Braquo : Canal+ confirme, Marchal se répète

15 octobre 2009 Proctologue 3 commentaires

braquo

On le sait, la France est une handicapée de la série télé. Elle a su développer son “exception culturelle” à coups de sagas de l’été (“Puissaaaaaaaaaaaance et gloiiiiiiiiiiiiiire“, toujours un plaisir mon cher Herbert), de sitcoms abêtissantes (Jean-Luc Azoulay/Jean-François Porry enfoiré), de séries policières à la papa (Navarro, Julie “Mais ferme bien ta gueule” Lescaut…) et d’adaptations pathétiques (essayer de concurrencer CSI avec RIS, c’est comme tenter le 110 mètres haies en fauteuil roulant). Des formats qui plaisent encore à la sacro-sainte ménagère de moins de 50 ans (désolé m’man, tu les intéresses plus) mais que les autres ont de plus en plus de mal à suivre, élevés en plein air et au bon grain à grands coups de productions américaines autrement plus riches.

4844-braquo-serie-evenement-canal-plus-webMais y a du pognon à se faire avec les séries. Que ce soit TF1 (RIS & co), le service public (“Sur le fil“), M6 (“Les bleus“) ou Canal+ (“Scalp“, “La Commune“, “Mafiosa“…), toutes les grandes chaines ont créé leur pôle fiction et tente de tirer leur épingle du jeu. Personnellement, j’appréciais plutôt “P.J.” sur France 2, petite série sans prétention (148 épisodes quand même) qui avait compris que jouer la carte du réalisme et de la proximité était une bonne idée mais tout ça manquait un peu d’envergure.
Comme d’hab, c’est de la chaîne cryptée qu’est venu le salut. Canal+ a une tradition d’avant-gardisme (en reprenant les formats américains certes), de l’argent et des gens qui osent dans ses rangs. Peu étonnant donc de voir depuis quelques années apparaitre à intervalle régulier des créations originales qui, si elles ne sont pas forcément totalement abouties (il manquait à  “La commune” un petit quelque chose en cohérence, “Doom Doom” aurait mérité de durer beaucoup plus longtemps et “Scalp” souffrait peut être d’un casting un peu bancal) avaient le mérite d’essayer des choses et d’avoir de l’ambition.

Braquo” est donc la dernière création originale de la 4ème chaine et a connu un parcours un peu chaotique. Olivier Marchal (ancien flic aujourd’hui acteur, scénariste et réalisateur – “36 quai des orfèvres“, “MR73“) avait proposé une première série à Canal qui finalement l’avait laissée filer sur TF1, cette dernière la délestant de toute sa substance en tentant de l’adapter pour la ménagère. “Flics” a donc débarqué à l’automne 2008 sur la chaine qui rend con après que Marchal s’en est désengagé et annoncé qu’il bossait sur une nouvelle création destinée à Canal.

L’ancien flic a trouvé une formule efficace pour faire son trou dans le cinéma français : un retour au film noir (malheureusement délaissé depuis les années 80), des histoires inspirées de faits réels, une violence froide et toujours des flics qui naviguent à la limite de la légalité. Pas de surprise avec Braquo qu’il a co-écrit avec son complice Frédéric Schoendoerffer (“MR73“, “Truands” – Caubère gueulant “on me beurre pas la raie” reste un de mes plus beaux fous rires au cinéma -, “Agents Secrets“, “Scènes de Crime“), le duo a appliqué la recette à la lettre.

nicolas-duvauchelle-20070929-318137C’est d’ailleurs à la fois la force et la faiblesse de Braquo. Pour peu qu’on ait suivi un peu les films dans lesquels Marchal est intervenu, on sait ce à quoi on va avoir droit : une équipe de flic de terrain, habituée à frayer avec la voyoucratie à tel point qu’elle en a adopté les façons d’opérer, un officier au bout du rouleau, une hiérarchie couarde et consommatrice de bouc émissaire, des flics très humains, de l’alcool, du sexe et de la violence. Un petit gout de déjà vu donc mais au moins, cette fois, Marchal a réuni une nouvelle équipe (pas que son équipe “habituelle” soit déméritante, au contraire mais un peu de fraîcheur ne fait pas de mal) à qui il a, il faut bien le reconnaitre, distribué le même type de personnages que dans “MR73″ ou “36″.
KaroleRocher05_09Bon casting d’ailleurs ! Nicolas Duvauchelle en tête brûlée complètement camée a tout pour s’épanouir dans le genre, Karole Rocher et sa beauté torturée a totalement sa place dans cette équipe de mâles rugueux et Joseph Malerba et ses airs de Michael Chiklis a l’air d’être né pour ça. Quant à Jean-Hugues Anglade (pour qui c’est la première incursion dans un tel registre), après deux épisodes, il lui reste à finir de convaincre. Physiquement, il est au top : barbu, cerné, éteint, il campe a priori un bon chef d’équipe. C’est quand il prend la parole que la crédibilité de son personnage en prend un coup. On retrouve malheureusement encore trop le grand sensible qu’on a l’habitude de le voir jouer, il manque de cynisme, de violence, de cicatrices laissées par la réalité du terrain. Un léger bémol de ce coté là donc mais rien qui n’entache la qualité globale de ce qui promet d’être une très bonne série.

joseph malerbaOlivier Marchal le rappelait lundi dernier dans “Le Grand Journal” sur Canal+ : on loue la qualité de son cinéma pour son réalisme mais son premier souci en tant que scénariste et réalisateur, c’est le spectacle. En cela, il a été bien inspiré de piocher quelques références outre-Atlantique, du coté des furieux de The Shield. Comme la Strike Team de Vic McKey, l’équipe d’Eddy Kaplan (J-H Anglade) est adepte des opérations musclées, du chantage, de l’intimidation, de la cagoule et des gants. Et comme la Strike Team, ils sont prêts à tout pour se protéger les uns les autres, parfois contre eux-mêmes. D’ailleurs, on ne m’enlèvera pas de l’idée que Walter (joué par Joseph Malerba) a en grande partie été inspiré par Vic : trapu, chauve, l’air peu commode, il s’avère être un père de famille attentionné qui doit composer avec la maladie de sa femme (le coup des mômes autistes, ça aurait fait trop), ce qui l’enfonce peu à peu plus profondément dans la merde.

Dans les deux premiers épisodes diffusés (“Max” et “La ligne jaune“), l’action se concentre quasi-exclusivement autour des problèmes internes de l’équipe et même si on croise quelques truands (“vrais” voyous ou en cols blancs), ils ne sont qu’un accessoire. C’est là qu’un deuxième bémol se profile : il manque à l’histoire de Braquo (jusqu’ici) une autre dimension, plus sale, plus dure, celle des voyous auxquels ils vont bientôt se substituer. Attendons de voir ce que la suite nous réserve…

Enfin, on peut s’interroger sur l’image que Marchal veut donner à ses anti-héros. Super flics abimés par le boulot et le manque de confiance de la hiérarchie ? Fonctionnaires qui abusent de leur autorité ? On a comme souvent l’impression qu’il excuse les débordements de ses anciens collègues, comme si c’était “pas vraiment leur faute”. La fin justifie-t-elle les moyens, peut-on tout faire par amitié ? Avec en plus un petit coté poujadiste concernant l’IGS et la hiérarchie en général. De la vraie série noire, pas moralisatrice (encore heureux) mais peut être un peu complaisante jusqu’ici.

En tout cas, Braquo démarre bien et met en place dans ses deux premiers épisodes un paquet d’éléments explosifs qui promet un joyeux bordel. Bien joué, avec du caractère et un parti pris ambitieux, la série d’Olivier Marchal qui doit sortir en DVD dès début novembre devrait faire le même “carton” que ses films. A juste titre.

Hung, HBO victime d’un coup de mou

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Home Box Office, HBO pour les intimes, est à l’origine d’une partie des meilleures séries diffusées ces dernières années, la plupart connaissant aussi bien le succès médiatique que public. Jugez plutôt (le chien de Mickey) : Band of Brothers, The Sopranos, Oz, Sex ‘n the City (on en reparlera un jour), Six Feet Under, The Wire ou plus récemment le tordant Flight Of The Conchords ou encore True Blood.

thomas-jane-8th-annual-green-cross-millennium-awards-1JgIj6En juin dernier, la chaîne culte lançait donc sa dernière création, Hung. Il s’agit donc l’histoire de Ray Drecker, prof d’histoire quadragénaire (joué par Thomas Jane qui avait collaboré à la daube qu’est Punisher version 2004, en portant le t-shirt à tête de mort) dont la vie se délite : sa femme (Anne Heche) s’est barrée avec un nerd plein aux as, ses enfants (des faux jumeaux gothiques obèses) le méprisent, sa maison a pris feu et il n’a plus l’argent pour la remettre en état.
A la recherche d’un moyen de gagner de l’argent, il s’inscrit à un cours de création d’entreprise où il rencontre Tanya (Jane Adams), fille perdue à cheveux gras qu’il grimpera sans ménagement le soir même. Après qu’il s’est comporté comme le dernier des enfoirés, il prend conscience que son seul atout dans la vie est son énoooooooorme… bite. Aidé par Tanya qui jouera le rôle de mac, il décide de monnayer son talent. Ray devient donc gigolo…

Jusque là, tout va bien. On se dit que c’est HBO, que le sujet est un peu borderline et que ça peut donner lieu à pas mal de situations burlesques et bien senties (surtout avec des noms d’épisodes tels que “Great sausage or can I call you dick?“). Et là c’est le drame, à commencer par le casting.
rebecca-creskoff-2004-summer-fox-tca-all-star-party-3tusMTThomas Jane (monsieur Patricia Arquette) a toujours autant le charisme d’une moule et il est bien difficile de s’attacher au personnage. Avec son air benêt et malgré son physique de bellâtre, Ray (ou plutôt Thomas Jane) ne dégage rien : pas d’humour, pas de cynisme, pas de répartie cinglante, juste un mec médiocre mais doté d’un membre très apprécié des milieux autorisés. Un vrai manche à couilles en somme, pour lequel il est bien difficile de ressentir quoi que ce soit : ni admiration, ni jalousie, ni sympathie, ni mépris, tout juste une indifférence polie.
Une indifférence polie qui finalement sied assez bien à l’ensemble du casting, encore que les personnages féminins s’en sortent plutôt mieux, sans pour autant marquer les esprit. Les jérémiades de Tanya agacent, la candeur d’Anne Heche en fait une nunuche insupportable (encore que la fin de la saison permet d’espérer une amélioration de ce côté là) et les jumeaux mettent mal à l’aise (les expérimentations capilaires et vestimentaires adolescentes, alliées à un physique à la base difficile, ça fait beaucoup). Heureusement, quelques bons moments sont à mettre à l’actif des seconds rôles, Rebecca Creskoff (working girl castratrice et sans gêne) et Steve Hytner (gourou libidineux et baratineur) en tête.

hung-tanya-jane-adamsMais c’est surtout au niveau de son rythme et de son ton que Hung déçoit. N’espérez pas une débauche de luxure, la vie dans le business du sexe n’est pas facile (“It’s hard out here for a pimp” comme disait l’autre) pour un abruti bourrin et une complexée victime chronique. Donc non, Ray ne passera pas les 10 épisodes de la première saison à déglinguer tout ce qui bouge : il passera beaucoup plus de temps à se prendre la tête et à soigner les petits bobos de Tanya (qui le lui rend bien) qu’à gagner de l’argent et user de son appendice.
Et quand il passe à la casserole, c’est avec pudeur que la série fait l’ellipse des ébats (là où True Blood sur la même chaine faisait peu de cas de la censure). Finalement, à trop vouloir jouer la carte de la sensibilité (et viser un public féminin – ce qui somme toute est plutôt cohérent avec le propos de la série), on perd en humour ou en profondeur du propos (et ce malgré l’outil de Ray) : il n’y a pas vraiment de discours derrière Hung, si ce n’est (peut être) que les femmes peuvent reprendre le pouvoir en usant elles aussi du sexe tarifé. Mouais, on a vu plus percutant comme démonstration féministe mais heureusement, la question de la moralité de l’entreprise n’est pas au cœur des débats (la prostitution étant ici abordée d’un point de vue purement marketing).

Cependant, les deux derniers épisodes de la saison laisse présager du mieux pour la suite (la saison 2 est dors et déjà confirmée) avec la mise en place d’événements intéressants à développer mais dont je vous laisse découvrir la teneur vous-même.
On a connu HBO plus inspiré et surtout plus efficace pour lancer ses séries. Peut être faut-il laisser à Hung le temps de murir un peu mais c’est un pari risqué face à une concurrence toujours plus nombreuse et de qualité. Tant mieux pour le spectateur mais il serait dommage que de mauvais choix marketing précipitent la chute d’un laboratoire qui a donné naissance à tant de classiques télévisuels.

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Play It Cool Vol.2

La première a eu l’air de bien plaire, j’espère que la suivante aura le même succès. J’ai mélangé gros classiques et morceaux moins connus, toujours plutôt cool…

roca-dolla.2505709.511. Roca DollaWhat Is A Classic” (2008) : intro de son album sorti l’an dernier, le monsieur n’est pas un total inconnu pour tous ceux qui se sont penchés sur la scène G-Funk en Arizona puisque Roca Dolla a en fait déjà sorti 2 albums sous le nom de Mr. Iroc, “Finally On Tha Map” en 1996 et “The Release” en 2000.
Roca Is A Classic” est un double album sans prétention, très éclectique et solide, une bonne surprise sortie d’un peu nulle part porté par la voix suave d’Iroc, aussi à l’aise dans les clins d’œil nostalgiques que dans un style plus moderne (et on lui pardonnera quelques pompages éhontés). En tout cas, joli name dropping où on n’aura pas grand chose à critiquer…

Operation_Stackola2. LunizI Got 5 On It” (1995) : ah ben quand on parle de classique… Le morceau qui a révélé Yukmouth et Numskull au reste du monde (après de bonnes apparitions sur “Explicit Game” de Dru Down l’année précédente), je me souviens encore de leurs performances à la télé qui se terminaient systématiquement par un montrage de fion goguenard de la part des rappeurs d’Oakland.
Cette prod est vraiment magique, presque 15 ans que je l’écoute en boucle sans me lasser… J’aurais pu mettre un de des deux énormes remix façon posse cut mais je reste un grand fan de la version originale dont j’avais récupéré la fiche lyrics d’un magazine pour gonzesses à l’époque.

scarface_diary3. ScarfaceGoin Down” (1994) : même si c’est complètement kitch de reprendre le tube teuton de Nena99 Luftballons“, j’adore ce morceau, son refrain et la légèreté qui s’en dégage et tant pis si c’est loin d’être le meilleur titre du leader des Geto Boys. Et puis de toute façon, si vous ne deviez n’écouter qu’un album de Scarface (ce qui serait honteux) il faut écouter “The Diary” dont est tiré ce titre. Un des meilleurs albums rap de tous les temps. Classique.

317SYA1QKQL._SL500_AA240_4. Devin The DudeLacville ‘79” (2002) : pas de playlist relax sans la personnification du cool, Devin Copeland. Si je dois faire d’autres compiles sur le même thème, il y aura systématiquement un titre du D de Odd Squad. De la weed et des femmes, comme quoi finalement le bonheur ne tient pas à grand chose mais comme il est aussi difficile de trouver de la weed qu’une femme avec qui on se sent bien, la décontraction de Devin en devient fascinante. Et cette déclaration d’amour à son épave roulante a un petit coté adolescent des plus rafraichissant. Très vraisemblablement mon morceau de Devin, tiré de son 2ème effort solo “Just Tryin’ Ta Live“.

post-20149-12363468855. U.G.K.Look Into Our Eyes” (????) : le rap de Houston ne serait pas le même sans DJ Screw, son addiction au sizzurp et son goût pour les remix ralentis des hits locaux. S’il n’est plus là aujourd’hui, son héritage demeure (demandez à DJ Michael Watts de Swishahouse et beaucoup d’autres) et je trouve que ce morceau des vieux briscards de Port Arthur est particulièrement adapté à l’exercice. Mais impossible de me souvenir de l’original, si quelqu’un se souvient (Kicket ?)…

Myka9-1969-Cover-16. Myka 9 & FactorMy Kanyne (Old Smokey)” (2008) : 20 ans de carrière pour le Freestyle Fellow le plus cool de tout l’univers. Il chante, il scat, il rappe comme un dieu et il s’est créé un petit monde bien à lui dans sa tête (qui l’empêche d’avoir la carrière qu’il mérite). Un vrai artiste quoi. Même si “1969“, l’album dont est tiré le morceau concocté avec le Canadien Factor, s’est avéré un choya décevant, cet enfoiré a toujours autant la classe.

Kelis - Tasty7. KelisStick Up” (2003) : ok “Trick Me” et “Milkshake” ou encore “Bossy” sont des tubes imparables que j’adore, mon morceau préféré de Mrs. Jones c’est celui-là sans conteste possible. De l’arrogance, du sex-appeal et le clavier feutré de Dam Grease. Le bonheur en 3′50. C’est peut être aussi lié au moment où j’ai redécouvert ce titre, un début de soirée de novembre 2005, les fenêtres ouvertes sur Sunset Boulevard… Il suffit de pas grand chose pour se sentir bien.

121398. Myka NyneCitrus District” (2006) : Michael Troy encore pour le morceau phare de ce qui est pour moi son meilleur album (avec “It’s All Love: American Nightmare“), “Citrus Sessions Vol.1″.
On a d’ailleurs failli pas l’avoir pour de vrai ce disque. Myka est pour le moins impulsif et imprévisible : alors que son label Citrus Records mettait au point les derniers détails de la sortie (et après qu’un bootleg de quelques titres ait été leaké), Myka pète un cable et balance l’intégralité en free download sur son site. Il le retire au bout de quelques jours et on se dit que l’espoir de voir ces sessions enregistrées à Orange County sur disque est mort né. Et pourtant, en 2006, un digipack coloré débarque sur les sites de VPC spécialisés. Aujourd’hui on le trouve même sur Amazon et c’est un sacrément bon disque.

2hgzbdx9. Rappin’ 4-Tay25-2-Life” (1996) : pendant longtemps, Rappin’ 4-Tay était juste un mec qui avait fait un hit bien festif en surfant sur la mode G-Funk de Snoop et Dre. Cruelle erreur ! Le sieur 4-Tay est un sacré gaillard qui est à la tête d’une discographie loin d’être dégueulasse. Une petite préférence pour l’album dont est tiré ce titre, “Off Parole” sorti en 1996. L’ambiance résignée et pesante de la prison suinte à chaque mesure, les petites accélérations du refrain insistent sur la nécessité d’être rapide et discret pour survivre. Un modèle du genre à mon sens.

hardcore-thumb-300x28010. Lil’ KimSpend A Little Doe” (1996) : sacrée Queen Bitch. Toujours aussi classe ahum. J’aime beaucoup ce titre, un concentré de ses deux facettes, la gangstress et la salope mais avec cette fois un petit coté désabusé, assez annonciateur du reste de sa vie d’ailleurs. Et ces notes de piano de Ski… “Ask Tina, love ain’t got shit to do, with me and you / Or the 44 under the pillow with the dildo / I like to play while I’m workin / And that’s for certain, keep jerkin, I ain’t done with you

album-253911. Notorious B.I.G.Juicy” (1994) : rien que pour “Super Nintendo, Sega Genesis / When I was dead broke, man I couldn’t picture this“. Cette phase dégage aujourd’hui une nostalgie dingue, elle me déclenche systématiquement un petit sourire en coin et je repense à cette période où on se faisait des classeurs avec les pages de test des hits de l’époque découpées dans nos magazines de jeux vidéo préférés. En tout cas merci Mtume pour l’original et Puffy pour avoir piqué l’idée à Pete Rock, ça c’est du classique.

96238729412. ScroogeAnother Day” (2007) : et oui, 2007. Comme quoi le G-Funk est loin d’être mort, même dans la petite ville de Tacoma dans l’état nuageux de Washington (non, il n’y a pas que Seattle et Grey’s Anatomy). Deux albums déjà pour Picsou, “‘Bout My Paper” en 2001 et ce “Ride Wit Me” en 2007, tous deux disponibles sur CDBaby pour une misère. Alors certes, ça aurait mérité un studio professionnel, un mix et un mastering à la hauteur de la chaleur des prods et des voix mais on fera avec ce qu’on a. Et c’est déjà pas mal.

album200-283813. Montell JordanComin’ Home” (1995) : y a pas mal de bons titres sur “This Is How We Do It” (souvenez-vous). La période et l’origine du chanteur aidant, c’est vraiment une bonne surprise G-Funkisante pour qui, comme moi, serait passé à coté pendant pas mal d’années. Un vrai street crooner à l’ancienne, too much dans le coté lover mais à qui on pardonne parce que, quand même, il a trop la classe. South Central does it like nobody does

FRONT14. Sean-TIf It Ain’t Gee” (feat. Theresa Shorter) (1996) : originaire de Palo Alto dans le comté de Santa Clara en Californie, Sean-T est un client sérieux. A la fois producteur et rappeur, il fait partie des nombreux grands talents méconnus du rap et dont il faut absolument avoir écouté au moins un album. Moi je recommande “Pimp Lyric$ & Dollar Sign$“, solide de bout en bout, éclectique et cohérent, rugueux mais avec une vraie chaleur dans les instrus. Le genre de skeud qu’on ne regrette jamais d’avoir dans sa collection. Sans déconner, on peut ne pas aimer les nuances de la prod, le flow de Sean-T ou la voix suave de Theresa Shorter sur ce titre ?

107156071815. Y-DBring It On” (1996) : la même atmosphère “début de soirée ensoleillée” que le titre de Sean-T et un vrai témoignage de l’identité musicale de “Give It Up To The G’s“, le seul album de Y-D connu à ce jour. C’est bien dommage parce que le rappeur d’Oakland avait signé là une superbe entrée dans le G-Rap, sans baisse de régime. Merci T-Roy pour les prods de qualité.

4577616. AceyaloneDeep And Wide” (feat. Abstract Rude) (1995) : le premier album d’Aceyalone, tête pensante de Freestyle Fellowship et figure de proue du Project Blowed, est un classique. Là, c’est dit. “All Balls Don’t Bounce” est un disque à avoir (d’autant plus qu’il a été réédité avec plein de bonus il y a quelques années et qu’il se trouve pour une bouchée de pain). Quand ils ne décident pas de faire un album sous la bannière de The A-Team, Acey et Ab’ Rude font généralement des étincelles comme en témoigne ce feutré “Deep And Wide” et son charley survitaminé. C’était bien les années 90 quand même…

Nonce__1a17. The NonceMix Tapes” (1995) : des petits copains de ceux du dessus, Sach et le regretté Yusef Afloat (dont on apprend un peu plus les circonstances de la mort dans l’excellent documentaire “This Is The Life“) n’ont sorti qu’un véritable album ensemble mais encore un indispensable. Le duo originaire de Los Angeles et habitué des sessions live du Goodlife Café n’aura malheureusement pas l’occasion de concrétiser ses débuts plus que prometteurs et Sach devra continuer seul, dans l’indifférence générale à l’exception d’une fan base solide (Mr. Finesse I see you). Presque 15 ans après, ce “World Ultimate” n’a pas pris une ride et “Mix Tapes” est toujours le tube qu’il était à l’époque.

084501604562718. Siah & Yeshuah Da PoEDThe Visualz” (1996) : moi qui trouve très souvent le rap jazzy mou du cul et dénué de feeling (il ne suffit pas de boucler un piano et une basse pour donner à un morceau un âme), j’avais beaucoup aimé les quelques titres du EP du duo new yorkais mais j’ai longtemps désespéré de mettre la main sur le disque : un EP vinyle sorti en peu d’exemplaire sur le Fondle ‘Em (le label de Bobbito Garcia), ça paraissait mission impossible pour qui n’a pas envie de mettre un rein dans un disque. Il faudra donc attendre 2007 et la réédition de Traffic (un packaging luxueux et plein de bonus pour l’occasion) pour enfin profiter comme il faut de l’ultime témoignage de la courte carrière du duo. Bon, il y a bien un petit coté backpacker-qui-keep-it-rea- in-Big-Apple mais ça fonctionne quand même sur moi !

Pour télécharger la compile : http://sharebee.com/04213d7f

Freestyle fête de la musique @ Générations FM (21/06/1999)

J’anticipe un peu l’arrivée de l’été en resortant des archives le freestyle organisé par Générations FM il y a 10 ans (merci Roro pour l’enregistrement à l’époque). J’ai du mal à réaliser que c’était il y a 10 ans tout ça… C’est à la fois très proche et tellement loin… Souvenirs souvenirs comme chantait le mec qui veut faire croire à ses fans plein de tshirts à huskies qu’il va vraiment arrêter la scène. Sont cons les gros dédés, Jay-Z nous l’a déjà fait, on la connait la carotte !

Jean-Pierre Seck (Sang d’Encre/45 Scientific) avait réuni la crème des improvisateurs de la région parisienne (+ Marseille) de l’époque, exception faite de Busta Flex qui n’a pu venir et dont les qualités d’improvisateur ne sont plus à démontrer :

DontchaDontcha, qui venait alors de sortir son premier album “Les Bords Du Fleuve” après 4 volumes de ses mix-tapes “Dontcha Flex” (les 3 et 4 étant les seules sorties en France, elles sont aujourd’hui des classiques du genre dans lesquelles JoeyStarr a largement pioché pour monter son écurie BOSS à l’origine).

405-Zoxea

Zoxea, tiers des Sages Po et référence en la matière (même si ses délires façon “J’fais des rimes en O / chuis pas un blaireau / J’fais des rimes en é / J’suis pas un pédé” j’ai toujours trouvé ça super faible). On avait d’ailleurs beaucoup parlé des clash impros avec Dontcha sur les mix-tapes précitées, bien avant les embrouilles assez pathétiques entre les deux bonhommes par la suite.

abuzAbuz, du D. Abuz System forcément et qui avait déjà pas mal déserté le rap à l’époque, sans doute un peu écoeuré de voir la tournure de sa musique et frustré de ne pas avoir reçu la reconnaissance que son groupe méritait. Depuis, il s’est lancé dans le porn-rap sous le nom de Ricardo Malone (en hommage au saucisson milanais) :

235195848_small Sadik Asken, qui débutait plus ou moins, squattait 95% des mix-tapes qui sortaient et qui s’était fait connaitre grâce à ses vannes sans pitié… ça lui vaudra d’ailleurs quelques moments tendus, notamment en clash contre Sheryo. Ou ici avec Kool Shen… Ahaha sa phase sur IV My People, c’était gonflé !

ill_des_x_men_-_ainsi_soit_ill Ill des X-Men. Que dire à part qu’il est un des plus grands MCs que la France ait jamais porté, qu’à l’époque (et encore aujourd’hui) s’il fallait ne donner qu’un nom quand on parlait de flow, il arrivait à juste titre en tête de bien des sondages. C’est assez triste de voir que des mecs comme lui, Zox’ ou Abuz, des gens qui suintaient le rap par tous les pores de leur peau et qui ont engendré un nombre incroyable de rejetons n’ont jamais eu la reconnaissance populaire (et financière) qu’ils méritent.

NecyaCyanure d’ATK (qui lui aussi est un monstre en impro) fait une petite apparition remarquée sur le track 13 à 12′30. Merci à Zox’ de l’avoir invité, dommage qu’il n’ait pas pu plus participer, il aurait apporté un peu de décontraction et d’humour dans cet exercice finalement un peu guindé dont Abuz et Ill se désintéressent vite, visiblement lassés du concours de taille de bite qui oppose Zoxea, Dontcha et Asken.

95 minutes d’impro dans tes oreilles : http://sharebee.com/4360cbcf

Play It Cool vol.1

Une petite compile tranquille pour les fins d’aprem ensoleillées, les braises du BBQ qui rougissent, le rosé bien frais et les copaings… Petite balade à travers le sud et l’ouest des Etats Unis, décontracté du gland (encore queue…), à la fraiche. Elle date un peu et je recycle mais je m’en lasse toujours pas. Merci à Jee2Tuluz pour m’avoir aiguillé sur quelques titres !

Play It Cool Vol.1

abstractrud_showtyme~_101b1. Abstract Rude & Tribe UniqueCoolin” (3′25)

L’old timer du Goodlife Café et du Project Blowed a vraiment une voix géniale mais, comme la plupart de ses petits copains, n’a jamais été foutu de faire un vraiment bon album. Ce n’est pas “Showtyme“, sorti en 2003, qui fera changer les auditeurs d’avis mais, comme sur le précédent dont on parlera plus loin, il recelle quelques pépites comme ce “Coolin” tout en décontraction.

LethalInjectionCoverArt2. Ice CubeYou Know How We Do It” (3′52)

La carrière d’Oshea “Ice Cube” Jackson (qui fête ses 40 balais le mois prochain) est parsemée de classiques, qu’ils soient produits par Dr. Dre ou le Bomb Squad. Ici c’est le fiston de Quincy Jones, QDIII (à l’origine du générique du Prince de Bel Air), qui s’y colle. Petite guitare funk, voix féminines qui se perdent derrière la sirène lancinante et Cube qui livre une de ses meilleures prestations. Classique.

alleyezonme3. 2PacRatha Be Ya N.I.G.G.A.” (feat. Richie Rich) (4′13)

J’ai toujours été fan de “I’d Rather Be With You” de Bootsy Collins et les reprises du tube du bassiste fêlé sont légion (ça fera surement l’objet d’une prochaine compile, le temps de remettre la main dessus) mais je crois que c’est celle-ci qui a ma préférence. La puissance vocale de 2Pac (qui retrouve alors la Californie qui l’a vue grandir après que Suge Knight soit venu le récupérérer à sa sortie de prison) et la nonchalance du vétéran Richie Rich, alliées à la subtile prod de Doug Rasheed, ça donne un de mes titres préférés de Pac. Je prends pas de risque : classique.
Tiens d’ailleurs, j’aurais du mettre “Oakland Rap” pour ce titre dans le ID3 Tag, la fatigue surement…

32569890845c90093dfe502504779524. Mr. XPlayaHata” (3′42)

Album injustement méconnu dans nos contrées et pourtant indispensable à tout amateur de G-Funk qui se respecte, le premier et à ma connaissance seul album de Xavier Thomas est un petit bijou musical. Produit majoritairement par QDIII, “Mr. X” est un album très smooth où son hôte alterne passages rappés et chantés avec autant de talent dans un domaine que dans l’autre. Un must have.

c50982697a55. Born 2WiceP.P.O.V.” (feat. Nancy Fletcher) (4′32)

On descend sur Houston mais on reste dans le même registre smooth mais gangsta. Encore un mec qui aurait gagné à être connu mais qui connaitra une vie assez compliquée (il y a quelques années, il était SDF). Une voix proche de celle de Scarface, un parrain de renom (Ice-T), des featurings de qualité (Nancy Fletcher qu’on a pu entendre aux cotés de Snoop ou du Dogg Pound, King Tee, Rhythm D ou encore Kool Keith et Tim Dog) et des prods au top niveau, il y a parfois des énigmes dans la musique : “Portrait Of A $erial Player” sorti en 1996 ne recevra pas le succès qu’il mérite.

R-500056-11241856316. 5th Ward BoyzBitch Pleeze” (3′55)

L’autre groupe de Houston dans la première moitié des 90’s, également signés chez Rap-A-Lot Records et auteurs eux aussi de très bons disques, à classer parmi les classiques du genre comme “Ghetto Dope” (sorti en 1993 et dont est tiré ce titre) ou “Gangsta Funk“. Le duo 007/E-Rock montre ici qu’il est aussi à l’aise dans les sons smooth que sur des prods énervées ou funky. Je suis assez fan du grain façon vinyle qui craque… Encore un classique.

d20230qtsis7. Devin The DudeBust One Fa Ya” (1′13)
8. Devin The DudeWrite & Wrong” (5′02)

Aaaah Devin… Je suis définitivement fan de ce mec (même si les 2 derniers disques qu’il a sorti étaient relativement moyens) et “The Dude” fait partie des disques qui m’ont vraiment profondément marqué. Quatre ans après ses débuts discographiques avec Odd Squad, Devin Copeland tente l’aventure solo avec une réussite totale, bien aidé à la prod par les ténors de Rap-A-Lot, Tone Capone et N.O. Joe (entre autres). Des histoires de weed et de filles, totalement décontracté, une voix reconnaissable entre mille et un gout pour la chansonnette qui trotte dans la tête. Un classique absolu. A noter que “Bust One Fa Ya” devrait dire quelque chose à ceux qui ont regardé le “Up In Smoke Tour” puisque c’est sur cette petite comptine que Devin fait son entrée avant “I Just Wanna Fuck You“.

album-ridin-dirty9. U.G.K.One Day” (feat. Mr. 3-2)

Autre traumatisme rapologique que ce morceau issu de “Ridin’ Dirty” sorti en 1996. Sur un sample des Isley Brothers (“Ain’t I Been Good To You“, sa 2ème partie pour être précis, tiré de l’album “Live It Up” sorti en 1974), le duo de Port Arthur (base militaire proche de Houston, Texas) livre là un de ses meilleurs titres : mélancolique, très malin dans son utilisation de la voix de Ron Isley et avec 3-2 en featuring (Convicts, Blac Monks, Southside Playaz, Screwed Up Click), un de mes titres rap préférés de tous les temps.

CellyCelKillaKali10. Celly CelIt’s Goin’ Down” (5′24)

Originaire de Vallejo (Bay Area) et protégé de E-40, Celly Cel n’a pas toujours été fourré dans le hyphy comme il peut l’être aujourd’hui, en témoigne ce petit classique trop méconnu produit par Tone Capone. Smooth, langoureux, il emprunte au “Computer Love” de Zapp ses bruissements sensuels qui tranchent avec la présence très gangsta de Marcellus McCarver.

bsheree611. VontelIt’s All On You” (feat. Nikia Hill) (4′29)

L’arlésienne des forums spécialisés dans le G-Rap : est-ce que “Vision Of A Dream” de Vontel (rappeur de Phoenix, Arizona) est un classique G-Funk ou un disque surestimé qui doit beaucoup à sa rareté et sa découverte “tardive” ? Personnellement, c’est un de mes albums préférés et même si le maitre Roger Troutman est présent sur deux titres qui font le bonheur des fans, c’est ce morceau R&B mené par la voix de Nikia Hill pour lequel j’ai la plus grosse faiblesse. Chante Nikia, chante !

41W7CYB6PYL._SL500_AA240_12. Do Or DiePo Pimp” (feat. Twista & Johnny P) (3′54)

C’est un peu mon intrus quand je réécoute la compile, je me rends compte que j’ai du mal avec les flows des Chicagoans (Twista excepté) que je trouve vraiment approximatifs et avec le mixage que je trouve pour le moins étrange… Mais j’aime beaucoup le refrain de Johnny P et la basse chaude concoctée par The Legendary Traxster.

atliens cover13. OutKast Elevators (Me & You)” (4′25)

Quitte à jouer les vieux cons, quand je réécoute “ATLiens” et “Aquemini“, les deux chefs d’oeuvre du duo d’Atlanta, je ne peux pas m’empêcher d’être nostalgique. Même si “Hey Yeah” a permis à “Speakerboxxx/The Love Below” de devenir le disque de rap le plus vendu de tous les temps, je trouve ce double album à des années lumières de la magie qui se dégage des 4 premiers opus d’André 3000 et Big Boi. “Elevators“, 13 ans après sa sortie, n’a rien perdu de son hypnothisme. Classique (oui je me répète).

dfb9a7d0-9c24-47b3-9392-01a387e12103medium14. Abstract Rude & Tribe UniqueFull Time Job” (feat. K. Jendayi) (3′22)

It is a full time job, no days off” chante K. Jendayi de sa voix soul et envoutante. Je suis tellement fan de son refrain qu’elle me fait systématiquement oublié que Aaron “Abstract Rude” Pointer ne signe pas là une de ses meilleures prestations microphoniques. Il y a plus de soul, de feeling et de personnalité dans les 4 phrases chantées par la dame que dans toute la carrière de Rihanna. Le charme, ça ne se calcule pas…

6a00c22523e1b58e1d00d41440d4c66a47-500pi15. Ice CubeIt Was A Good Day” (4′20)

Un autre grand classique du père Cube, cette fois produit par DJ Pooh sur un sample des Isley Brothers (“Footsteps In The Dark“) : décontraction, story telling, fond et tant pis si O’Shea n’a jamais été le gangster qu’il a campé dans ses albums, c’est un très grand monsieur du rap. “It Was A Good Day” en est une preuve supplémentaire s’il en fallait vraiment.

ti0516. T.I.Chillin’ With My Bitch” (feat. Jazze Pha) (3′56)

Je crois qu’avec “Urban Legend” (sorti en 2004) T.I. était à l’apogée de sa carrière. Il n’avait pas besoin d’aller faire le cake sur des rollers dans un navet ou de reprendre une sombre daube euro dance pour faire parler de lui. Sa technique et son swag parlaient pour lui. Et pour ce “Chillin’ With My Bitch“, le fils de James Alexander (bassiste des Bar-Kays qui n’était pas dans l’avion qui s’est crashé le 10 décembre 1967, causant la mort de 4 des membres du groupe et d’Otis Redding) ne s’est pas foutu de sa gueule : c’est un Jazze Phizzle en grande forme qui assure la prod et le refrain de cette petite bombe smooth.

4zocztf17. Pimp CEverytime” (feat. Devin The Dude) (4′29)

Le 4 décembre 2007, le rap a perdu un de ses plus grands artistes : Chad Butler aka Pimp C est parti dans son sommeil, victime d’une overdose médicamenteuse (sippin’ on some sizzurp) et d’une apnée nocturne un peu trop longue (Heath Ledger style). De toute façon, je ne peux pas être vraiment objectif avec la moitié de UGK, je suis fan absolu de ses prods et de son flow. Et tant pis s’il raconte de la merde en boucle, ce mec avait le talent, la musicalité et en plus, sur ce titre, il pose avec une autre de mes idôles, Devin. Forcément, ça parle de cul sans beaucoup de subtilité mais au diable la dialectique pourvu que le son démonte.

TheRedLightDistrictLudacris18. Ludacris Blueberry Yum Yum” (3′55)

La drogue c’est mal. N’empêche que je gouterais bien à cette Blueberry qui a l’air vraiment yum yum… Morceau pour foncedé, parti pris osé de la part de Luda avec cette espèce de non-flow et son faux rythme. Il s’enchaine super bien avec le précédent vous trouvez pas ?

Pour télécharger tout ça : http://sharebee.com/df3661bc

Je bosse sur le volume 2, il arrivera… un jour !

Cinéma cinéma… tchi tcha #02

notorious-movie-poster1Notorious (2009) de George Tillman Jr.

Je le confesse,je n’ai jamais écouté Biggie en boucle, tout juste connaissais-je ses plus gros hits (écoutés à fond en dansant sur le toit d’un Chrysler Voyager dans une petite ville du Midwest à la sortie de “Ready To Die”), le gros de la guerre East/West et ses embrouilles avec 2Pac. Je n’ai jamais idolâtré Christopher Wallace, étant tombé réellement dans le rap avec le “Doggystyle” de Snoop Doggy Dogg, j’avais choisi “mon camp”. Et j’ai jamais pu piffrer Sean Combs (il m’a fatigué avec ses pseudos tous plus ridicules les uns que les autres), son arrogance, son inutilité constante sur tous les morceaux sur lesquels il a posé, sa vaine tentative de devenir classe…
Du coup, j’ai maté “Notorious” avec des yeux presque neufs et la circonspection préalable à tout biopic, qui plus est à propos d’un rappeur. Le film produit par Diddy et Mme. Wallace (qui se sont d’ailleurs mis bien au casting, i feel ya Puffy, you look better in the movie than you ever did) est évidemment bourré de défauts : l’histoire est édulcorée (exit les partouzes, les coups de pression, la came) pour faire de Biggie Smalls un gros pépère sympathique, pas toujours très fiable mais avec un bon fond. Très hollywoodien donc, avec une fin tragique au moment où il amorçait sa rédemption (et d’après un collègue fan du bonhomme, il semblerait – les effets de larmoyants en moins – que ce soit assez proche du changement qu’opérait le B.I.G.), laissant le rap new yorkais orphelin d’un de ses plus grands emcees.
L’autre et peut être principal reproche qu’on peut faire au film, c’est l’absence de la vraie voix de Biggie.  Certes Jamal Woolard (lui-même rappeur sous le pseudo de Gravy), dont c’est le premier film, est bluffant de mimétisme avec le gros de Bedstuy mais il n’arrive jamais à approcher ne serait-ce qu’un peu la puissance vocal de l’auteur de “Ready To Die” et ça manque cruellement.
Heureusement que Faith Evans (Antonique Smith) et Lil Kim (Naturi Naughton) sont à tomber par terre, parce que 2Pac aka Papa Doc de “8 Mile” est ridicule et qu’il aurait été malin de choisir un autre acteur que Marc John Jefferies pour jouer Lil Cease (j’ai pas pu m’empêcher de penser à lui dans “Get Rich Or Die Tryin“). Il y a aussi quelques effets de filtres sur certaines scènes plutôt bien trouvés et surtout, ça donne envie de se replonger la discographie du gros et de sa Queen Bitch. J’en garde une bonne impression.

postertaken2Taken (2008) de Pierre Morel

1, 2, 1 devinez qui revient… Je dois être maso (et encore, j’ai pas fini) mais encore un film EuropaCorp, sous l’insistance de mon coloc. Le film est réalisé par des Français mais a fait un carton aux USA, bénéfices rapportés record et tout le toutim. Ce genre de tour de force, ça rend curieux et j’espérais quelque chose d’un peu plus consistant qu’une énième déclinaison du “Transporteur”.
Hé ben non, c’est exactement ce qu’on pouvait craindre, un one man army (le pauvre Liam Neeson complètement transparent) décide de venir défoncer tout seul un réseau de prostitution qui sévit à Paris et qui a kidnappé sa fille. Ridicule et toujours un peu dangereux cette démonstration de “je fais justice moi-même” (surtout sans conséquences), “Taken” est un pur produit EuropaCorp dans tout ce qu’il y a de plus péjoratif (mais il est vrai que les scènes d’action rendent bien).

18987270Coluche, l’histoire d’un mec (2008) d’Antoine Decaunes

L’exercice était excessivement casse-gueule et pourtant De Caunes s’en est globalement pas mal sorti. Déjà, très bon choix d’acteur pour jouer Coluche, FX Demaison a vraiment bossé comme un malade pour arriver à rentrer dans la peau de l’humoriste, trouver son parler, son rythme, ses mimiques, ses tics… D’ailleurs, c’est la première réflexion qu’on se fait : woah impressionnant son travail mais du coup, on espère qu’il sera suffisamment poussé à bout pour qu’on oublie qu’il joue et qu’il soit vraiment Coluche. S’il n’y avait cette ressemblance dans les yeux et le nez avec Michael Youn (je vous assure, c’est frappant) qui nous faisait remonter à la surface de temps en temps, on se laisserait totalement mener.
Donc globalement, pour un biopic, c’est pas mal foutu. Bonne reconstitution de la France de la fin des 70’s, de l’émulation générée par Coluche, des scènes fortes, d’autres drôles et évidemment les textes de l’Enfoiré en chef qui continuent à être toujours efficaces.

Ceci étant dit, il plane sur le film une sorte de voile pudique, presque angélique. De Caunes a protégé l’image du gros en salopette en édulcorant son gout pour les femmes (et son dégout), la drogue et en taisant les rumeurs sur sa bisexualité. Ses coups de gueule doivent être bien sages comparés aux vrais. Autre petit souci, à part pour le professeur Choron (dont le sosie est bluffant), les autres personnages historiques sont rarement clairement introduits (si ce n’est Attali et à la rigueur Reiser, joué par Alexandre Astier). C’est là pour moi la grosse faiblesse du film : on est dans le contexte et pourtant, il manque les éléments concrets du réel pour faire le lien, surtout quand comme moi on a connu les 80’s en pyjama.

Bonne impression globale donc mais et c’est également un autre défaut du film, il ne creuse pas vraiment le pourquoi du comment de la pression subie par Coluche dans les 80’s mais il aurait fallu partir dans un thriller politique où De Caunes aurait du choisir un parti pris difficile à assumer.
oss_117OSS 117, Le Caire nid d’espion (2006) de Michel Azanavicius

Je trouve Jean Dujardin plutôt sympa mais jusqu’ici ses tentatives sur grand écran ne m’avaient pas convaincues (et “Brice de Nice” était à peu près aussi drôle qu’un sketch d’Anne Roumanov), j’ai donc trainé les pieds pour regarder ce que la critique (qui avait aussi dit du bien de “Brice de Nice”) avait pourtant encensé. La sortie de la suite et les avis dithyrambiques qu’il a sucité m’ont poussé à sauter le pas. Je n’ai pas regretté, si ce n’est de ne pas avoir regardé “OSS117″ plus tôt !

Je me suis fendu la gueule du début à la fin. Jean Dujardin a vraiment une gueule de raie incroyable. Hubert Bonisseur de la Bath est un con, un con magnifique, quasi-inébranlable, raciste, ethno-centriste, méprisant, paternaliste et loser. Entre ses phrases choc débiles (“J’aime me battre”, “J’aime me beurrer la biscotte”), les allusions à son homosexualité refoulée, son inculture totale, y a de quoi faire et on sent qu’il y a un ex-compagnon des Nuls derrière tout ça.
Niveau mise en scène, décors, grain de l’image, costume, intrigue, ressorts scénaristiques, l’hommage aux James Bond période Sean Connery est impeccable. Il y a du rythme, des dialogues efficaces et Dujardin assure malgré le fait que tout le poids du film soit sur ses épaules. Et puis Bérénice Béjo, si elle ne joue pas très bien, est vraiment sublime.
affiche-Les-Randonneurs-a-Saint-Tropez-2007-1 Les randonneurs à St Tropez (2008) de Philippe Harel

Onze ans après le premier volet qui avait rencontré un bon succès en salle, la bande des randonneurs (Karin Viard, Vincent Elbaz, Benoit Poelvoorde, Géraldine Pailhas…) est de retour pour de nouvelles aventures façon “Bronzés 3″.
Ce n’est pas Jean-Claude Duss qui est apparemment devenu millionnaire mais Poelvoorde, toujours aussi lourd et médiocre. On ne sait pas trop ce qui est sensé nous intéresser : une ambiance qui mélange “Camping” et “Bronzés 3″, une alchimie totalement absente entre les amis de la bande, un scénario indigent… Le retour est comme prévu raté (pas que le premier volet ait été réussi).
gomez_vs_tavares,0Gomez VS Tavarès (2007) de Gilles Paquet-Brenner et Cyril Cebas

J’avais réussi à trouver quelques qualités au premier volet des aventures de Stomy Bugsy et Titof (pas le montage ni le jeu de Stomy en tout cas), surtout grâce à la présence de “Tonton”, le très regretté Jean Yanne. Sauf qu’entre temps, Tonton est mort et dans le film, il a planqué son magot, ce qui attise la convoitise du petit magouilleur qu’est Titoff mais aussi son acolyte, dans une mauvaise passe.
Je crois qu’on peut difficilement faire moins intéressant, moins drôle et moins rythmé. C’est nul de bout en bout, la faute à un casting qui ne tient pas la route une seconde, sauf peut être Titof qui gesticule convulsivement pour essayer de donner un peu de vie à ce navet.

David LaChapelle à l’Hôtel de la monnaie

davidlachapelleJ’ai profité d’avoir un peu de temps pour aller faire un tour à l’expo David LaChapelle qui se tient depuis le 5 février et jusqu’à la fin du mois à l’Hôtel de la monnaie, sur les quais de Seine, à deux pas d’Odéon. Je ne connaissais le photographe américain que de réputation et quelques photos de lui (beaucoup plus en fait mais je n’en connaissais pas l’auteur), je n’ai toujours pas regardé “Rize” (son documentaire sur le clowning et le krumping) et à vrai dire, j’y allais surtout pour constater la hype.

Sont donc présentées pas loin de 200 photos, réparties par thème, les premières étant constituées de pièces géantes, véritables installations utilisant plusieurs niveaux de profondeur pour la mise en scène. C’est extrêmement tape-à-l’oeil, ostentatoire jusqu’à l’écœurement, superficiel et assumé. Des couleurs hyper saturées, du bling bling à en faire pâlir d’envie une pochette Pen & Pixel, des symboles de l’impérialisme américain, Paris Hilton en mini-jupe sans culotte et mises en scène christique, on frise l’indigestion. Au moins, on s’amuse beaucoup à examiner chaque détail des créations de LaChapelle, il y a toujours un petit détail amusant, décalé et résolument politiquement incorrect qui émerge d’un coin ou l’autre. De là à dire que ça m’épate (si on excepte que LaChapelle trouve plus amusant de reconstituer ses accessoires en vrai plutôt que par ordinateur), il y a un pas que je ne franchirai pas. C’est dans ces moments là que je ressens une vague identité française, surtout comparée avec cette vision de cette partie de l’Amérique…

david-lachapelle

artwork_images_424157556_493433_david-lachapelleCeci étant dit, la première salle propose quatre reproductions de billets en très grande taille, couleurs inversées. Le billet de 1$, version rose et violet, m’a totalement fasciné, à la manière des oeuvres de Dali qui m’avaient énormément marqué quand je les ai vues petit : de près, George Washington abore le même regard neutre, limite hagard que sur les billets originaux mais à 4 ou 5 mètres, ses yeux changent pour un regard quasi-diabolique. Hypnotisant (même si la symbolique est un peu facile). Dommage que ces pièces soient trop récentes, elles ne sont pas encore disponibles en reproductions.

angelina-jolieLa suite de la visite nous plonge dans les années 80 (image presque lomographiée, costumes et modèles croquignolets, look et décors d’époque) avant d’offrir ses dernières salles aux collaborations du photographe avec le monde artistiques et des paillettes. On croise donc sur les murs Madonna, Amanda Lepore (sa muse transsexuelle, sorte d’Amanda Lear siliconée à outrance), Lil Kim, Paris Hilton bien sur (sa nouvelle muse, tout à fait raccord avec la vision artistique de LaChapelle), Angelina Jolie (dans une pose suggestives à tomber), Britney Spears et beaucoup d’autres.
Le disciple d’Andy Warhol (qui lui a offert son premier job chez Interview) s’amuse à mettre en scène ses modèles, toujours de façon aussi provocante et bariolée. C’est surement parce que la plupart des pièces présentées font aujourd’hui partie de l’inconscient collectif pop mais c’est aussi la partie que j’ai préféré de l’exposition, LaChapelle abandonnant (ou mettant en sourdine) ses allégories lourdingues pour sublimer ses modèles.

artwork_images_424065188_452567_david-lachapelleVisite instructive donc, j’ai maintenant un avis global sur le boulot de celui qui était l’homme à suivre selon le Time en 2000 : un goût pour la scénographie qui a le mérite de susciter une réaction assez épidermique, un oeil précis, une adulation du superficiel façon nouveau riche assez écoeurante mais aussi un vrai travail sur la couleur qui est assez passionnant. Je ne rejoindrai donc pas les fans mais j’aurais au moins appris à reconnaître son travail et peut être y puisé une certaine inspiration.

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Cinéma cinéma… tchi tcha #01

J’ai un peu déserté les salles obscures depuis quelques mois mais je continue à regarder des films… J’ai eu un camarade colocataire pendant quelques mois, trainant la patte pour regarder des films en VOST et comme mater une VF d’un film étranger m’est vraiment impossible, on a fait un peu ce qu’on a pu… Et puis je suis curieux des navets. Je mate beaucoup de daubes et j’assume.

19040365Underworld 3: Rise of the Lycans (2009) de Patrick Tatopoulos

J’avais trouvé le premier plutôt sympa : un scénario assez tordu, un vrai background, une guerre entre vampires et lycans et des personnages intrigants. C’était vraiment riche pour un film comme ça, plutôt intelligemment présenté et développé et malgré l’esthétique un peu facile et les FX un peu light, ça fonctionnait très bien. Le deuxième en revanche était 100% action bourrin, complètement dénué d’intérêt. Le 3 est sur la même lignée malgré le changement de réalisateur (Patrick Tatopoulos, créateur des Lycans des 2 premiers volets remplace Len Wiseman) et d’actrice (Rhona Mitra – Lara Croft, Witchblade, Nip/Tuck – remplaçant Kate Beckinsale pour ce volet présentant les origines de la guerre vampires/lycans). Aucun intérêt, l’histoire développée ici ayant déjà été expliquée (images à l’appui) dans le 2ème volet. Les Lycans sont toujours aussi moches, Lucian toujours aussi peu charismatique… Un gâchis pour une licence prometteuse.

19072474_w434_h_q80Black (2009) de Pierre Lafargue

Le piratage est cruel. Charles M’Bouss alias MC Jean Gab’1 n’a même pas le temps de faire ses grands débuts dans un premier rôle au cinéma (après des petits rôles dans les “Banlieue 13” et “Seul Two“) le 1er juillet prochain que son film tourne déjà sur internet. Comme j’ai une grosse sympathie pour le personnage public de Gab’1, sa gouaille, sa grande gueule et ici, son expérience des braquages mis au service d’un scénario qui semble lui avoir été fait sur mesure (un braco qui tourne mal, une arnaque au bled pour prendre le vert), ça rend curieux.
Verdict : un téléfilm du dimanche après midi sur M6. Vraiment très très très mauvais vu qu’à aucun moment on ne sait où se situer : ça commence avec un braco hyper violent et ça se transforme en comédie mystique avec François Levantal qui se transforme en serpent et une très jolie Carole Karemera qui joue aussi bien que si elle donnait la réplique à Vanessa Demouy dans “Coeur Caraïbes“. Gab’1 a de bons moments mais le montage est tellement catastrophique (on a l’impression qu’ils ont fait du collage en ne gardant que les moments où ça joue moins mal) et les dialogues tellement pauvres (quand il y en a, chose rare) qu’on se demande pourquoi on continue à regarder. Bouh le vilain nanard. Mais au moins la BO est réussie.

01899894-photo-affiche-la-journee-de-la-jupeLa journée de la jupe (2009) de Jean-Paul Lilienfeld

Le grand retour d’Isabelle Adjani, loin de l’outrance des costumes de la Reine Margot, elle campe une prof de français dans un lycée difficile ou les problèmes d’éducation côtoient les chocs culturels et la délinquance. Tout bascule le jour où elle trouve une arme dans le sac d’un élève et perd le contrôle.
Le sujet était hyper casse-gueule et se devait d’éviter de très nombreux écueils que le film de Lilienfeld arrive globalement à éviter. Alors oui, à trop vouloir traiter les problèmes récurrents de la vie scolaire en milieu difficile (les humiliations, les problèmes de culture, de religion, les tournantes, la pression subie par les profs), on tombe presque dans l’artificiel, surtout que la plupart des ados acteurs peinent à être crédibles (mais Sonia Amori, vue dans “La commune” la série de Canal, a de bons moments). Heureusement, Adjani est vraiment en forme. Elle se brise, explose, craque, s’ouvre, passant de la tendresse au désespoir (face à la communication rompue entre la République et ses enfants), à la rage face à la désinvolture de Mouss. Elle est même drôle parfois, quand elle imite ses élèves ou décline une invitation à se faire enculer. Une vraie performance humaine qui culmine avec la révélation finale, témoignage d’un vrai malaise de la société française.
Moi qui suis souvent très critique à propos des films sur la “banlieue”, Adjani a réussi à m’embarquer dans son propos, me renvoyant peut être à des situations entendues au sein de ma propre famille quant à la difficulté de faire cours ces dernières années. Mieux vaut oublier toute la partie du coté de la police, elle n’est crédible à aucun moment. A part ça, un témoignage plein de défauts certes mais plutôt honnête.

affiche-go-fast-2007-32Go fast (2008) d’Olivier Van Hoofstadt

La France s’essaie de plus en plus aux films de braquage, à grands renforts de scènes plus ou moins réalistes mais au moins spectaculaires, le plus souvent pour le pire. C’est Bibi Naceri au scénario, toujours aussi fasciné par le Milieu qu’il ait ou non dépassé les tours de la cité (j’assume d’ailleurs le fait que je trouve “La mentale” réussi sur pas mal de plans) et toujours aussi inconstant dans ses scripts, même s’ils sont 4 sur le maigre scénario de “Go Fast”. Une sombre histoire de trafiquants de drogue qui butent le meilleur pote d’un super flic qui va s’infiltrer comme chauffeur du dit réseau. Complètement bateau et péniblement crédible (j’adore les flics qui découvrent en 2008 que les mecs en bizness enlèvent leurs batteries et leurs puces quand ils vont à un rdv) mais heureusement sauvé par Rochi Zem, toujours impeccable mais qui a surtout l’air d’être là pour rendre service ou pour payer le financement du petit frère de “Mauvaise foi“. Est-ce utile de préciser que c’est évidemment EuropaCorp qui produit, donc c’est poursuites viriles, grosses cylindrées et belles pépés (Catalina Denis est d’ailleurs sublime). On repassera pour le reste.
Si le film avait continué sur l’ambiance du début du film (bien noire), “Go Fast” aurait pu tirer son épingle du jeu grâce à Rochdy Zem. Finalement, c’est un film d’action médiocre, version film de deuxième partie de soirée le dimanche soir sur TF1 (enfin ça c’était avant qu’il y ait CSI trois soirs sur quatre).

fille-de-monacoLa fille de Monaco (2008) d’Anne Fontaine

C’était un des buzz de l’an dernier, le premier rôle d’Ariane/Louise Bourgoin sur grand écran après quelques saisons de frasques sur le câble et l’explosion à la météo du Grand Journal de Denisot. Tout reposait donc sur la personnalité explosive de la demoiselle, ses courbes de rêve et un extrait provocateur où Louise retire son string et déshabille littéralement du regard un Fabrice Lucchini dépassé par les évènements. Le choix était facile (quoi qu’il y ait d’autres scènes sexy mais surement moins facilement diffusables) mais a eu l’inconvénient de faire un peu oublier le propos et le ton réel du film.
Lucchini campe donc un avocat renommé engagé pour défendre une femme accusée d’un meurtre qu’elle ne nie pas. Son employeur, inquiet de voir l’avocat devenir sujet de menaces de la mafia russe (impliquée dans le procès), lui impose la présence de Rochdy Zem comme garde du corps. Entre les deux hommes, pourtant on ne peut plus opposés (l’un est chétif, complexé, cérébral, l’autre sur de lui, affuté et instinctif), une relation se crée, relation qui sera mise à mal par l’arrivée de Louise Bourgoin, une miss météo ambitieuse, faussement ingénue, manipulatrice et très salope qui jette son dévolu sur Lucchini.
On est loin de la comédie que la promo semblait annoncer. Il y a un malaise permanent qui plane autour de Lucchini qui n’en finit plus de me surprendre. Profondément allergique à ses cabotinages pendant des années, je le trouve de plus en plus convaincant à l’écran, certes toujours dans un rôle de complexé/cérébral homme à femmes plus ou moins malgré lui. Il n’est pas le seul à ne pas trop sortir de son registre (mais tant qu’il assure… et c’est le cas), Zem est une fois de plus un rugueux au grand cœur dont la loyauté vire cette fois à la névrose.  Reste que Louise Bourgoin est difficilement supportable en cagole outrancière. Même si le rôle le demande, elle en fait trop et on frise l’indigestion.
Film assez surprenant quand on s’attend à une comédie et qui laisse une drôle de sensation.

death-race-poster-2Death Race (2008) de Paul W.S. Anderson

Ah, le cas Jason Statham. Il aurait pu entrer dans mon panthéon des bourrins de film d’action à coté de Vin Diesel et Dwayne “The Rock” Johnson (et plus loin Steven Seagal) mais non, Jason s’tatane a choisi la mauvaise voie. Je ne saurais même pas expliquer pourquoi… Peut être parce qu’avec “Le transporteur” il est devenu l’acteur fétiche de tous les jackytuningzechtimitouch et de leurs prothésistes ongulaires. Il avait pourtant pas mal commencer avec les films de Guy Ritchie mais faut croire qu’EuropaCorp en corrompt certains (même si la boite de prod de Besson a aussi produit de bons films).
En tout cas, on se marre bien avec “Death Race”. Du grand n’importe quoi complètement assumé, une sorte de “Running Man” sans fond sous forme de jeux vidéo (les voitures doivent passer sur des cases lumineuses pour obtenir des armes, chaque course est présentée comm un loading et annonce le prochain “Stage”, c’est outrancier dans le bourrinage). Du grand n’importe quoi sans intérêt, à mater entre potes en commentant à voix haute au mieux.

The Asteroids Galaxy Tour

previewneversCela faisait très longtemps que je n’avais pas vu un clip intéressant en tombant sur M6 en pleine nuit. Elle est loin l’époque de “L’alternative” ou des soirées thématiques de la petite chaine qui monte. Plus guère de Musique chez M6 désormais et les derniers espaces sont peuplés de clips de rescapés des jeux du cirque locaux et de transsexuels peroxydés qui connaissent visiblement mieux la carrière tabloïdesque de Lady Gaga que la discographie de Jimi Hendrix. La hype est à l’électro-rock, les groupes se succédant avec plus ou moins de succès et de raison. Pour situer la musique à la mode chez les Branchés dont il est ici question, il suffit de penser au Grand Journal de Canal+ ou à une pub iPod. Limpide non ?

Je dois avouer que dans le tas, y a des trucs qui me plaisent bien. Les filles ont souvent une voix particulière, bien bitchy, très peste, détachée, arrogante et terriblement sexuelle. Il y avait eu notamment les Ting Tings et leur hit “Shut Up And Let Me Go” :

the-ting-tingsAprès la blonde Kate White, c’est une autre blonde, Mette Lindberg, qui provoque un certain émoi chez moi (500 millions de Chinois). C’est donc sur son groupe que je suis tombé l’autre nuit, The Asteroids Galaxy Tour, formation danoise composée de 5 zikos (basse, cuivres, claviers, guitare, batterie) au service de la demoiselle. Comme les Ting Tings, et sans album dans les bacs, un de leurs titres servira d’habillage sonore pour une pub iPod, “Around The Bend” :

Un petit bonbon acidulé, complètement kitch et rétro mais au refrain ô combien accrocheur (‘culé d’sa mère, je l’ai eu dans le crâne pendant 3 jours… ceci dit c’était plutôt moins difficile à vivre que quand c’était “Dis-Moi” des BB Brunes). J’arriverais presque à pardonner le raton-laveur crevé sur la tête de Mette, elle me met de bonne humeur cette emmerdeuse.
Jusqu’ici, seul un EP 3 titres (autant dire un maxi) est dispo sur iTunes, avec “Around The Bend” bien sur mais aussi “Push The Envelope” (plus électro dans le son mais plus rock de branleur dans la voix) et “Sattelite” (titre plus planant, porté par des nappes psychédéliques et un refrain 90’s que ne renierait pas Santigold).

En se débrouillant un peu, on se peut retrouver 4 autres titres en écoute sur leur MySpace, cohérent avec leur univers mais parfois surprenant dans les formes obtenues :

- “AGT Hero“, petit morceau surprenant, comme si Vanessa Paradis chantait sur une guitare sèche et des cuivres soul :

- “Bad Fever“, melting pot musical habile et décomplexé :

- “Golden Age“, résolument cabaret et rétro, ludique et bon enfant :

- “The Sun Ain’t Shining No More” et son hommage à “I Heard It Through The Grapevine“, Nancy Sinatra et pas mal d’autres où on imagine très bien Mette en mini-jupe à carreaux et socquettes blanches retrouver les jocks du lycée au diner du coin pour boire un milk shake vanille :

Petite compile des titres de The Asteroids Galaxy Tour qui circulent, 25 minutes pour découvrir l’univers bien barré de ces Danois. Bien efficace en soirée avec les copaings en attendant de voir ce que donnera leur premier album, “Fruit“, qui dort sortir cette année : http://sharebee.com/a0a38dbb

Can we rock? What’s up doc?

shaqdieselParmi mes premiers héros rapologiques, il y a eu Chip-Fu. On est en 1993 ou 94, je suis au collège, les murs et le plafond de ma chambre sont recouverts intégralement de posters grandeur nature de mes basketteurs préférés, Shaquille O’Neal en tête. C’est surement en lisant un Mondial Basket que j’ai appris que l’ex pivot de la fac de Louisiana State avait sorti son premier album (de rap) et qu’il s’appelait “Shaq Diesel“. Je découvrais juste le rap à l’époque, à l’aveugle donc ça ne sera que des années plus tard que je découvrirai que le disque était produit par Erick Sermon ou Ali Shaheed Muhammad entre autres, le premier truc qui m’ait sauté aux oreilles c’est la piste 11, dernier track de l’album, découvert quelques jours avant à la fin d’une K7 vidéo gagnée à un jeu sur le minitel :

Ce petit mec qui arrivait à 200 à l’heure avec une voix nasillarde et un flow à la limite du ragga, ça me rendait dingue, j’ai usé et usé ce morceau pendant des années. Et je n’ai découvert qui il était que quelques années après, son groupe Fu-Schnickens sonnait à mes oreilles abreuvées de “Doggystyle” comme old school, dépassé et vu que le peu de personnes qui écoutaient du rap autour de moi n’en avait jamais entendu parler…
Quand je vois avec qui ils partageaient la scène et maintenant que j’ai le background rap minimum, ma candeur me fait marrer :

Chip-Fu est donc resté une sorte de légende, de créature mythologique dont j’étais fan alors que je n’avais écouté qu’un titre. Au début des années 2000, grâce à feu Audiogalaxy, j’étais tombé sur quelques featurings (notamment avec A Tribe Called Quest) mais rien de plus.
Dernièrement, ça m’a repris et j’ai cherché son MySpace. Si ses compère Moc-Fu et Poc-Fu ont raccroché le micro, l’animal est plus actif de jamais et travaille à son come back (il était de passage à Paris en début d’année d’ailleurs), en explorant plus loin sa vibe reggae. Et c’est bougrement efficace, “Love Mi Sensi” tourne en boucle chez moi depuis des mois :

Dans un style assez proche, Chip-Fu pousse aussi la chansonnette, autre titre en boucle depuis des semaines, “Hip Hop General” :

The Stop Playing Mix Tape Series (Vol.1)

The Stop Playing Mix Tape Series (Vol.1)

Sa dernière actu, c’est la mise à disposition en téléchargement gratuit d’une mix-tape intronisant officiellement son alias pour le milieu dancehall, Jungle Rock. The Stop Playing Mix Tape Series (Volume 1), 74 minutes de morceaux inédits, freestyles sur face B et quelques anciens titres. Comme d’habitude sur ce genre de projet, il y a à boire et à manger mais il y a aussi un lot de morceaux pas dégueulasses à coté desquels il serait dommage de passer.

Un autre titre reggae, toujours aussi bien foutu, “Ready Fe War” (feat. Pete Rock & Renee from Zhané) tiré de l’album du producteur “NY’s Finest” :

Long Distance Girlfriend (Remix)” où il remplace Junior Reid aux cotés du replet Heavy D qu’on avait un peu perdu de vue à l’instar du Fu-Schnicken :

Une démonstration de toute la technique mélodique et flowistique (le machin qui fait qu’on sait rapper là) de Jungle Rock avec “Just Spit” :

Et une dernière pour la route, petite balade reggae “Marcia” :

De quoi patienter en attendant le premier album de Roderick “Chip-Fu” Roachford, prévu pour “on sait pas quand” puisqu’il devait sortir l’an dernier sur son propre label Blaq Ink Entertainment et qu’on n’a toujours rien vu venir. Etaient annoncés à la production Oh No, Ali Shaheed Muhammad, Da Beatminerz, The Are et Black Milk… Wait and see !

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