta. Encore un mec qui aurait gagné à être connu mais qui connaitra une vie assez compliquée (il y a quelques années, il était SDF). Une voix proche de celle de Scarface, un parrain de renom (Ice-T), des featurings de qualité (Nancy Fletcher qu’on a pu entendre aux cotés de Snoop ou du Dogg Pound, King Tee, Rhythm D ou encore Kool Keith et Tim Dog) et des prods au top niveau, il y a parfois des énigmes dans la musique : “Portrait Of A $erial Player” sorti en 1996 ne recevra pas le succès qu’il mérite.
6. 5th Ward Boyz “Bitch Pleeze” (3’55)
L’autre groupe de Houston dans la première moitié des 90′s, également signés chez Rap-A-Lot Records et auteurs eux aussi de très bons disques, à classer parmi les classiques du genre comme “Ghetto Dope” (sorti en 1993 et dont est tiré ce titre) ou “Gangsta Funk“. Le duo 007/E-Rock montre ici qu’il est aussi à l’aise dans les sons smooth que sur des prods énervées ou funky. Je suis assez fan du grain façon vinyle qui craque… Encore un classique.
7. Devin The Dude “Bust One Fa Ya” (1’13)
8. Devin The Dude “Write & Wrong” (5’02)Aaaah Devin… Je suis définitivement fan de ce mec (même si les 2 derniers disques qu’il a sorti étaient relativement moyens) et “The Dude” fait partie des disques qui m’ont vraiment profondément marqué. Quatre ans après ses débuts discographiques avec Odd Squad, Devin Copeland tente l’aventure solo avec une réussite totale, bien aidé à la prod par les ténors de Rap-A-Lot, Tone Capone et N.O. Joe (entre autres). Des histoires de weed et de filles, totalement décontracté, une voix reconnaissable entre mille et un gout pour la chansonnette qui trotte dans la tête. Un classique absolu. A noter que “Bust One Fa Ya” devrait dire quelque chose à ceux qui ont regardé le “Up In Smoke Tour” puisque c’est sur cette petite comptine que Devin fait son entrée avant “I Just Wanna Fuck You“.
9. U.G.K. “One Day” (feat. Mr. 3-2)
Autre traumatisme rapologique que ce morceau issu de “Ridin’ Dirty” sorti en 1996. Sur un sample des Isley Brothers (“Ain’t I Been Good To You“, sa 2ème partie pour être précis, tiré de l’album “Live It Up” sorti en 1974), le duo de Port Arthur (base militaire proche de Houston, Texas) livre là un de ses meilleurs titres : mélancolique, très malin dans son utilisation de la voix de Ron Isley et avec 3-2 en featuring (Convicts, Blac Monks, Southside Playaz, Screwed Up Click), un de mes titres rap préférés de tous les temps.
10. Celly Cel “It’s Goin’ Down” (5’24)
Originaire de Vallejo (Bay Area) et protégé de E-40, Celly Cel n’a pas toujours été fourré dans le hyphy comme il peut l’être aujourd’hui, en témoigne ce petit classique trop méconnu produit par Tone Capone. Smooth, langoureux, il emprunte au “Computer Love” de Zapp ses bruissements sensuels qui tranchent avec la présence très gangsta de Marcellus McCarver.
11. Vontel “It’s All On You” (feat. Nikia Hill) (4’29)
L’arlésienne des forums spécialisés dans le G-Rap : est-ce que “Vision Of A Dream” de Vontel (rappeur de Phoenix, Arizona) est un classique G-Funk ou un disque surestimé qui doit beaucoup à sa rareté et sa découverte “tardive” ? Personnellement, c’est un de mes albums préférés et même si le maitre Roger Troutman est présent sur deux titres qui font le bonheur des fans, c’est ce morceau R&B mené par la voix de Nikia Hill pour lequel j’ai la plus grosse faiblesse. Chante Nikia, chante !
12. Do Or Die “Po Pimp” (feat. Twista & Johnny P) (3’54)
C’est un peu mon intrus quand je réécoute la compile, je me rends compte que j’ai du mal avec les flows des Chicagoans (Twista excepté) que je trouve vraiment approximatifs et avec le mixage que je trouve pour le moins étrange… Mais j’aime beaucoup le refrain de Johnny P et la basse chaude concoctée par The Legendary Traxster.
13. OutKast “Elevators (Me & You)” (4’25)
Quitte à jouer les vieux cons, quand je réécoute “ATLiens” et “Aquemini“, les deux chefs d’oeuvre du duo d’Atlanta, je ne peux pas m’empêcher d’être nostalgique. Même si “Hey Yeah” a permis à “Speakerboxxx/The Love Below” de devenir le disque de rap le plus vendu de tous les temps, je trouve ce double album à des années lumières de la magie qui se dégage des 4 premiers opus d’André 3000 et Big Boi. “Elevators“, 13 ans après sa sortie, n’a rien perdu de son hypnothisme. Classique (oui je me répète).
14. Abstract Rude & Tribe Unique “Full Time Job” (feat. K. Jendayi) (3’22)
“It is a full time job, no days off” chante K. Jendayi de sa voix soul et envoutante. Je suis tellement fan de son refrain qu’elle me fait systématiquement oublié que Aaron “Abstract Rude” Pointer ne signe pas là une de ses meilleures prestations microphoniques. Il y a plus de soul, de feeling et de personnalité dans les 4 phrases chantées par la dame que dans toute la carrière de Rihanna. Le charme, ça ne se calcule pas…
15. Ice Cube “It Was A Good Day” (4’20)
Un autre grand classique du père Cube, cette fois produit par DJ Pooh sur un sample des Isley Brothers (“Footsteps In The Dark“) : décontraction, story telling, fond et tant pis si O’Shea n’a jamais été le gangster qu’il a campé dans ses albums, c’est un très grand monsieur du rap. “It Was A Good Day” en est une preuve supplémentaire s’il en fallait vraiment.
16. T.I. “Chillin’ With My Bitch” (feat. Jazze Pha) (3’56)
Je crois qu’avec “Urban Legend” (sorti en 2004) T.I. était à l’apogée de sa carrière. Il n’avait pas besoin d’aller faire le cake sur des rollers dans un navet ou de reprendre une sombre daube euro dance pour faire parler de lui. Sa technique et son swag parlaient pour lui. Et pour ce “Chillin’ With My Bitch“, le fils de James Alexander (bassiste des Bar-Kays qui n’était pas dans l’avion qui s’est crashé le 10 décembre 1967, causant la mort de 4 des membres du groupe et d’Otis Redding) ne s’est pas foutu de sa gueule : c’est un Jazze Phizzle en grande forme qui assure la prod et le refrain de cette petite bombe smooth.
17. Pimp C “Everytime” (feat. Devin The Dude) (4’29)
Le 4 décembre 2007, le rap a perdu un de ses plus grands artistes : Chad Butler aka Pimp C est parti dans son sommeil, victime d’une overdose médicamenteuse (sippin’ on some sizzurp) et d’une apnée nocturne un peu trop longue (Heath Ledger style). De toute façon, je ne peux pas être vraiment objectif avec la moitié de UGK, je suis fan absolu de ses prods et de son flow. Et tant pis s’il raconte de la merde en boucle, ce mec avait le talent, la musicalité et en plus, sur ce titre, il pose avec une autre de mes idôles, Devin. Forcément, ça parle de cul sans beaucoup de subtilité mais au diable la dialectique pourvu que le son démonte.
18. Ludacris “Blueberry Yum Yum” (3’55)
La drogue c’est mal. N’empêche que je gouterais bien à cette Blueberry qui a l’air vraiment yum yum… Morceau pour foncedé, parti pris osé de la part de Luda avec cette espèce de non-flow et son faux rythme. Il s’enchaine super bien avec le précédent vous trouvez pas ?
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Cinéma cinéma… tchi tcha #02
Notorious (2009) de George Tillman Jr.
Je le confesse,je n’ai jamais écouté Biggie en boucle, tout juste connaissais-je ses plus gros hits (écoutés à fond en dansant sur le toit d’un Chrysler Voyager dans une petite ville du Midwest à la sortie de “Ready To Die”), le gros de la guerre East/West et ses embrouilles avec 2Pac. Je n’ai jamais idolâtré Christopher Wallace, étant tombé réellement dans le rap avec le “Doggystyle” de Snoop Doggy Dogg, j’avais choisi “mon camp”. Et j’ai jamais pu piffrer Sean Combs (il m’a fatigué avec ses pseudos tous plus ridicules les uns que les autres), son arrogance, son inutilité constante sur tous les morceaux sur lesquels il a posé, sa vaine tentative de devenir classe…
Du coup, j’ai maté “Notorious” avec des yeux presque neufs et la circonspection préalable à tout biopic, qui plus est à propos d’un rappeur. Le film produit par Diddy et Mme. Wallace (qui se sont d’ailleurs mis bien au casting, i feel ya Puffy, you look better in the movie than you ever did) est évidemment bourré de défauts : l’histoire est édulcorée (exit les partouzes, les coups de pression, la came) pour faire de Biggie Smalls un gros pépère sympathique, pas toujours très fiable mais avec un bon fond. Très hollywoodien donc, avec une fin tragique au moment où il amorçait sa rédemption (et d’après un collègue fan du bonhomme, il semblerait – les effets de larmoyants en moins – que ce soit assez proche du changement qu’opérait le B.I.G.), laissant le rap new yorkais orphelin d’un de ses plus grands emcees.
L’autre et peut être principal reproche qu’on peut faire au film, c’est l’absence de la vraie voix de Biggie. Certes Jamal Woolard (lui-même rappeur sous le pseudo de Gravy), dont c’est le premier film, est bluffant de mimétisme avec le gros de Bedstuy mais il n’arrive jamais à approcher ne serait-ce qu’un peu la puissance vocal de l’auteur de “Ready To Die” et ça manque cruellement.
Heureusement que Faith Evans (Antonique Smith) et Lil Kim (Naturi Naughton) sont à tomber par terre, parce que 2Pac aka Papa Doc de “8 Mile” est ridicule et qu’il aurait été malin de choisir un autre acteur que Marc John Jefferies pour jouer Lil Cease (j’ai pas pu m’empêcher de penser à lui dans “Get Rich Or Die Tryin“). Il y a aussi quelques effets de filtres sur certaines scènes plutôt bien trouvés et surtout, ça donne envie de se replonger la discographie du gros et de sa Queen Bitch. J’en garde une bonne impression.
Taken (2008) de Pierre Morel
1, 2, 1 devinez qui revient… Je dois être maso (et encore, j’ai pas fini) mais encore un film EuropaCorp, sous l’insistance de mon coloc. Le film est réalisé par des Français mais a fait un carton aux USA, bénéfices rapportés record et tout le toutim. Ce genre de tour de force, ça rend curieux et j’espérais quelque chose d’un peu plus consistant qu’une énième déclinaison du “Transporteur”.
Hé ben non, c’est exactement ce qu’on pouvait craindre, un one man army (le pauvre Liam Neeson complètement transparent) décide de venir défoncer tout seul un réseau de prostitution qui sévit à Paris et qui a kidnappé sa fille. Ridicule et toujours un peu dangereux cette démonstration de “je fais justice moi-même” (surtout sans conséquences), “Taken” est un pur produit EuropaCorp dans tout ce qu’il y a de plus péjoratif (mais il est vrai que les scènes d’action rendent bien).
Coluche, l’histoire d’un mec (2008) d’Antoine Decaunes
L’exercice était excessivement casse-gueule et pourtant De Caunes s’en est globalement pas mal sorti. Déjà, très bon choix d’acteur pour jouer Coluche, FX Demaison a vraiment bossé comme un malade pour arriver à rentrer dans la peau de l’humoriste, trouver son parler, son rythme, ses mimiques, ses tics… D’ailleurs, c’est la première réflexion qu’on se fait : woah impressionnant son travail mais du coup, on espère qu’il sera suffisamment poussé à bout pour qu’on oublie qu’il joue et qu’il soit vraiment Coluche. S’il n’y avait cette ressemblance dans les yeux et le nez avec Michael Youn (je vous assure, c’est frappant) qui nous faisait remonter à la surface de temps en temps, on se laisserait totalement mener.
Donc globalement, pour un biopic, c’est pas mal foutu. Bonne reconstitution de la France de la fin des 70′s, de l’émulation générée par Coluche, des scènes fortes, d’autres drôles et évidemment les textes de l’Enfoiré en chef qui continuent à être toujours efficaces.Ceci étant dit, il plane sur le film une sorte de voile pudique, presque angélique. De Caunes a protégé l’image du gros en salopette en édulcorant son gout pour les femmes (et son dégout), la drogue et en taisant les rumeurs sur sa bisexualité. Ses coups de gueule doivent être bien sages comparés aux vrais. Autre petit souci, à part pour le professeur Choron (dont le sosie est bluffant), les autres personnages historiques sont rarement clairement introduits (si ce n’est Attali et à la rigueur Reiser, joué par Alexandre Astier). C’est là pour moi la grosse faiblesse du film : on est dans le contexte et pourtant, il manque les éléments concrets du réel pour faire le lien, surtout quand comme moi on a connu les 80′s en pyjama.
Bonne impression globale donc mais et c’est également un autre défaut du film, il ne creuse pas vraiment le pourquoi du comment de la pression subie par Coluche dans les 80′s mais il aurait fallu partir dans un thriller politique où De Caunes aurait du choisir un parti pris difficile à assumer.
OSS 117, Le Caire nid d’espion (2006) de Michel Azanavicius
Je trouve Jean Dujardin plutôt sympa mais jusqu’ici ses tentatives sur grand écran ne m’avaient pas convaincues (et “Brice de Nice” était à peu près aussi drôle qu’un sketch d’Anne Roumanov), j’ai donc trainé les pieds pour regarder ce que la critique (qui avait aussi dit du bien de “Brice de Nice”) avait pourtant encensé. La sortie de la suite et les avis dithyrambiques qu’il a sucité m’ont poussé à sauter le pas. Je n’ai pas regretté, si ce n’est de ne pas avoir regardé “OSS117″ plus tôt !
Je me suis fendu la gueule du début à la fin. Jean Dujardin a vraiment une gueule de raie incroyable. Hubert Bonisseur de la Bath est un con, un con magnifique, quasi-inébranlable, raciste, ethno-centriste, méprisant, paternaliste et loser. Entre ses phrases choc débiles (“J’aime me battre”, “J’aime me beurrer la biscotte”), les allusions à son homosexualité refoulée, son inculture totale, y a de quoi faire et on sent qu’il y a un ex-compagnon des Nuls derrière tout ça.
Niveau mise en scène, décors, grain de l’image, costume, intrigue, ressorts scénaristiques, l’hommage aux James Bond période Sean Connery est impeccable. Il y a du rythme, des dialogues efficaces et Dujardin assure malgré le fait que tout le poids du film soit sur ses épaules. Et puis Bérénice Béjo, si elle ne joue pas très bien, est vraiment sublime.
Les randonneurs à St Tropez (2008) de Philippe Harel
Onze ans après le premier volet qui avait rencontré un bon succès en salle, la bande des randonneurs (Karin Viard, Vincent Elbaz, Benoit Poelvoorde, Géraldine Pailhas…) est de retour pour de nouvelles aventures façon “Bronzés 3″.
Ce n’est pas Jean-Claude Duss qui est apparemment devenu millionnaire mais Poelvoorde, toujours aussi lourd et médiocre. On ne sait pas trop ce qui est sensé nous intéresser : une ambiance qui mélange “Camping” et “Bronzés 3″, une alchimie totalement absente entre les amis de la bande, un scénario indigent… Le retour est comme prévu raté (pas que le premier volet ait été réussi).
Gomez VS Tavarès (2007) de Gilles Paquet-Brenner et Cyril Cebas
J’avais réussi à trouver quelques qualités au premier volet des aventures de Stomy Bugsy et Titof (pas le montage ni le jeu de Stomy en tout cas), surtout grâce à la présence de “Tonton”, le très regretté Jean Yanne. Sauf qu’entre temps, Tonton est mort et dans le film, il a planqué son magot, ce qui attise la convoitise du petit magouilleur qu’est Titoff mais aussi celle de son acolyte, dans une mauvaise passe.
Je crois qu’on peut difficilement faire moins intéressant, moins drôle et moins rythmé. C’est nul de bout en bout, la faute à un casting qui ne tient pas la route une seconde, sauf peut être Titof qui gesticule convulsivement pour essayer de donner un peu de vie à ce navet.































1. Roca Dolla “What Is A Classic” (2008) : intro de son album sorti l’an dernier, le monsieur n’est pas un total inconnu pour tous ceux qui se sont penchés sur la scène G-Funk en Arizona puisque Roca Dolla a en fait déjà sorti 2 albums sous le nom de Mr. Iroc, “Finally On Tha Map” en 1996 et “The Release” en 2000.
2. Luniz “I Got 5 On It” (1995) : ah ben quand on parle de classique… Le morceau qui a révélé Yukmouth et Numskull au reste du monde (après de bonnes apparitions sur “Explicit Game” de Dru Down l’année précédente), je me souviens encore de leurs performances à la télé qui se terminaient systématiquement par un montrage de fion goguenard de la part des rappeurs d’Oakland.
3. Scarface “Goin Down” (1994) : même si c’est complètement kitch de reprendre le tube teuton de Nena “99 Luftballons“, j’adore ce morceau, son refrain et la légèreté qui s’en dégage et tant pis si c’est loin d’être le meilleur titre du leader des Geto Boys. Et puis de toute façon, si vous ne deviez n’écouter qu’un album de Scarface (ce qui serait honteux) il faut écouter “The Diary” dont est tiré ce titre. Un des meilleurs albums rap de tous les temps. Classique.
4. Devin The Dude “Lacville ’79” (2002) : pas de playlist relax sans la personnification du cool, Devin Copeland. Si je dois faire d’autres compiles sur le même thème, il y aura systématiquement un titre du D de Odd Squad. De la weed et des femmes, comme quoi finalement le bonheur ne tient pas à grand chose mais comme il est aussi difficile de trouver de la weed qu’une femme avec qui on se sent bien, la décontraction de Devin en devient fascinante. Et cette déclaration d’amour à son épave roulante a un petit coté adolescent des plus rafraichissant. Très vraisemblablement mon morceau de Devin, tiré de son 2ème effort solo “Just Tryin’ Ta Live“.
5. U.G.K. “Look Into Our Eyes” (????) : le rap de Houston ne serait pas le même sans DJ Screw, son addiction au sizzurp et son goût pour les remix ralentis des hits locaux. S’il n’est plus là aujourd’hui, son héritage demeure (demandez à DJ Michael Watts de Swishahouse et beaucoup d’autres) et je trouve que ce morceau des vieux briscards de Port Arthur est particulièrement adapté à l’exercice. Mais impossible de me souvenir de l’original, si quelqu’un se souvient (Kicket ?)…
6. Myka 9 & Factor “My Kanyne (Old Smokey)” (2008) : 20 ans de carrière pour le Freestyle Fellow le plus cool de tout l’univers. Il chante, il scat, il rappe comme un dieu et il s’est créé un petit monde bien à lui dans sa tête (qui l’empêche d’avoir la carrière qu’il mérite). Un vrai artiste quoi. Même si “1969“, l’album dont est tiré le morceau concocté avec le Canadien Factor, s’est avéré un choya décevant, cet enfoiré a toujours autant la classe.
7. Kelis “Stick Up” (2003) : ok “Trick Me” et “Milkshake” ou encore “Bossy” sont des tubes imparables que j’adore, mon morceau préféré de Mrs. Jones c’est celui-là sans conteste possible. De l’arrogance, du sex-appeal et le clavier feutré de Dam Grease. Le bonheur en 3’50. C’est peut être aussi lié au moment où j’ai redécouvert ce titre, un début de soirée de novembre 2005, les fenêtres ouvertes sur Sunset Boulevard… Il suffit de pas grand chose pour se sentir bien.
8. Myka Nyne “Citrus District” (2006) : Michael Troy encore pour le morceau phare de ce qui est pour moi son meilleur album (avec “It’s All Love: American Nightmare“), “Citrus Sessions Vol.1″.
9. Rappin’ 4-Tay “25-2-Life” (1996) : pendant longtemps, Rappin’ 4-Tay était juste un mec qui avait fait un
11. Notorious B.I.G. “Juicy” (1994) : rien que pour “Super Nintendo, Sega Genesis / When I was dead broke, man I couldn’t picture this“. Cette phase dégage aujourd’hui une nostalgie dingue, elle me déclenche systématiquement un petit sourire en coin et je repense à cette période où on se faisait des classeurs avec les pages de test des hits de l’époque découpées dans nos magazines de jeux vidéo préférés. En tout cas merci
12. Scrooge “Another Day” (2007) : et oui, 2007. Comme quoi le G-Funk est loin d’être mort, même dans la petite ville de Tacoma dans l’état nuageux de Washington (non, il n’y a pas que Seattle et Grey’s Anatomy). Deux albums déjà pour Picsou, “‘Bout My Paper” en 2001 et ce “Ride Wit Me” en 2007, tous deux disponibles sur CDBaby pour une misère. Alors certes, ça aurait mérité un studio professionnel, un mix et un mastering à la hauteur de la chaleur des prods et des voix mais on fera avec ce qu’on a. Et c’est déjà pas mal.
13. Montell Jordan “Comin’ Home” (1995) : y a pas mal de bons titres sur “This Is How We Do It” (
14. Sean-T “If It Ain’t Gee” (feat. Theresa Shorter) (1996) : originaire de Palo Alto dans le comté de Santa Clara en Californie, Sean-T est un client sérieux. A la fois producteur et rappeur, il fait partie des nombreux grands talents méconnus du rap et dont il faut absolument avoir écouté au moins un album. Moi je recommande “Pimp Lyric$ & Dollar Sign$“, solide de bout en bout, éclectique et cohérent, rugueux mais avec une vraie chaleur dans les instrus. Le genre de skeud qu’on ne regrette jamais d’avoir dans sa collection. Sans déconner, on peut ne pas aimer les nuances de la prod, le flow de Sean-T ou la voix suave de Theresa Shorter sur ce titre ?
15. Y-D “Bring It On” (1996) : la même atmosphère “début de soirée ensoleillée” que le titre de Sean-T et un vrai témoignage de l’identité musicale de “Give It Up To The G’s“, le seul album de Y-D connu à ce jour. C’est bien dommage parce que le rappeur d’Oakland avait signé là une superbe entrée dans le G-Rap, sans baisse de régime. Merci T-Roy pour les prods de qualité.
16. Aceyalone “Deep And Wide” (feat. Abstract Rude) (1995) : le premier album d’Aceyalone, tête pensante de Freestyle Fellowship et figure de proue du Project Blowed, est un classique. Là, c’est dit. “All Balls Don’t Bounce” est un disque à avoir (d’autant plus qu’il a été réédité avec plein de bonus il y a quelques années et qu’il se trouve pour une bouchée de pain). Quand ils ne décident pas de faire un album sous la bannière de The A-Team, Acey et Ab’ Rude font généralement des étincelles comme en témoigne ce feutré “Deep And Wide” et son charley survitaminé. C’était bien les années 90 quand même…
17. The Nonce “Mix Tapes” (1995) : des petits copains de ceux du dessus, Sach et le regretté Yusef Afloat (dont on apprend un peu plus les circonstances de la mort dans l’excellent documentaire “This Is The Life“) n’ont sorti qu’un véritable album ensemble mais encore un indispensable. Le duo originaire de Los Angeles et habitué des sessions live du Goodlife Café n’aura malheureusement pas l’occasion de concrétiser ses débuts plus que prometteurs et Sach devra continuer seul, dans l’indifférence générale à l’exception d’une fan base solide (Mr. Finesse I see you). Presque 15 ans après, ce “World Ultimate” n’a pas pris une ride et “
18. Siah & Yeshuah Da PoED “The Visualz” (1996) : moi qui trouve très souvent le rap jazzy mou du cul et dénué de feeling (il ne suffit pas de boucler un piano et une basse pour donner à un morceau un âme), j’avais beaucoup aimé les quelques titres du EP du duo new yorkais mais j’ai longtemps désespéré de mettre la main sur le disque : un EP vinyle sorti en peu d’exemplaire sur le Fondle ‘Em (le label de Bobbito Garcia), ça paraissait mission impossible pour qui n’a pas envie de mettre un rein dans un disque. Il faudra donc attendre 2007 et la réédition de Traffic (un packaging luxueux et plein de bonus pour l’occasion) pour enfin profiter comme il faut de l’ultime témoignage de la courte carrière du duo. Bon, il y a bien un petit coté backpacker-qui-keep-it-rea- in-Big-Apple mais ça fonctionne quand même sur moi !
1. Abstract Rude & Tribe Unique “Coolin” (3’25)
2. Ice Cube “You Know How We Do It” (3’52)
3. 2Pac “Ratha Be Ya N.I.G.G.A.” (feat. Richie Rich) (4’13)
4. Mr. X “PlayaHata” (3’42)
5. Born 2Wice “P.P.O.V.” (feat. Nancy Fletcher) (4’32)
6. 5th Ward Boyz “Bitch Pleeze” (3’55)
7. Devin The Dude “Bust One Fa Ya” (1’13)
9. U.G.K. “One Day” (feat. Mr. 3-2)
10. Celly Cel “It’s Goin’ Down” (5’24)
11. Vontel “It’s All On You” (feat. Nikia Hill) (4’29)
12. Do Or Die “Po Pimp” (feat. Twista & Johnny P) (3’54)
13. OutKast “Elevators (Me & You)” (4’25)
14. Abstract Rude & Tribe Unique “Full Time Job” (feat. K. Jendayi) (3’22)
15. Ice Cube “It Was A Good Day” (4’20)
16. T.I. “Chillin’ With My Bitch” (feat. Jazze Pha) (3’56)
17. Pimp C “Everytime” (feat. Devin The Dude) (4’29)
18. Ludacris “Blueberry Yum Yum” (3’55)
Notorious (2009) de George Tillman Jr.
Taken (2008) de Pierre Morel
Coluche, l’histoire d’un mec (2008) d’Antoine Decaunes
OSS 117, Le Caire nid d’espion (2006) de Michel Azanavicius
Les randonneurs à St Tropez (2008) de Philippe Harel
Gomez VS Tavarès (2007) de Gilles Paquet-Brenner et Cyril Cebas